Ça s'est passé un 7 juillet 1985 : Boris Becker devient à 17 et 288 jours le plus jeune vainqueur de l'histoire à Wimbledon

Publié le , modifié le

Auteur·e : Jules Boscherini
Boris Becker Wimbledon 1985

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L'édition 1985 de Wimbledon voit l'éclosion au plus haut niveau de Boris Becker. S'il ne part pas favori, le jeune prodige allemand se fraye un chemin jusqu'en finale des Internationaux de Grande Bretagne. Ce 7 juillet 1985, il prend le dessus sur Kevin Curren et s'offre un record de précocité. À 17 ans et 288 jours, il devient le plus jeune vainqueur du Grand Chelem sur le mythique gazon anglais.

Pour sa deuxième participation au prestigieux tournoi de Wimbledon, Boris Becker arrive lancé grâce à un succès au Queen’s. Une semaine auparavant, il remporte son premier trophée à l’ATP. À 17 ans, bien qu’il ne soit pas tête de série, l’Allemand s’apprête à glaner le premier de ses 3 titres à Wimbledon. Le 7 juillet 1985, il prend le dessus en finale sur l’Américain Kevin Curren, tête de série numéro 8. Boris Becker devient le premier joueur de l’histoire non tête de série à remporter le titre organisé au All England Lawn Tennis and Croquet Club ainsi que le plus jeune champion du tournoi. Un record qui tient toujours aujourd'hui.

Un parcours semé d’embuches

Cette précédente victoire au Queen’s ne le place pas cependant comme un candidat sérieux pour le titre. Sa partie de tableau est abordable avec quelques têtes de séries mais pas les plus impressionnantes. L’ascension fulgurante de l’adolescent est même sur le point de prendre fin dès la première semaines. Au 3e tour, contre la tête de série numéro 7, Joakim Nystrom, l’Allemand est au bord de l’élimination. Boum-Boum, surnom qui vient du fait qu'il n'a besoin que de 2 coups de raquette pour remporter le point (Le 1er "Boum" pour le service, puis le 2e "Boum" pour le 2e coup de raquette souvent décisif), ne lâche rien et remporte finalement le match en 5 sets, 9-7 au tie-break. Après le match, son adversaire déclare : "Il ne gagnera pas Wimbledon, pas cette année".

Au tour suivant, il va une nouvelle fois éviter la défaite, surmontant une blessure à la cheville lors du quatrième set - qui l'a presque forcé à renoncer - pour s’offrir Tim Mayotte, tête de série numéro 16 en cinq manches. L'Allemand bat ensuite Henri Leconte et Anders Jarryd en quatre sets chacun avant de se présenter face à l’Américain Kevin Curren pour sa première finale de Grand Chelem. Le numéro 8 mondial part logiquement favori ayant éliminé John McEnroe et Jimmy Connors respectivement numéro 1 et 3 mondiaux lors des tours précédents.

Un combattant insubmersible

Peu de gens donnent vainqueur le jeune Becker mais le Sud-Africain Johan Kriek, finaliste du Queen's une semaine avant le début de Wimbledon prononce des paroles qui s’avèrent exactes : "S'il joue comme ça, il gagnera Wimbledon", a-t-il déclaré. En finale, il continue son explosion et remporte le premier set sans trop de difficulté. Curren ne s’avoue pas vaincu et revient à hauteur après un tie-break dans la deuxième manche. Le néo-Américain pense que son jeune challenger va craquer, que la pression de la finale le touche. L'inverse se produit et au terme d’un nouveau tie-break décisif, le prodigieux germain reprend les devants et n’est plus qu’à quelques coups de raquette de la gloire. "C'était ma marque de fabrique, me battre", explique Becker.

Trop de déchet sur des volées faciles, des smashes mal exécutés, un mauvais placement, le 8e joueur mondial balbutie son tennis. La messe est dite, après un combat de trois heures et 18 minutes sur le Center Court, le jeune Allemand de 17 ans sert pour le match. Sur un énorme service gagnant, il s’offre le scalp du natif de Durban pour rafler une victoire en quatre sets 6-3, 6-7 (4), 7-6 (3), 6-4. Les bras levés, il inscrit son nom au palmarès du Wimbledon Trophy de la plus belle des manière et devient le plus jeune champion de l'histoire du tournoi.

Précocité et records

Auteur d'un parcours fort en rebondissements, le jeune joueur de seulement 17 ans et 288 jours devient à l'époque le plus jeune vainqueur d'un tournoi du Grand Chelem. Son record n’est battu qu’en 1989 par Michael Chang, sur la terre battue de Roland-Garros. Le premier allemand à avoir remporté le plus prisé des tournois du Grand Chelem reste encore aujourd’hui le plus jeune vainqueur du Championships et Boris Becker s’octroie deux autres titres pour six finales disputées sur le gazon londonien.

Jules Boscherini @julesboscherini