Gilles Simon
Gilles Simon | GLYN KIRK / AFP

Les Français à l'envers

Publié le , modifié le

Seulement deux Français ont franchi le 3e tour ce jeudi : Jo-Wilfried Tsonga, vainqueur de Garcia-Lopez, et Benoît Paire, tombeur d'Alexandre Dolgopolov, tête de série N.22. Malgré son statut de tête de série n. 13 du tournoi, Gilles Simon est tombé en trois sets secs face au Belge Xavier Malisse. Florent Serra, Nicolas Mahut et Kenny de Schepper ont également disparu. Andy Murray a franchi la montagne Karlovic.

LE TABLEAU MASCULIN DE WIMBLEDON

Jo Wilfried Tsonga a parfaitement tenu son rang de chef de file du tennis français. Alors que la tempête soufflait, emportant avec elle quatre joueurs tricolores, le capitaine était là pour montrer l'exemple. Opposée à l'un des rares espagnols adepte d'un jeu porté vers le filet, Guillermo Garcia-Lopez, la tête de série n°5 a mis un set, perdu au tie-break, pour véritablement lancer la machine à toute vapeur (6-7 (3/7), 6-4, 6-1, 6-3). impérial au service, seulement deux balles de break à écarter, le Manceau a surtout fait preuve d'une régularité exemplaire (9 fautes directes pour 40 points gagnants) qui en dit long sur son état de forme. Le Slovaque Lukas Lacko, son adversaire au prochain tour, est prévenu. Hélas pour la délégation tricolore, la balance penchait nettement vers le côté de la défaite en ce jeudi noir. Cela avait déjà bien mal commencé avec la défaite de Gilles Simon.

Simon, qui n'avait jamais été battu par Malisse, avait atteint au moins le  troisième tour à Wimbledon ces quatre dernières années, son meilleur résultat  étant un huitième de finale en 2008. Revenu à la 13e place mondiale, grâce à un très bon début de saison, après  plusieurs mois où il avait été handicapé par des soucis au dos, le Niçois  échoue une nouvelle fois prématurément en Grand Chelem, même si le gazon n'est  pas sa surface préférée. Son bilan 2012 en la matière est médiocre, puisqu'il avait été sorti au  deuxième tour en Australie, par Julien Benneteau, et au troisième tour à  Roland-Garros, par le Suisse Stanislas Wavrinka.

Mahut le maudit

Nicolas Mahut a malheureusement confirmé la tendance du jour en tombant sous les coups de boutoir du Colombien Alejandro Falla, qui n'avait pourtant jamais franchi le second tour à Londres. Mené deux sets à rien, l'Angevin était pourtant revenu à égalité avant d'abdiquer dans le cinquième set après plus de 3h de jeu 6-4, 6-3, 4-6, 4-6, 7-5. Il consolide sa réputation de malchanceux sur le gazon londonien puisqu'il n'avait plus franchi le 1er tour depuis 2008, perdant notamment un match de légende face à John Isner (11h05 de jeu). Kenny de Schepper, sorti des qualifications, n'a pu faire mieux que le reste de la colonie tricolore. Battu en trois sets par la tête de série n.7 David Ferrer 7-6 (7/1), 6-2, 6-4, le Girondin âgé de 25 ans repart tout de même de Wimbledon avec sa première victoire sur le grand circuit en poche. Espérons que Gasquet, Benneteau, Tsonga et Paire ne les imitent pas à l'occasion de leur 2e tour respectifs.

Dans ce ciel sombre, le rayon de soleil est venu de Benoît Paire. Ce dernier obtenu la plus belle victoire de sa carrière face à l'Ukrainien Alexandre Dolgopolov, tête de série N.22, en trois sets 7-6 (7/2), 6-4, 6-4. Elle consacre les progrès du fantasque Avignonnais qui, à 23 ans, occupe le meilleur classement de sa carrière (55e). Demi-finaliste la semaine passée à Bois-le-Duc, il aura un beau coup à jouer au prochain tour face au revenant américain Brian Baker.

Murray avare en fautes directes

Côté cadors, Andy Murray a franchi, non sans mal, l'obstacle Karlovic. Avec 17 aces et 83% de points gagnés derrière son premier service, le Croate a fait honneur à sa réputation. Le Britannique a commencé de la plus mauvaise façon en perdant d'entrée son service, ce qui se traduit le plus souvent par la perte du set face à un serveur du calibre du géant de Zagreb (2,06 m). Mais Murray est parvenu à annuler le break immédiatement et Karlovic n'a plus eu une seule occasion de breaker jusqu'à la fin de la rencontre. Murray, impeccable au retour et en passings, s'est montré extrêmement avare en fautes directes (8) et l'emportait finalement en quatre manches (7-5, 6-7, 6-2, 7-6). "J'ai bien retourné, je n'ai pas encaissé trop d'aces. L'important est de remettre le plus de balles possibles en espérant qu'il fera des fautes. Je voyais bien la balle sur les retours, j'ai bien tapé en coup droit, j'ai fait quelques bons passings aux bons moments et c'est comme ça que je m'en suis sorti", a-t-il dit. La tête de série n°4 affrontera au prochain tour le Bulgare Grigor Dimitrov ou le Chypriote Marcos Baghdatis.

Déclarations :

Gilles Simon : "Malisse joue un très bon tennis. Il a gagné plusieurs matches sur gazon avant ce tournoi. Je savais que je devais jouer mon meilleur tennis pour le battre. Malheureusement, je ne jouais pas mal, mais parfois j'ai un peu tremblé dans les moments décisifs. Il a juste mieux joué que moi. Il a joué le bon coup au bon moment. Je sens que je peux faire mieux. J'ai du mal à me relâcher. Ca a toujours été mon problème. Je continue à progresser à l'entraînement et à poser des problèmes aux tout meilleurs, mais j'ai un petit blocage à faire sauter."

Jo-Wilfried Tsonga : "J'ai eu une attitude de m... Dès le début du match, je ne me suis pas senti bien. J'étais mou. Je ne suis pas arrivé à rentrer dans le match. Je suis retombé dans mes travers: j'ai parlé, je me suis agacé, j'ai fait n'importe quoi. Je ne suis pas fier de ça. Je suis allé m'excuser pour ça auprès de Guillermo et de l'arbitre. Perdre le premier set m'a fait du bien. Je me suis dit: +On passe à autre chose+. A cause de mon doigt, j'ai dû pas mal m'investir pour m'adapter le plus vite possible (à la surface). J'ai un peu subi le contrecoup aujourd'hui. Avant mon premier tour, j'étais resté plusieurs jours sans taper dans la balle. Je suis content d'avoir gagné, mais au niveau des sensations ce n'était pas aussi bien qu'au premier match. Mais je suis dans mon tournoi. Le prochain tour est jouable, le huitième aussi et en quart, c'est Rafa (Nadal). Sur cette surface, si je sors un grand match, je peux peut-être aller le chercher. Je suis plutôt optimiste."

Jerome Carrere