Novak Djokovic
Novak Djokovic a remporté son 9e Grand Chelem à Wimbledon | GLYN KIRK / AFP

Djokovic au-dessus du lot

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Novak Djokovic a confirmé sa domination sur le circuit mondial en enlevant dimanche, pour la 2e année consécutive, la finale de Wimbledon en quatre sets face à Roger Federer 7-6, 6-7, 6-4, 6-3. Finaliste malheureux à Paris, le Serbe s'adjuge sa 9e victoire en Grand Chelem, son 2e titre Majeur de la saison.

Novak Djokovic auteur de son meilleur match du tournoi, a parfois  livré une bataille homérique mais il s'est surtout montré solide et constant de bout en bout. Après 2011 et 2014, il arrive à hauteur de son entraîneur Boris Becker avec trois victoires dans le tournoi. Il a profité pour cela d'un adversaire moins impressionnant au service que lors de sa demi-finale contre Andy Murray. Roger Federer a en effet paru émoussé, notamment dans les moments cruciaux de la partie. 

Federer souffre en fond de court

Le Suisse, qui n'a pu confirmer son break d'avance à 4-2 dans le 1er set, a parfois délivré des coups spectaculaires, mais, avant de monter plus systématiquement au filet pour essayer de finir le point, il a souffert dans les échanges en fond de court. Formidable combattant, Djokovic a misé sur son physique pour tout renvoyer et prendre peu à peu l'ascendant.Federer a bien sauvé sept balles de set dans le 2e pour égaliser au métier à 1-1 au bout d'un tie-break haletant, il s'est ensuite fait rapidement breaker dans les deux manches suivantes et ne semblait plus avoir les armes pour  nrayer la victoire programmée de Djokovic.

Avec 58 coups gagnants mais aussi 35 fautes directes, le Suisse a pourtant pris tous les risques possibles. En vain. Après 11 victoires d'affilée sur gazon, la série 2015 du "jardinier"  Federer s'arrête donc là et il a encore laissé passer une occasion d'améliorer  le record de 17 titres en Grand Chelem qu'il possède depuis sa dernière victoire à Londres en 2012. Il y a un an, il avait réussi à pousser Djokovic à un 5e set, mais il n'y est pas parvenu cette fois-ci. 

Celui-ci égalise à 20 victoires partout dans leurs confrontations, mais il  prend l'ascendant en Grand Chelem avec sept succès contre six. En étant le premier à conserver son titre depuis son malheureux adversaire du jour en 2007, Djokovic, qui comptait avant ce match autant de Majeurs que de finales perdues (8), revient du bon côté. Au passage, il a montré avec talent qu'il avait bien digéré sa surprenante défaite contre Wawrinka le dernier jour de Roland-Garros, le seul titre du Grand Chelem qui manque à sa collection. 

Déclarations

Novak Djokovic : "Avant toute chose, je dois dire que c'est un gros défi de  jouer contre Roger. Il vous oblige à repousser vos limites, à travailler pour  gagner le moindre point. C'est un grand champion, probablement mon plus grand  rival. Beaucoup de joueurs de ma génération ont grandi en le regardant et ont  suivi son exemple. Je savais en entrant que Roger allait jouer comme  d'habitude, à son meilleur niveau quand cela compte vraiment. Vous travaillez  dur toute votre vie, vous répétez inlassablement les efforts tous les jours  pour vous imaginer sur ce court en train de soulever le trophée. C'est une  sensation qui fait frissonner. Je ne sais pas ce que les jardiniers ont mis  dans l'herbe, mais ils ont fait du bon boulot, elle est très bonne à goûter.  C'est un peu la tradition. Avec Boris Becker, on est sur une bonne série même  si cela a pris un peu de temps pour que l'on se comprenne. Il est Allemand, moi  Serbe, c'est une différence qui compte. On a fini par trouver la bonne  alchimie. C'est mon trophée autant que le sien".
   
Roger Federer : "Je n'ai pas mal  joué donc je peux être satisfait mais c'est comme ça. Bien joué Novak. C'est le  sport, on ne connait jamais le résultat à l'avance. J'ai eu ma chance dans le  1er set. Dans le 2e, je suis un peu chanceux et j'ai encore eu une occasion  dans le 3e. Mais il était meilleur sur les points importants. C'était un roc.  Je travaille dur, les autres aussi. J'ai toujours faim, je suis toujours  motivé. C'est un privilège d'être ici. J'aurais voulu gagner, évidemment, mais  Novak était très bon. Il le mérite. Il a bien joué. Pas seulement aujourd'hui,  mais pendant les deux semaines, toute l'année, l'année dernière".

Christian Grégoire