Roger Federer
Roger Federer sur gazon | AFP - CARMEN JASPERSEN

Federer veut son grand huit

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Roger Federer espère devenir dans moins de trois semaines le premier homme à remporter Wimbledon à huit reprises. Vainqueur dimanche du tournoi de Halle pour la 7e fois de sa carrière (son 79e titre), le Suisse possède de réelles chances de s’offrir un 18e sacre en Grand Chelem dans son jardin préféré, tandis que ses grands rivaux (Nadal, Djokovic et Murray) ne sont pas au mieux.

Personne ne sait si Roger Federer s’adjugera un jour un 18e Majeur qui couronnerait une carrière déjà immense, mais beaucoup d’observateurs s’accordent à dire que c’est cet été à Wimbledon que ses chances de triompher sont les plus importantes.

Dépasser Sampras

Codétenteur (avec Pete Sampras) du record de titres dans le Temple (7), le Bâlois n’a pourtant plus gagné en Grand Chelem depuis deux ans. A l’époque, il avait profité de l’élimination précoce de Rafael Nadal (contre Rosol au 2e tour avec un cinquième set disputé dans des conditions indoor) et s’était appliqué pour terrasser Novak Djokovic et Andy Murray en suivant lors d’une fin de tournoi rondement menée.

Federer en avait profité pour reprendre le leadership mondial et pour dépasser Sampras au nombre de semaines passées en tête du classement ATP (286 semaines) alors qu’il était numéro 3 mondial en juin 2012, et que certains parlaient déjà de déclin.

Il ne craint personne sur gazon

Cette saison, Roger Federer reverdit après une année 2013 délicate. Victorieux à Dubaï et à Halle, demi-finaliste à Melbourne et pilier essentiel de la qualification de la Suisse pour les demi-finales de la Coupe Davis, l’Helvète au talent unique n’a flanché qu’à Roland-Garros (8e de finale contre Ernests Gulbis, très en forme il est vrai). Sur le gazon du Centre Court, Rodgeur ne craint personne (il y compte 14 succès contre 10 à Sampras). A bientôt 33 ans, une énième résurrection n’est pas à exclure pour le plus beau joueur de tous les temps.

D’autant que ses principaux concurrents n’affichent pas des états de service formidables : Nadal, numéro 1 mondial et récent vainqueur de son 9e Roland-Garros, s’est fait sortir sans ménagement par l’Allemand Dustin Brown (6-4, 6-1) dès son premier match à Halle ; le Majorquin reste surtout sur deux échecs prématurés à Wimbledon (2e tour en 2012, 1er tour en 2013, contre Darcis) où il avait pourtant brillé auparavant (2 succès en 2008 et 2010 pour trois finales perdues).

Nadal et Djokovic moins jardiniers que lui 

Djokovic (N.2) a été très marqué par son nouvel échec Porte d’Auteuil. Depuis sa finale perdue en quatre manches contre Nadal, le Serbe n’a pas joué en compétition, se contentant des entrainements. Il demeure un sérieux client sur herbe, mais il n’a jamais battu Federer à Wimbledon contrairement à Nadal (récompensé de son abnégation en finale de l’édition 2008, cinq actes éblouissants).

Andy Murray, enfin, a fait suivre un bon French par une surprenante défaite au Queen’s (3e tour face à Stepanek) alors qu’il avait déjà remporté trois fois ce tournoi. Sa collaboration avec Amélie Mauresmo nécessite quelques ajustements même si l’Ecossais reste sur trois finales consécutives à Wimbledon (finale 2012 perdue contre Federer, JO 2012 où il domine le Suisse, et victoire en 2013 devant Djokovic). Mais il est mené 4-1 par Federer dans leurs confrontations en Grand Chelem.

Ascendant face à Murray

Contre ces trois ténors, le Maestro souffre clairement depuis quelques saisons notamment lors des grandes échéances. Tenir un excellent niveau de jeu sur la durée des cinq sets n’est plus aussi évident qu’il y a dix ans pour le désormais papa de quatre bambins.

Mais s’il y a une surface avantageuse pour lui, c’est bien la surface verte et sa rapidité. Sur son terrain de prédilection, Federer peut abréger les échanges (presque) à sa guise. S’il sert bien, la clef de son jeu sur gazon, le septuple lauréat semble capable de vaincre n’importe qui dans l’ouest de Londres, sa bête noire Nadal y compris. Bien sûr, rien ne sera facile d’autant que personne n’a oublié le camouflet infligé par Stakhovsky l’an dernier. Les conseils avisés de Stefan Edberg ne seront pas de trop pour permettre à Roger Federer de reconquérir son Graal. C’est maintenant ou jamais.

Grégory Jouin @GregoryJouin

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