Agnieszka Radwanska
Agnieszka Radwanska | MIGUEL MEDINA / AFP

Radwanska écrit l'histoire, Serena poursuit la sienne

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Agnieszka Radwanska est devenue ce jeudi la première Polonaise finaliste d'un tournoi du Grand Chelem depuis l'ère Open. La tête de série numéro 3 s'est qualifiée en disposant de l'Allemande Angélique Kerber (N.8) en deux sets, 6-3, 6-4, en 1h09. Elle affrontera samedi une habituée des finales, l'Américaine Serena Williams (N.6) qui a dominé la Bielorusse Victoria Azarenka (N.2) en deux sets 6-3, 7-6.

Depuis 1937, aucune Polonaise n'était parvenue en finale du plus prestigieux tournoi du monde ! A l'époque, sa compatriote Jadwiga Jedrzejowska avait atteint par trois fois la finale d'un des tournois majeurs, en 1937 à Wimbledon et à l'US Open et en 1939 à Roland-Garros. Agnieska Radwanska a donc réalisé un bel exploit même si elle a simplement fait respecter la logique contre une Angélique Kerber dominée dans l'échange par la variété du jeu de son adversaire.. 

Kerber impuissante

Elle s'est imposée à Kerber grâce à sa plus grande finesse technique et à la variété de son jeu de fond de court, malgré un certain manque de puissance. "J'ai très bien joué. Nous étions toutes les deux un peu nerveuses. Après un ou deux jeux j'ai réussi à me relaxer et à me concentrer sur chaque point. J'en rêve depuis que j'étais une enfant. Ce sont les deux meilleures semaines de ma carrière", a-t-elle réagi en sortant du Central. Radwanska pourrait devenir N.1 mondiale si elle remportait le titre contre Arazenka. Elle serait deuxième si elle perdait la finale quelle que soit l'adversaire.

"Rien à perdre" en finale

A 23 ans et après une série de victoires plus ou moins mineures (à Dubai, Miami et Bruxelles cette  année), la joueuse slave s'affirme comme une prétendante au trône à plus ou moins long terme. Elle ne partira toutefois pas favorite de la finale, l'expérience de sa future rivale dépassant la sienne. "J'avais joué un quart de finale difficile (contre la Russe Maria Kirilenko) mardi et c'était dur de revenir sur le court  après seulement un jour de repos. Je n'aurai rien à perdre en finale" a-t-elle conclu, déterminée. Et de la détermination, il lui en faudra pour venir à bout de l'expérimentée Serena Williams, déjà quatre fois victorieuse du tournoi londonien.

L'atout service de Williams

L'Américaine a de nouveau réussi une performance exceptionnelle au service avec 24 aces, nouveau record à Wimbledon. Elle a nettement dominé jusqu'au milieu de la seconde manche, où elle a fait rapidement le break. Azarenka, excellente serveuse aussi (seulement 1 ace mais 21 services gagnants) a réagi pour égaliser à 3-3. On se demandait alors si Serena Williams, qui a entrepris un retour fracassant sur le circuit l'an dernier après une période physiquement délicate, n'allait pas connaître une baisse de régime surtout si Azarenka s'appliquait à vouloir mettre du rythme. Mais Serena avait encore des ressources même si, à 30 ans, elle avouait elle-même avoir tout fait pour conclure cette deuxième manche, sans être contrainte de disputer un 3e set. Et finalement, c'est la Biélorusse qui a craqué la première dans le jeu décisif.  

Même si Williams est sixième mondiale et Radwanska troisième, c'est l'Américaine qui sera archi-favorite de la finale, car la Polonaise en sera à sa première expérience à ce niveau de la compétition.  Il s'agira de la septième finale de la cadette des Williams à Wimbledon, où elle s'est imposée à quatre reprises (2002, 2003, 2009, 2010). Elle jouera en outre sa 18e finale d'un Grand Chelem alors qu'elle compte 13 titres sur ce circuit majeur.

Malgré tout, Azarenka va se battre. Car pour elle outre un succès marquant il y aura un autre enjeu samedi: tout simplement la place d N.1 mondiale si elle s'impose.