Cilic, Raonic, Kyrgios : trois outsiders pour Federer à Wimbledon

Cilic, Raonic, Kyrgios : trois outsiders pour Federer à Wimbledon

Publié le , modifié le

Marin Cilic (tête de série N.6), Milos Raonic (N.7) et Nick Kyrgios (N.20) ont le talent et le service pour gagner Wimbledon. Derrière le Big Four, le Croate, le Canadien et l’Australien sont parmi les mieux placés pour s’imposer dans le Temple. Dans un bon jour, ils peuvent éliminer n’importe qui y compris Roger Federer qui reste logiquement le favori du tournoi aux yeux de beaucoup.

Cilic arrive à maturité

Battu en quarts de finale à Wimbledon ces trois dernières années (deux fois par Novak Djokovic, l’an dernier par Roger Federer), Marin Cilic n’avance plus masqué. Auteur du meilleur Roland-Garros de sa carrière il y a un mois (quart perdu contre Stan Wawrinka), l’enfant de Medugorje (1,98m, 28 ans) a réalisé un bon tournoi au Queens, atteignant la finale après des succès sur des clients tels que John Isner et Gilles Muller avant de buter in extremis sur la dernière marche (balle de match ratée) contre un excellent Feliciano Lopez (4-6, 7-6, 7-6). Personne n’a oublié qu’il avait également obtenu plusieurs balles de match contre Federer, il y a un an, au cours d’un match qu’il aurait pu plier en quatre sets et qu’il a fini par perdre en cinq (6-7, 4-6, 6-3, 7-6, 6-3).

Vainqueur de l’US Open 2014 après deux nets succès sur Federer et Nishikori, Cilic sait pouvoir compter sur une première balle de service dévastatrice et sur un coup droit capable d’enfoncer les défenses les plus robustes. Un deuxième Majeur confirmerait les progrès réalisés par le protégé de Jonas Bjorkman –ancien demi-finaliste à Londres- et lui permettrait de succéder à son ancien coach Goran Ivanisevic, inoubliable lauréat en 2001. Placé dans la partie haute du tableau, Cilic a hérité d’un premier tour piège avec Kohlschreiber. Il pourrait ensuite affronter Mayer puis Johnson et Nishikori avant un quart explosif contre Nadal si l’Espagnol se débarrasse de Khachanov, Muller et (ou) Karlovic. Il pourrait alors envisager une demie face à Murray avant une finale contre Federer contre qui il n’a gagné qu’une fois en sept matches mais qu’il ne juge plus inaccessible.

Raonic veut enfin conclure

Demi-finaliste en 2014 (battu par Federer) et finaliste l’an passé contre un intouchable Andy Murray (6-4, 7-6, 7-6), Milos Raonic n’a plus qu’une marche à franchir pour atteindre son Graal. Ce fan de Pete Sampras ne jure que par un sacre à Wimbledon là où son idole a triomphé sept fois entre 1993 et 2000. Le bombardier canadien (1,96m, 26 ans) possède les qualités intrinsèques pour briller sur gazon : une première balle très lourde, un coup droit puissant et une volée nettement améliorée par rapport à ses jeunes années. Reste que le colosse d’origine monténégrine rencontre régulièrement des soucis de santé qui ne lui permettent pas d’exploiter tout son potentiel et de se rapprocher du Big Four.

Battu par Kokkinakis dès le premier tour du tournoi du Queens dont il était tenant du titre, Raonic n’aborde pas Wimbledon dans les meilleures conditions mais il prendra confiance au fil des tours s’il sort le grand Struff d’entrée. Son premier gros test devrait intervenir en huitièmes de finale contre le redoutable Alexander Zverev, récent finaliste à Halle. Il serait alors temps de défier l’immense Roger Federer lors d’un quart revanche de la splendide demie de 2016 remportée au forceps par le natif de Titograd (6-3, 6-7, 4-6, 7-5, 6-3). Avant de rêver à un éventuel remake de la finale de l’an dernier contre Murray. Face à l’Ecossais comme dans ses confrontations contre le Suisse, Raonic est mené 9-3 mais il a remporté les deux derniers rendez-vous devant le Maestro. Tous les espoirs sont donc permis.

Kyrgios y croit dur comme fer

Nick Kyrgios a toujours atteint la deuxième semaine à Wimbledon en trois participations. Sorti en quarts de finale en 2014 par Raonic et en huitièmes ces deux dernières saisons (par Gasquet puis Murray), l’Australien au caractère bien trempé ne laisse pas indifférent. Son talent et sa force de frappe en font un client redoutable pour les meilleurs même si son inconstance le dessert. Doté d’un engagement surpuissant et précis, le natif de Canberra (1,93m, 22 ans) est aussi capable d’accélérer soudainement du fond du court. Il se débrouille assez bien à la volée même si beaucoup d’observateurs aimeraient le voir davantage monter au filet. Suivi un temps par Sébastien Grosjean, ancien double demi-finaliste à Londres, le grand escogriffe de l’île continent n’a pas brillé en juin mais il demeure l’un des gros challengers du plus grand tournoi du monde.

Placé dans le bon côté du tableau, celui sans Roger Federer, Kyrgios a des Français sur sa route (Herbert d’entrée puis éventuellement Paire et Pouille, quart de finaliste l’an dernier) avant de retrouver le numéro 1 mondial Murray pour un huitième explosif. En cas d’exploit, il serait temps de penser à aller au bout en retrouvant –pourquoi pas ?- Federer à qui Kyrgios aime se mesurer. En deux matchs contre le septuple lauréat du tournoi, l’Aussie n’a disputé que des jeux décisifs (victoire 6-7, 7-6, 7-6 à Madrid en 2015, défaite 7-6, 6-7, 7-6 au printemps à Miami). Ça promet pour d’éventuelles retrouvailles dans le Temple.

Grégory Jouin @GregoryJouin

Wimbledon