US Open : Thiem, le prince est enfin devenu roi

Publié le , modifié le

Auteur·e : Théo Gicquel
Dominic Thiem lors de sa victoire à l'US Open 2020.
Dominic Thiem lors de sa victoire à l'US Open 2020. | AL BELLO / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / Getty Images via AFP

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Après trois échecs en finale de Grand Chelem, Dominic Thiem a dû vivre sa finale dimanche avec la lourde pancarte de favori face à Alexander Zverev, novice à ce niveau. Inquiétant puis renversant, il a finalement obtenu le statut que son talent annonçait : celui d’un vainqueur de Grand Chelem, et celui du premier à emprunter le sillon de Djokovic, Nadal et Federer lorsqu’ils ne seront plus là.

Une défaite en finale de Grand Chelem fait toujours mal. Mais certaines restent plus agrippées à nos démons que d’autres. Lorsque Dominc Thiem perd par deux fois face à Rafael Nadal à Roland-Garros (2018, 2019), le constat est implacable : l’ultra-favori s’est imposé, il ne peut que constater l’écart de niveau. En janvier dernier, sa défaite en cinq sets face à Novak Djokovic à l'Open d'Australie lui laisse déjà bien plus de regrets, mais perdre face à Nole à Melbourne n’a rien d’infamant, surtout en cinq manches. Une défaite face à Alexander Zverev dimanche aurait eu des allures de ces spectres d’armoire dont on ne parvient jamais vraiment à se détacher. De ces défaites qui vous font douter toute votre vie et créent un cercle infernal de négativité.

Annoncé favori, délesté de l’ombre imposante (et si rare) du Big Three en finale d’un Majeur, l’occasion était trop belle pour celui qui est le plus régulier au plus haut niveau "parmi tous les autres" sur la planète tennis. C’est pourquoi une quatrième défaite de suite aurait eu des allures de grosse sortie de route pour Thiem. L’histoire retiendra que le prince de la terre battue a été couronné roi sur dur. La manière n’y a pas vraiment été, mais le résultat est là. 

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Du gouffre au sommet

Absent, confus pendant deux sets et demi, Thiem a d'abord tout fait pour rater une finale qui lui tendait les bras face à un Zverev plus épanoui mais toujours sujet à des sautes de concentration béantes. Au bord du gouffre, l’Autrichien a remonté lentement la pente. Il a eu son voisin à l’usure, par des pas de chaton avant de sortir les griffes du matou dominant à l’aube du tie-break décisif. A l’expérience sans doute, il a eu raison de celui à qui on l’oppose souvent mais qui est son ami dans la vie. "Vraiment, j’aurais aimé qu’il y ait deux vainqueurs aujourd’hui, tu le méritais. Je me rappelle lors de la finale à Madrid (en 2018), tu m’avais dit que je gagnerais un Grand Chelem un jour, et je te dis maintenant la même chose", soufflait l’Autrichien sur le podium.

"Vraiment, j’aurais aimé qu’il y ait deux vainqueurs aujourd’hui, tu le méritais"

Désormais, Thiem se différencie des autres. Le prince héritier du tennis mondial a changé de statut. Il n'est pas encore de la caste des empereurs, mais il a enfin concrétisé ce que beaucoup voyaient arriver plus tôt, à chaque fois repoussé par Nadal ou Djokovic qui eux aussi repoussent une chose, le temps. Ça aurait pu être Zverev, à seulement 23 ans. Mais c’est bien lui, 27 ans et trois finales de Majeur perdues dans l’escarcelle.

Il rejoint les Del Potro et Cilic, subtiles exceptions ayant réussi à glaner un Grand Chelem à Djokovic, Nadal et Federer.  Désormais devant lui se dressent, Andy Murray et Stanislas Wawrinka, trois titres Majeurs au compteur. Son adversaire du jour ne dit d’ailleurs pas autre chose, et prophétise même l’avenir. "Bravo à Dominic pour le premier de nombreux Grands Chelem. Ce ne sera pas le seul."