Andy Murray, Wimbledon
Le N.2 mondial Andy Murray | ADRIAN DENNIS

Murray décroche enfin son Graal

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Le Britannique Andy Murray a succédé à son compatriote Fred Perry au palmarès de Wimbledon. Défait en finale l'année passée, le N. 2 mondial a supplanté le leader du classement ATP Novak Djokovic en trois sets et 2h55 de jeu (6-4, 7-5, 6-4). L'Ecossais de 26 ans décroche son deuxième titre du Grand Chelem et brise enfin la malédiction qui semblait lui coller à la peau sur le Central Court.

Sa victoire sur le gazon londonien lors des Jeux Olympiques de Londres l’été dernier n’était donc pas un exploit sans lendemain. Opposé au numéro 1 mondial Novak Djokovic, son dauphin Andy Murray a été solide pour l’emporter en trois sets secs (6-4, 7-5, 6-4) qui ne reflètent pas la physionomie d’un match décousu. Gazon maudit jusque-là pour l’Ecossais, l’herbe de Wimbledon le fait entrer dans une nouvelle dimension. Dans l’attente du successeur de Fred Perry depuis 1936, le peuple britannique a laissé exploser sa joie sur la balle de match.

Devant un public déjà conquis, Murray a d'ailleurs fait preuve d'une petite touche d'humour, so British lors de son discours d'après-match. "C'est un petit peu différent de l'année dernière", a-t-il déclaré en référence à sa finale perdue contre Federer, provoquant l'hilarité générale. "L'an passé était l'un des moments les plus difficiles de ma carrière", a-t-il néanmoins rappelé. "Je ne sais pas comment j'ai pu faire, avec ces trois balles de match. J'ai joué tellement souvent Novak, c'est l'un des plus grands combattants sur le circuit", a estimé le N.2 mondial. Avec ce succès, le protégé d’Ivan Lendl décroche son deuxième tournoi du Grand Chelem après sa victoire à l’US Open en août dernier. Pour sa 11e finale de Majeur, le Serbe aura été trop irrégulier pour mettre en danger le local de l’épreuve. 

Djokovic bousculé d'emblée

Dès le début de match, "Nole" doit écarter trois balles de break, laissant deviner un match difficile. Pourtant, lorsqu’il cède sa mise en jeu à 1-1, le vainqueur du dernier Open d’Australie face à… Murray débreake immédiatement. Un chassé-croisé symbolique d’une finale aux nombreux rebondissements. A 3-3, Murray prend de nouveau le service de son adversaire puis écarte trois balles de débreak pour conclure. Loué pour son mental à toute épreuve, Djokovic fait honneur à sa réputation. Dès l’entame de 2e manche, le Djoker prend le tombeur de Janowicz en demi-finale à la gorge pour mener 4-1. Cette ultime rencontre londonienne semble prendre la forme d’un marathon comme celui gagné par le Serbe en demie. Mais sur une double-faute, ce dernier gâche son travail en laissant Murray recoller à 4-3 puis 4-4, malgré un jeu disputé. Le joueur aux six Majeurs en carrière a pris un coup derrière la tête. Sa colère à 5-5 15-15 sur une balle qu’il pense sortie à tort en est la preuve. Dans la foulée, deux fautes en coup droit donnent l’avantage à son dauphin au classement ATP. Serein, ce dernier empoche la 2e manche sur jeu blanc.

Même motif, même punition dans le dernier set. Auteur de 31 fautes directes contre 11 à son adversaire Djoko fait mentir les stats et se détache 4-2. Le début de la fin pour celui qui restait sur 3 victoires consécutives face à Murray. Le Britannique sort de sa torpeur et saute sur toutes les balles, conscient que sa chance est en train de passer. Il revient à 4-4 puis breake Djokovic pour s’offrir l’opportunité de conclure sur son service. Le dernier jeu est homérique. Bourreau d’Andy Murray en finale des Open d’Australie 2011 et 2013, le N. 1 mondial manque le coche sur un smash qu’il ne frappe pas assez après avoir sauvé trois balles de match. Finalement, au terme de quatre égalités et sur sa quatrième occasion de conclure, Murray peut lever les bras au ciel. "Je ne sais toujours pas comment j'ai réussi", a-t-il confié, ayant visiblement du mal à réaliser sa performance. "Je sais combien tout le monde voulait voir un vainqueur britannique, j'espère que vous en avez bien profité !", a lâché l'Ecossais, qui a tenu à remercier notamment son coach Ivan Lendl, qui n'avait pas eu le plaisir de gagner à Wimbledon.

Sur les traces de Fred Perry

Ovationné par le public du Central Court, l’Ecossais si discret d’accoutumée ne boude pas son plaisir. Finaliste de trois des quatre derniers tournois du Grand Chelem, le Britannique devrait encore croiser la route du Serbe (9 fois finaliste des 12 derniers GC) en finale de Majeur. "Je me suis battu, et ce n'était pas assez visiblement pour l'emporter", a déclaré Novak Djokovic devant le public londonien. Fairplay, le N.1 mondial a tenu à féliciter son bourreau du jour. "Il mérite plus que jamais ce titre, et félicitations à toute son équipe, et à vous tous. Je sais ce que cela représente pour tout un pays de le voir gagner. Il a tout donné et c'était un plaisir de jouer face à lui", a conclu "Nole". Libéré par sa victoire aux Jeux de Londres, Andy Murray a mis fin  à 77 ans de disette à Wimbledon. S’il veut définitivement marquer le tennis britannique de son empreinte, ne lui reste plus qu’à conquérir la place de N.1 mondial. Le dernier anglo-saxon à l’avoir gardé en fin de saison n’est autre que Fred Perry, en… 1937.

Jerome Carrere