Andy Murray à gauche, Roger Federer à droite, le duel est lancé
Andy Murray à gauche, Roger Federer à droite, le duel est lancé | GLYN KIRK LEON NEAL / AFP

Rendez-vous avec l'Histoire pour Federer ou... Murray

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Une Finale à enjeu(x) placée sous le sceau de l'Histoire. D'un côté, Roger Federer (n°3) visera un 7e titre à Wimbledon, un 17e majeur et la place de N.1 mondial avec le record de Sampras à la clé. De l'autre, Andy Murray (n°4) visera une première victoire dans un majeur et surtout la première d'un Britannique sur le gazon londonien depuis le légendraire Fred Perry en 1936. Un moment de sport déjà inscrit au panthéon du tennis.

Un septième titre sur le gazon du All England Club - et un dix-septième majeur par ricochet, une place de numéro 1, le record de Sampras en tête du classement ATP....

Le Monsieur record du tennis mondial a l'occasion d'écrire une page de plus dans son palmarès et son mythe. A 30 ans, le Suisse ne joue plus que pour ces moments-là. Dimanche, il a trop d'enjeux devant lui pour passer à côté: un septième titre sur le gazon du All England Club - et un dix-septième majeur par ricochet -, ce qui lui permettrait de rejoindre au palmarès Williams Renshaw et surtout Pete Sampras. Mieux, le retraité américain peut également craindre pour un autre de ses records: celui du nombre de semaines passées en tête au classement ATP, 286. Car en l'emportant dimanche, Roger Federer serait de retour au sommet de la hiérarchie, égalerait cette marque et serait assuré de l'accaparer seul le 16 juillet. Federer sait exactement ce qu'il va jouer samedi. De jeu, il en sera aussi question. Le Suisse a retrouvé sa vista sur le lent gazon de Londres. Ses coups droits sont de nouveau tranchants, son service varié est difficile à lire et le physique est en parfait état de marche. Surtout, libéré de Djokovic et Nadal, ses bêtes noires ces dernières saisons en Grand Chelem, Federer est mentalement prêt à l'exploit. 

Murray est prêt

Murray aussi. Après trois demi-finales de rang, l'Ecossais a fait sauter un verrou psychologique en se hissant en finale. Une montagne même. Pour sa quatrième tentative en finale de Grand Chelem, il trouvera un précieux conseil auprès de Lendl qui a longtemps traîné une réputation de "looser" en Grand Chelem ( 4 finales perdues avant le premier titre en 1984, 2 finales perdues à Wimbledon). Murray a réalisé un tournoi solide. Il a passé près de 17 heures sur le gazon, avalant les obstacles délicats - David Ferrer et Jo-Wilfried Tsonga - avec courage et surtout détermination. Parfois encore passif, l’Écossais parvient à se faire violence pour faire le jeu et montre des superbe attitudes au retour et au service. Premier finaliste Britannique depuis 1938, il a la possibilité de rejoindre le légendaire Fred Perry, sacré en 1936 face à Gottfried Von Cramm.

En plus, l'Ecossais présente un bilan favorable face au sextuple vainqueur. Il mène la série huit victoires à sept. Particularité: leurs quinze confrontations ont eu lieu sur surface dure. Le Murray Hill, bondé et chaud bouillant, situé en face du Central, sera un soutien indéfectible. Deux ans et demi après leur deuxième finale de Grand Chelem à l'Open d'Australie 2010, les deux joueurs se retrouvent avec des rêves plein la tête. Effondré par sa défaite à Melbourne en trois sets (6-3 6-4 7-6), l’Écossais n'avait pu réprimer des larmes. "Je peux pleurer comme Roger (ndlr, en référence au chagrin du Suisse l'année précédente), c'est juste dommage que je ne puisse pas jouer comme lui", avait-il lâché, très marqué. Quelques minutes plus tard, son bourreau l'avait consolé: "Tu es un trop bon joueur pour ne pas gagner un Grand Chelem. Ne t'inquiète pas", lui avait-il dit. Evidemment, Federer espère que sa prédiction ne se réalisera pas ce dimanche. 

Mathieu Baratas