Nick Kyrgios
Le jeune Australien Nick Kyrgios | AFP - CARL COURT

Kyrgios, future terreur du circuit

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Vainqueur de Rafael Nadal en 8e de finale hier soir, Nick Kyrgios va disputer son premier quart de finale dans un tournoi du Grand Chelem, contre Milos Raonic. A 19 ans, l'Australien retrouve le Canadien, qui l'a battu au 1er tour de Roland-Garros cette année, pour un duel de gros serveurs. C'est une occasion supplémentaire de marquer les esprits et de prendre date pour le futur.

Nick Kyrgios. Son prénom sonne comme un de ses aces. Et il n'en est pas avare: 113 en quatre matches depuis le début de Wimbledon. Mais n'allez pas penser que cet Australien n'est qu'un serveur. Et ne vous imaginez pas qu'il va retrouver l'ombre et l'anonymat de ces joueurs aux exploits sans lendemain. Contrairement aux précédents tombeurs marquants de Rafael Nadal à Wimbledon (Rosol et Darcis), il a un bel avenir devant lui. Du haut de son mètre quatre-vingt-treize, doté d'un bras costaud, d'un service et d'un coup droit destructeurs, d'un revers plus que correct et d'un mental de combattant, avec en plus une belle gueule et le goût du show, à seulement 19 ans, il représente sans doute le futur du tennis mondial. "Théoriquement, il sera Top 10", avance Toni Nadal, impressionné par le tombeur de son neveu. Le natif de Canberra a fait les choses dans l'ordre pour le moment.

N.1 mondial junior

N.1 mondial en juniors en 2013, vainqueur de l'Open d'Australie la même année dans cette catégorie, il gravit les échelons à haute vitesse. Cette année-là, pour sa première présence dans le tableau final d'un tournoi du Grand Chelem, il fait tomber Radek Stepanek (alors 51e mondial) au 1er tour de Roland-Garros. De la 843e place mondiale en février 2013, il devient un an après 168e. En début de saison, il a marqué de nombreux esprits, et pas mal de points ATP. A l'Open d'Australie, il so'ffre l'Allemand Becker au 1er tour avant de pousser Benoît Paire, alors 28e mondial, aux cinq manches. Quelques jours après, il prouve que son jeu peut se marier avec toutes les surfaces, et surtout que son mental est prêt à tout. En Coupe Davis, c'est lui qui ouvre le bal sur la terre-battue de Vendée face à Richard Gasquet, offrant une splendide résistance (défaite 7-6, 6-2, 6-2) avant de combattre vaillamment dans une partie sans enjeu contre Gaël Monfils (7-6, 6-4). 

Mais avec son coach Simon Rea, il ne brûle pas les étapes. Il reste sur le circuit secondaire, pour gagner expérience et points. Victoire à Sarasota (en battant Donald Young) et Savannah (en dominant Jack Sock en finale), il profite d'une nouvelle invitation à Roland-Garros pour résister à Milos Raonic (6-3, 7-6, 6-3). Tout sauf un déshonneur. Pour préparer Wimbledon, il participe et remporte le challengeur de Nottingham en sortant des qualifications. Pour le moment, il ne ressent aucune pression. Des frappes dans toutes les positions, la volonté de marquer le point dès le premier coup de raquette, il a tous les symptomes de la jeunesse. Et cela lui sourit. Au 2e tour, il a sauvé 9 balles de match contre Richard Gasquet, en s'appuyant sans peur sur son service et son coup droit, qu'il aime frapper en contournant son revers. En quatre matches, il a disputé six jeux décisifs, et il en a perdus deux (contre Robert et Gasquet). Sa coupe de cheveux originale est à l'image de son jeu: imprévisible. 

Le combat des aces

En revanche, on peut facilement prévoir une pluie d'aces cet après-midi. Nick Kyrgios, avec ses 113 aces depuis le début du tournoi, affronte un maître en la matière, Milos Raonic, auteur de 108 aces, mais qui a surtout disputé trois matches à 30 aces et plus. Tête de série N.8, le Canadien n'aura pas plus l'habitude de disputer un quart à Londres que son adversaire. Jamais avant il n'avait dépassé le cap du 2e tour. Cela promet une belle bagarre entre deux joueurs qu'on pourrait trouver rapidement au sommet de la hiérarchie mondiale.