Wimbledon Nadal face à Murray
Rafael Nadal | AFP - Glyn Kirk

Nadal en finale

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Même s'il a perdu sa place de numéro un mondial au profit de Novak Djokovic, Rafael Nadal ne s'est pas démobilisé et a donné une véritable leçon à Andy Murray (5-7, 6-2, 6-2, 6-4) pour retrouver le Serbe en finale de Wimbledon. L'Espagnol cherchera à rappeler qu'il est le toujours le patron.

Rafael Nadal est bon perdant. Il aurait pu l’avoir mauvaise d’avoir perdu sa place de numéro 1 mondial, l’Espagnol. Mais non, il a fait comme si de rien n’était, comme si Djokovic n’avait pas battu Tsonga et ravi son sceptre. Le public, à fond derrière son protégé, n’a pas fait non plus vaciller le Majorquin. Finalement, seul Andy Murray a semblé un temps en mesure d’ébranler la confiance de Nadal. Un temps seulement…

Pendant la première manche, Murray parvient à profiter du manque d’agressivité (c’est rare) de Nadal en l’endormant par ses constants changements de rythme. Son revers choppé annihile la puissance de feu espagnole et ses brusques accélérations font la différence. Un revers dans le filet du numéro 2 mondial, puisque c’est désormais ainsi qu’il faudra appeler Nadal pour un moment, offre le premier set à l’Ecossais (7-5).

Murray : coup droit... dans le mur

La foule du Centre Court se prend à rêver d’enfin voir un Britannique en finale à Wimbledon mais Rafael Nadal va vite les réveiller. Sortant lui-même de sa torpeur, le double tenant du titre appuie soudainement beaucoup plus ses coups et prend l’initiative dans l’échange. La conséquence est immédiate pour le malheureux Murray, dépassé par le sursaut de la bête. S’entêtant à tourner autour de son revers, la tête de série numéro 4 du tournoi commet beaucoup trop de fautes en coup droit pour espérer rivaliser.

A un set partout, Nadal ne décélère pas. Au contraire. L’Espagnol court comme un lapin sur le pré anglais, renvoie tout et agresse constamment son adversaire. En dépit du soutien des spectateurs et de quelques coups de pattes dont il a le secret, Andy Murray ne peut pas suivre le rythme. Mais qui peut le suivre ? Faisant le break d’entrée lors des deux derniers sets, Nadal vole vers sa cinquième finale à Wimbledon, et sa 20e victoire de rang sur le gazon du All England Club. Un dernier coup droit monstrueux et c’est fait, Rafael Nadal s’offre le droit d’affronter dans un combat au sommet celui qui vient de lui dérober sa première place mondiale. Et venger ce crime de lèse-majesté.

Déclarations :

Andy Murray : Parfois, on sort d'un match en se disant qu'on n'a pas assez pris sa chance, aujourd'hui, c'est un peu le contraire. L'année dernière, on avait dit que j'avais été trop défensif, là j'ai essayé d'aller de l'avant, mais j'ai fait trop de fautes. J'ai fait un bon tournoi, aujourd'hui, ça aurait pu être mieux. +Rafa+ a eu un peu de mal au début, mais il a ensuite trouvé son rythme en coup droit et a commencé à prendre le match à son compte. C'est un des meilleurs joueurs de tous les temps et un grand athlète. Ma hanche était un peu douloureuse en début de match, mais ça ne m'a pas gêné pendant les échanges. Ce n'est rien de sérieux. C'est décevant de perdre. Mais à chaque fois, je donne tout ce que j'ai et c'est tout ce que je peux faire. Généralement, je mets quatre ou cinq jours à m'en remettre. J'ai pleuré dans le passé, mais pas aujourd'hui. Je vais continuer à travailler plus dur que jamais pour essayer de devenir plus fort. Le tennis au plus haut niveau se joue à un niveau exceptionnel aujourd'hui."
Rafael Nadal :  "(perdre la place de N.1) C'est quelque chose qui n'a pas  beaucoup d'importance. Pour moi ce n'est pas un grand objectif. L'objectif,  c'est plutôt d'être compétitif, en forme et à mon meilleur niveau dans les  grands rendez-vous. Djokovic a joué de façon incroyable depuis le début de la  saison. Il est le nouveau N.1 et je le félicite. Andy a joué à un haut niveau,  surtout au premier set. A ce moment-là, il jouait mieux que moi. J'ai  simplement attendu que mon moment vienne. Après ça, j'ai joué probablement mon  meilleur match de l'année ici. Je n'aurais jamais cru que je jouerais cinq  finales à Wimbledon. Andy mérite de gagner un Grand Chelem. Il est dans la  bonne direction. Contre Novak, la clé sera de jouer mon tennis et d'espérer  qu'il ne sera pas dans son meilleur jour. Mon pied est dans le même état que  les jours précédents. Ca ne m'inquiète pas. Avec le traitement que je prends,  je ne sens rien."

Julien Lamotte