Bartoli Marion trophée Wimbledon 06072013
Marion Bartoli pose fièrement avec le trophée de Wimbledon | AFP

Les cinq raisons du sacre de Bartoli à Wimbledon

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Victorieuse de son premier tournoi du Grand Chelem à Wimbledon, Marion Bartoli a réalisé un rêve. Tête de série N.15 du tournoi, elle a bénéficié d'un concours de circonstance avec les défaites des favorites, mais pas seulement. Avec une nouvelle organisation autour d'elle, son expérience, et un tournoi rondement mené où elle a su saisir sa chance, il y a une forme de logique à la voir soulever ce trophée, à Londres, en devenant la 3e Française à le faire dans l'Histoire après Suzanne Lenglen et Amélie Mauresmo.

• Le gazon, sa meilleure surface

Pour la deuxième fois de sa carrière, Marion Bartoli a atteint la finale de Wimbledon. Tout sauf un hasard. C'est en fait sans nul doute sa meilleure surface, celle où ses qualités s'expriment le mieux. "Elle a un excellent coup d'oeil, ce qui lui permet de percevoir la trajectoire des balles de façon très précoce", explique Patrice Dominguez, consultant France Télévisions. Avec des balles qui rebondissent bas et qui accélèrent, c'est l'une des clés du jeu sur gazon. Avec son jeu fait de prises de balles précoces et d'agressions permanentes, lorsqu'elle est physiquement en force, la Française est un véritable poison sur gazon, ne laissant pas le moindre répit à ses adversaires. Et avec ses deux coups à deux mains, elle n'a pas vingt solutions dans son jeu pour s'imposer, ce qui lui permet de ne pas mettre en doute sa tactique.

• Des changements enfin bénéfiques

Depuis le début de l'année, Marion Bartoli se cherchait. En entamant de grandes discussions, notamment avec Amélie Mauresmo, pour revenir en équipe de France de Fed Cup, elle a découvert une autre approche du tennis, une autre sensibilité. Et elle a voulu s'émanciper de son père, Walter. Ce dernier, qui a abandonné son métier de médecin pour s'occuper d'elle depuis ses débuts, a été mis de côté, avant de revenir, puis de repartir avant Wimbledon. Avec lui, elle était dans une bulle. Des méthodes spécifiques d'entraînement, un discours particulier, Walter Bartoli a façonné sa fille durant ses années, lui permettant de devenir 7e mondial au début de l'année 2012. Mais à 28 ans, Marion avait besoin d'autre chose. Avec l'appui de la capitaine de Fed Cup et celle de son nouveau sparring-partner, Thomas Drouet, elle avoue avoir découvert une certaine décontraction à l'approche des matches, qui lui permet de ne plus gâcher trop d'énergie inutilement. Plus ouverte, plus décontractée, Marion Bartoli change, son jeu aussi, et les prochains mois pourraient marquer l'apogée de sa carrière.

• L'expérience comme atout

Cela n'a l'air de rien, mais avoir déjà vécu une finale à Wimbledon, cela compte. Car la gestion d'avant-match est aussi une clé pour s'imposer durant la rencontre. Et avec en plus une demi-finale  (Roland-Garros 2011) et trois quarts de finale (Australie 2009, Wimbledon 2011 et US Open 2012), la Française avait un avantage sur Sabine Liscki, quart de finaliste ici-même à deux reprises (2009, 2012) et demi-finaliste toujours à Londres (2011). Et avoir Amélie Mauresmo dans son coin lui apporte également une sérénité à l'approche d'un tel événement. Seule N.1 mondiale française de l'ère Open, victorieuse à Wimbledon et en Australie en Grand Chelem, l'ancienne chef de file du tennis français lui apporte toute son expérience, elle qui se place dans la filiation directe de Yannick Noah et Guy Forget, ses anciens capitaines de Fed Cup devenus amis proches, dont la gestion humaine des événements a toujours été soulignée.

• Une quinzaine idéale

Pour parvenir jusqu'en finale, Marion Bartoli a réalisé une quinzaine exceptionnelle, montant en puissance à chaque tour, accumulant de la confiance, retrouvant des automatismes et effaçant les doutes qui l'avaient accompagnés depuis le début de la saison. En 2013, elle n'avait atteint les quarts de finale qu'à trois reprises (Shenzen, Paris-Coubertin, Dubaï). A Londres, elle a eu la réussite la chance de ne croiser aucune fille mieux classée qu'elle. Même en finale. Sans avoir concédé la moindre manche, elle a conservé toute son énergie pour être en pleine possession de ses moyens en finale, alors que l'Allemande avait dû s'employer énormément contre Radwanska en demi-finale (2h20) ou Williams en 8e (2h04). 

• Une hécatombe parmi les favorites

Si Marion Bartoli a pu atteindre la finale de Wimbledon pour la deuxième fois de sa carrière (après 2007), elle le doit notamment à la chute de toutes les meilleures joueuses du monde. Maria Sharapova, Victoria Azarenka (forfait) sont tombées et Sabine Lisicki s'est chargée de mettre au tapis successivement Samantha Stosur, Serena Williams et Agnieszka Radwanska. Une telle hécatombe est très rare. A l'issue de la première semaine, dix des vingt meilleures joueuses du tableau étaient déjà éliminées. Devant cette désertification du tableau, Marion Bartoli a su qu'elle avait une chance unique d'apposer son nom au palmarès du plus prestigieux tournoi du Grand Chelem. Elle ne s'est pas trompée.