Roger Federer
Roger Federer | AFP - CARL COURT

Federer chute face à Stakhovsky à Wimbledon

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Cela faisait dix ans que Roger Federer n'avait plus perdu en Grand Chelem avant les 8e de finale. A Wimbledon, sur un court où il a été sacré à sept reprises, le Suisse a subi la loi de l'Ukrainien Sergey Stakhovsky, 116e mondial, 6-7 (5/7), 7-6 (7/5), 7-5, 7-6 (7/4). C'est la deuxième fois de sa carrière qu'il s'incline dans un Majeur contre un joueur classé au-delà de la 100e place mondiale, après Ancic au 1er tour ici-même en 2002. Le tenant du titre s'arrête dès le 2e tour, et voit sa série de 36 quarts de finale consécutifs en Grand Chelem s'arrêter dans son jardin de Wimbledon. Une défaite qui va le sortir du Top 4 mondial pour la première fois depuis 10 ans.

Roger Federer vaincu dès le 2e tour de Wimbledon, par un joueur classé au-delà des 100 premiers, cela ressemble à un mauvais film. C'est ce que doivent penser les organisateurs londoniens, qui ont perdu avant même la fin de la première semaine une sacrée brochette de candidats au titre: Nadal, Federer, Tsonga chez les hommes, Sharapova, Azarenka, Ivanovic chez les femmes. C'est pourtant la réalité du jour. Après Nadal, les organisateurs perdent à la surprise générale l'une de leur plus belle tête d'affiche. L'homme qui a conquis sept fois Wimbledon n'est plus en course. Sur le papier, le voir perdre contre le 116e mondial, Sergey Stakhovsky, est une énorme sensation. D'autant que ça ne lui était arrivé qu'une fois de s'incliner contre un joueur classé au-delà de la 100e place dans un tournoi du Grand Chelem. Et il faut remonter à se défaite contre Gasquet à Monte-Carlo en 2005 pour trouver trace d'une défaite similaire dans un autre tournoi. C'est la fin d'un règne, la fin d'une suprématie. Mais ce n'est pas une surprise au vue du déroulement de la rencontre.

Stakhovsky offensif​

Sergey Stakhovsky a beau pointer au 116e rang mondial, il a fait étalage de tout son talent, et d'un aplomb et d'une confiance pour se jeter vers le filet dès qu'il le pouvait. Comme l'avait fait Lukas Rosol l'an dernier pour éliminer Rafael Nadal, l'Ukrainien a joué le feu, eu de la réussite, et il a été récompensé. Il a également bénéficié d'un manque flagrant d'agressivité de son adversaire, qui n'a pas su partir à son tour à l'abordage du filet, comme il savait si bien le faire dans le passé, alors qu'il avait bien du mal à faire des points lorsque Stakhovsky était à la volée. Très agile dans ce compartiment du jeu, l'Ukrainien s'est également appuyé sur son bon service pour mettre son rival en difficulté.

Après deux premiers jeux décisifs partagés dans les deux premiers sets, Stakhovsky a fait la différence dans le 3e set en profitant d'un revers boisé de Federer pour s'offrir deux balles de break à (5-5) en sa faveur, et sur la deuxième, il la transformait pour, ensuite, sur une volée gagnante, mener par deux manches à une (7/5). Dopé par cet avantage mais pas en sur-régime, le 116e mondial maintenait le cap et s'emparait même du service du Suisse pour mener 2-1. Mais ce dernier semblait réagir, puisqu'il menait 15-40 dans le jeu suivant, mais était incapable de transformer l'essai. Et sur un smash, Stakhvosky confirmait pour mener (3-1). L'ancien N.1 mondiale n'était pas encore éliminé, puisqu'il s'emparait enfin du service adverse pour égaliser à (3-3), pour le premier et seul break du match en sa faveur. Il devait jouer l'homme en passing, chose très rare chez lui. Les deux hommes restaient ainsi au coude à coude jusqu'au jeu décisif, dans lequel RF était malmené (5-2). Mais il sauvait une première balle de match d'un magnifique passing-shot de coup droit le long de la ligne à (6-4), mais ne parvenait pas à contrôler son ultime revers qui finissait dans le couloir. Sergey Stakhvsky pouvait s'étaler de tout son long, comme le Suisse l'a fait tant de fois en finale sur ce Center Court, théâtre de la fin de ses espoirs en ce jour. 

Federer hors du Top 4 pour la 1ère fois depuis 2003, Murray se frotte les mains​

"Je n'arrive pas à y croire", se réjouissait l'Ukrainien. "J'ai joué mon meilleur  tennis et pourtant ce n'était presque pas suffisant pour battre Roger. Quand on  joue Roger à Wimbledon, c'est comme jouer contre deux personnes à la fois:  contre Roger et aussi contre son double, celui qui a écrit l'histoire ici. Je  me suis un peu tendu quand je me suis retrouvé avec le break dans le quatrième  set. C'est magique. Je ne pouvais pas jouer mieux, tout est rentré, c'était  fantastique."

Cette élimination a bien des répercussions pour Roger Federer. Tenant du titre, il va sortir du Top 4 pour la première fois depuis dix ans, date de son premier sacre à Wimbledon. En perdant avant même le 3e tour, il voit sa série de 36 quarts de finale en Grand Chelem s'achever ici. Depuis une défaite au 3e tour à Roland-Garros en 2004, il avait toujours atteint au moins les quarts de finale dans les tous Majeurs. C'est désormais fini, et certains ne vont pas se priver d'y voir son déclin, alors qu'il fêtera ses 32 ans le 8 août prochain. "Trente-six quarts de finale de suite en Grand Chelem c'est un grand  chiffre. J'aurais aimé que ça ne s'arrête pas ici aujourd'hui mais c'est comme  ça", a ajouté le Suisse, refusant de verser dans le catastrophisme. "J'ai l'habitude de rebondir plutôt bien, je prévois de jouer encore de  nombreuses années et je me réjouis de revenir ici en 2014".

Et alors qu'on lui prédisait un parcours diabolique, Andy Murray (N.2) se voit face à un boulevard après les défaites de Nadal, Tsonga et Federer.