US Open : Serena Williams, la fin de l'infernale spirale des désillusions ?

Publié le , modifié le

Auteur·e : Thierry Tazé-Bernard
La déception se lit sur le visage de Serena Williams
La déception se lit sur le visage de Serena Williams | AFP - GETTY IMAGES

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Depuis sa victoire à l'Open d'Australie en 2017, Serena Williams est en quête d'une 24e couronne du Grand Chelem. Après sa maternité, elle a pourtant eu des opportunités d'y parvenir, avec quatre finales pour autant de défaites. L'ancienne N.1 mondiale montre de plus en plus souvent des difficultés à remporter des matches qu'elle tenait en mains. Preuve en est, depuis Melbourne 2017, elle n'a gagné qu'un seul tournoi, à Auckland, en janvier dernier.

Jusqu'à l'année 2018, Serena Williams s'était inclinée en finale d'un tournoi du Grand Chelem qu'à six reprises. Presque vingt ans pour s'arroger la stature d'une des plus grandes championnes de l'histoire, d'une joueuse presque imbattable en finale. Mais depuis deux ans, tout s'est écroulé. Après son 23e sacre conquis à Melbourne, à l'aune de sa grossesse pour donner naissance à sa fille Alexis Olympia Ohanian Jr le 1er septembre 2017, l'Américaine a en effet enchaîné quatre défaites pour autant de finales dans un Majeur, à Wimbledon et l'US Open 2018 et 2019. Pas une seule victoire, elle qui court après cette 24e consécration qui la placerait au même niveau que Margaret Smith Court dans l'histoire du tennis, et deux rangs devant Steffi Graf si on ne regarde que l'ère open. 

Son instinct de "tueuse" aurait-il disparu ?

Après de nombreuses blessures, des retours au premier plan extraordinaires, l'ancienne N.1 mondiale aurait-elle perdu le "mojo" ? Car au-delà de ses échecs en finale de Grand Chelem, elle a aussi été longtemps incapable de remporter le moindre tournoi. Pour une femme qui en avait accrochés 72 dans sa carrière, deux saisons sans soulever de trophée, c'est long. Cette mauvaise série s'est achevée en début d'année, avec un succès à Auckland. Le premier depuis l'open d'Australie 2017. Une délivrance. Avant la rechute, à Melbourne, au 3e tour quelques jours après, contre la Chinoise Wang (29e mondiale) en trois sets alors qu'elle l'avait balayée en 44 minutes quelques mois avant à l'US Open. "Honnêtement, si on ne veut pas se mentir, tout est pour moi. J'ai perdu le match. C'est comme ça. Il ne s'agit pas de ce tournoi, c'est juste que je ne peux pas jouer comme ça", reconnaissait-elle énervée après son match. Dans sa carrière, en dehors des tournois du Grand Chelem, elle a remporté 50 tournois, pour seulement 15 finales perdues. C'est dire si elle a su se montrer décisive dans les matches importants.

La défaite, Williams la connaît depuis quelques temps de manière assez semblable. Des matches bien menés, et d'un coup, la panne, la gamberge, le manque de sérénité, les problèmes physiques... Peu importe l'interprétation et les raisons, elle n'enfonce plus le clou. La semaine dernière, à Lexington, elle a chuté contre la 116e mondiale, Shelby Rogers, après avoir pourtant pris le 1er set 6-1 en 26 minutes. Cette semaine, à New York, pour le tournoi de Cincinnati, elle menait 7-5, 5-3 avant de s'effondrer contre la Grecque Maria Sakkari 5-7, 7-6 (7/5), 6-1. "Je dois réapprendre à gagner ces matches", a-t-elle confié après cette désillusion. Une de plus car le problème n'est pas nouveau. Souvenez-vous en 2019, toujours à Melbourne, toujours à l'Open d'Australie, avec ces quatre balles de match non transformées en quarts de finale contre Karolina Pliskova et finalement une défaite frustrante en trois sets.

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Bien évidemment, tout est à relativiser avec Serena Williams. Celle qui restera sans doute comme la meilleure joueuse de l'histoire, n'est pas devenue une joueuse banale, ni une perdante. Rares sont les joueuses à être revenues d'une maternité pour refaire partie du Top 10 (9e mondiale aujourd'hui). Surtout à l'approche de la quarantaine (elle fêtera ses 39 ans le 26 septembre prochain). Mais la protégée de Patrick Mouratoglou ne peut plus compter sur sa puissance phénoménale et sur son CV pour faire trembler ses adversaires. Ses rivales ont l'avantage de la jeunesse, des déplacements bien plus rapides (ce qui n'a jamais été son fort) et le sens du contre. 

Mais à New York, elles ne seront pas toutes là. Ashleigh Barty et Simona Halep, les deux premières joueuses du monde, ont préféré faire l'impasse sur le tournoi américain en raison du Covid-19. Idem pour la tenante du titre Bianca Andreescu (6e mondiale), l'Ukainienne Elina Svitolina (5e), la Néerlandaise Kiki Bertens (7e) ou la Suissesse Belinda Bencic (8e). Bref, du Top 10, il ne reste plus que deux joueuses mieux classées que l'actuelle 9e mondiale : Karolina Pliskova (3e) et Sofia Kenin (4e), et juste derrière elle, Naomi Osaka (10e). Cela élargit le champs des possibles, sans toutefois lui offrir une voie royale.