Jo-Wilfried Tsonga
Joe-Wilfried Tsonga | AFP - Ben Stansall

Le jour J de Jo ?

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Annoncés comme les deux plus sérieux prétendants pour être l'élu du bas d'un bas de tableau déserté prématurément par Rafael Nadal, Andy Murray, 4e mondial, et Jo-Wilfried Tsonga, 6e mondial, seront au rendez-vous vendredi d'une demi-finale de Wimbledon qui offrira donc un finaliste inédit. Le Français entrera sur le court avec une étiquette d'outsider qui peut tout à fait lui convenir. Même si la pression sera là.

Le Français et le Britannique sont les seuls parmi les cinq premières têtes de série du tournoi londonien à ne pas avoir remporté de titre du Grand Chelem. Pour eux, éviter en demi-finale l'un des trois monstres, Novak Djokovic, Rafael Nadal et Roger Federer est donc une bénédiction. Tsonga, N.6 mondial mais tête de série N.5 à Wimbledon, a pris la place normalement réservée à Nadal. C'est la deuxième fois en un an, et la quatrième fois de sa carrière, que le N.1 français s'invite dans le dernier carré d'un tournoi du Grand Chelem. Il est le seul avec l'Espagnol David Ferrer à venir troubler la hiérarchie.  La précédente apparition de Tsonga en demi-finale d'un "Majeur" date de l'an dernier à Wimbledon. Il avait réussi un exploit sensationnel en quart en remontant deux sets de retard devant Federer, avant de s'incliner face à Djokovic. Wilmbledon déjà, c'est peut-être un bon signe.

Un Murray à franchir 

L'enjeu est énorme pour les deux hommes et rend le duel électrique. Présent pour la quatrième fois consécutive dans le dernier carré, l'Ecossais part logiquement favori. Un échec lui serait difficilement pardonné car cette quatrième tentative fait fantasmer tout un pays qui attend un finaliste 74 ans. Sorti vainqueur d'un combat de près de quatre heures mercredi face à David Ferrer, Andy Murray a habilement repoussé la pression.Je ne sais pas si c'est ma meilleure chance, a dit Andy Murray. Quand j'avais joué Andy Roddick en 2009, c'était une bonne opportunité aussi, j'étais devant au classement et j'avais un bon bilan face à lui. Mais il avait joué de manière incroyable. En finale aussi."

Soulagé d'avoir fait aussi bien que l'an dernier, Jo-Wilfried Tsonga promet d'aborder ce défi l'esprit léger. D'autant qu'après son entorse à l'auriculaire droit contractée au Queen's, il s'était vu un instant devoir tirer un trait sur les "Championships"."Regardez mon doigt, il ne ressemble à rien, s'est-il marré en conférence de presse. Quand j'ai joué à la maison le jeudi 21 juin, je ne pouvais pas faire un revers, mais pas du tout. Les médecins m'ont assuré que je ne pouvais pas aggraver le truc mais que j'aurai mal. J'ai dit : 'Allez, j'y vais, je tente ma chance'. Et maintenant, je suis là."

Pression anglaise  

Cette fois-ci, il n'a pas eu à réussir de "choses exceptionnelles", selon ses propres mots, pour en arriver là. Il a juste fait le métier, avec conviction, le joueur le mieux classé sur sa route ayant été l'Américain Mardy Fish, 10e mondial.Le Français reconnaît lui-même que ses sensations sont moins bonnes que l'an dernier, lorsqu'il avait battu Roger Federer. Mais il se sent fort dans la tête. C'est d'ailleurs là-dessus qu'il compte pour livrer un match solide et acharné, et pour réagir même s'il est parfois chahuté sur son service par le rs retour de Murray. eutuo sans se laisser  Ce mental sera aussi utile pour entrer dans une arène probablement surchauffée et acquise à la cause de son adversaire. Tsonga  sait aussi que c'est l'Anglais qui aura toute la pression.Celle-ci est déjà énorme pour ses épaules, la Grande-Bretagne attend depuis la victoire de Fred Perry à Wimbledon (1936), un vainqueur du Grand Chelem. Et le dernier Britannique à s'être hissé en finale du tournoi londonien est Henri Austin, en... 1938. Alors que de son côté, en cas de victoire, Jo-Wilfried Tsonga rejoindrait dans l'histoire Cédric Pioline, seul Français de l'ère Open à avoir atteint la finale (en 1997) sur le gazon londonien.

Djokovic-Federer, un classique

L'autre demie-finale de ce tournoi s'annonce plus classique puisqu'elle mettra aux prises deux joueurs qui sont abonnés aux succès et aux belles places. La forme affichée par Djokovic et Federer laisse augurer d'une confrontation royale qui sera la 27e entre les deux champions, mais la première sur herbe. Roger Federer qui avait été éliminé en quart de finale sur l'herbe londonienne ces deux dernières années, mais cette fois il n'a pas raté l'occasion d'atteindre le dernier carré en Grand Chelem pour la 32e fois de sa carrière. Et il affiche de la confiance car il est sur une surface qui lui convient A contrario, le Serbe a montré quelques signes de nervosité. Mais il salive à l'avance à l'idée de retrouver l'un de ses grands rivaux. "C'est ici qu'il a remporté six titres. Il voudra assurément se prouver et prouver aux autres qu'il peut gagner le titre une fois de plus", a souligné le numéro un mondial. Pour gagner, les deux joueurs vont devoir sortir leur meilleur tennis.

Christian Grégoire