Juan Martin Del Potro
Juan Martin Del Potro | JUSTIN TALLIS / AFP

Tsonga déroule, Del Potro déboule

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Jo Wilfried Tsonga a poursuivi son parcours à Wimbledon en écartant l'Argentin Juan Monaco (6-1, 6-4, 6-3). Mais un autre Argentin a brillé : Juan Martin del Potro a fait chuter le Suisse Stan Wawrinka, n°5 mondial, au deuxième tour de Wimbledon, en s'imposant en quatre sets (3-6, 6-3, 7-6 (7/2), 6-3). Au tour suivant, l'Argentin affrontera le Français Lucas Pouille facile vainqueur de l'Américain Donald Young (6-4, 6-3, 6-3). Nick Kyrgios a quant à lui réussi à éteindre l'incendie Dustin Brown (6-7, 6-1, 2-6, 6-4, 6-4).

C'est un retour à la force du poignet. Actuel 165e mondial, le lauréat de l'US Open 2009, demi-finaliste à Londres il y a trois ans, signe une performance digne de son meilleur niveau après deux saisons quasiment blanches marquées par trois opérations des poignets justement. S'il n'a pas encore complètement récupéré son niveau de jeu, l'Argentin a su profiter des largesses de Wawrinka sur le Centre Court pour créer la sensation.

Le n°5 mondial, pas toujours à l'aise sur un gazon qui le prive de précieux centièmes de secondes pour armer ses grandes frappes, a commis trop d'erreurs pour renverser une situation qui a commencé à lui échappé dès le début du second set. Après une première manche pourtant convaincante expédiée en 28 minutes, le Suisse a fini par plier sous les assauts de la "La Tour de Tandil". Pierre après pierre, celle-ci continue de se reconstruire... 

Une impasse qui ouvre la route

De retour en février après une troisième opération, il avait joué cinq tournois (Delray Beach, Indian Wells, Miami, Munich, Madrid), sans obtenir de résultat à la mesure de sa réputation. Il était encore trop tôt pour jouer sur la terre battue de Roland-Garros. L'Argentin avait donc préféré faire l'impasse à Paris pour se préserver pour la tournée sur herbe. Sa préparation avait été contrastée, avec une demi-finale à Stuttgart puis une élimination d'entrée au Queen's. Mais Del Potro s'est accroché. Pour son premier match en Grand Chelem depuis janvier 2014, il avait livré une prestation solide contre le Français Stéphane Robert (79e), en trois sets (6-1, 7-5, 6-0). Vendredi, sur le "Centre court" recouvert de son toit pour cause de pluie, il était fier d'avoir battu "l'un des meilleurs joueurs du moment".

Le TGV Tsonga

Alors qu'il ne disputait que son 2e match en un mois, Jo-Wilfried Tsonga, rattrapé par un problème d'adducteur fin mai à Roland-Garros où il avait abandonné au troisième tour, a vite retrouvé le rythme. Face à un pur "terrien", le Manceau a récité son tennis d'attaque pour livrer une copie aboutie (32 coups gagnants, 8 aces et un seul break concédé en moins d'une heure et demi). Son compatriote Lucas Pouille a fait aussi vite (1h27) pour se débarrasser de l'ex-futur grand espoir du tennis mondial, Donald Young. Le Français, solide, a su faire parler une puissance supérieure du fond de court pour renvoyer l'Américain dans les bâches et se qualifier pour la première fois de sa carrière pour le 3e tour d'un Grand Chelem. Au troisième tour, son affrontement avec Del Potro devrait se montrer riche en enseignements des deux côtés du filet. 

Pour voir du vrai spectacle il fallait être sur le court n°2. On se doutait que l'opposition entre la tête brûlée Nick Kyrgios et le bombardier Dustin Brown allait faire des étincelles, on n'a pas été déçu. L'Australien, tête de série numéro 15, a eu toutes les peines du monde pour se défaire de l'Allemand qui a été à la hauteur de sa réputation en frappant de toutes ses forces chaque balle qui passait à portée de raquette. Au final, ce dernier frappait 78 coups gagnants contre 55 à Kyrgios ! Une statistique ahurissante, et relevée par le peu de déchet de la part des deux joueurs (respectivement 30 et 16 fautes directes). Plus fiable dans les moments clés, Kyrgios parvenait tout de même à dompter la foudre mais c'est bien tous les spectateurs qui se retiraient électrisés après un tel spectacle. 

Julien Lamotte