Sloane Stephens, Venus Williams, Coco Vandeweghe, Madison Keys
Les quatre demi-finalistes américaines de l'US Open 2017: Sloane Stephens (en haut à gauche), opposée à Venus Williams (en haut à droite), Coco Vandeweghe (en bas à gauche) face à Madison Keys (en bas à droite) | AFP - Don EMMERT, Jewel SAMAD

US Open - Quatre Américaines dans le dernier carré, renouveau ou coup de chance ?

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Depuis 1981 à l'US Open, jamais quatre joueuses américaines avaient pris place dans le dernier carré du tournoi féminin à New York. C'est la 10e fois que cela arrive dans l'histoire. Avec l'opposition entre Vandeweghe et Keys, et Venus Williams face à Stephens, les Etats-Unis ont le vent en poupe. Mais est-ce la réalité, ou un concours de circonstances ?

Défaillance des meilleures, absence de Serena Williams, surplus de motivation des Américaines devant leur public, il y a plein d'explications à la présence de ces quatre américaines en demi-finale de l'US Open. Car ce carton plein US n'était pas attendu. En 1981, les Etats-Unis avaient déjà rempli le tableau des demi-finales de ce tournoi. Mais il s'agissait alors de Chris Evert, tête de série N.1, Tracy Austin, N.3, Martina Navratilova, N.4, et Barbara Potter, N.11. C'est la dernière fois que c'est arrivé.

Là, Venus Williams est tête de série 9, Madison Keys 15, Coco Vandeweghe 20, et Sloane Stephens n'est pas tête de série, puisqu'elle occupait avant le tournoi la 83e place mondiale. Pliskova (N.1 mondiale), Halep (N.2), Muguruza (N.3 mais future N.1) et toutes les autres sont tombées avant le sprint final. C'est donc une surprise de retrouver ces quatre joueuses à ce stade de l'épreuve. Voici pourquoi.

Venus Williams, le retour

A 37 ans, l'aîné des Williams renoue avec son glorieux passé en cette saison 2017. Finaliste à l'Open d'Australie (battue par sa soeur Serena), niveau qu'elle n'avait plus atteint depuis 2009, Venus a réédité sa performance à Wimbledon (battue par Muguruza). Sa saison n'a pas été pour autant un long fleuve tranquille: élimination au 2e tour à Auckland, au 1er à St-Petersbourg et Charleston, elle n'avait pas fait le plein de confiance durant l'été. Sortie en 8e de finale à Toronto par Svitolina, battue au 2e à Cincinnati par une qualifiée, l'Australienne Barty, 48e mondiale. Mais la 9e mondiale réalise sans aucun doute sa meilleure saison depuis bien longtemps. Sacrée à deux reprises à New York (2000 et 2001), elle est la plus expérimentée pour ajouter un 8e Grand Chelem en carrière.

Madison Keys, l'espoir

En 2009, elle devient l'une des plus jeunes joueurs à remporter un match sur le circuit professionnel, à seulement 14 ans. Madison Keys est un espoir du tennis américain et mondial. En 2015, elle atteint le dernier carré en Grand Chelem à l'Open d'Australie pour la première fois de sa carrière en 2015. Montée au 7e rang mondial en 2016, elle a subi une intervention chirurgicale au poignet en fin de saison dernière, ce qui a retardé son retour sur le circuit. Après son 8e de finale à Indian Wells pour sa rentrée, elle a traversé la saison sans jamais battre plus de deux joueuses de suite. Jusqu'à cet été. Victorieuse à Stanford (après avoir battu Muguruza et Vandeweghe), elle s'arrête en 8e à Cincinnati (sortie par Muguruza en 3 sets). A 22 ans, la 16e mondiale peut confirmer pleinement son statut d'espoir.

Coco Vandeweghe, la nouvelle

A 25 ans, Coco Vandeweghe est sans doute la plus méconnue des quatre demi-finalistes. Entre Venus Williams, au palmarès incroyable, et les anciens espoirs qu'étaient Keys et Stephens, sa présence en demi-finale peut étonner. Jamais elle n'avait franchi le 2e tour de l'US Open en 8 participations passées. Mais 2017 est une saison différente. Demi-finaliste en Australie, quart de finaliste à Wimbledon, la New Yorkaise de naissance fait tomber les meilleures dans les tournois majeurs. Mais à côté, elle cumule les faux-pas: contre la 103e mondiale à Sydney au 2e tour, au 1er tour à Dubai, Indian Wells, Miami, Roland-Garros, 's-Hertogenbosch, Toronto ou encore Cincinnati. Mais elle sera au minimum 16e mondiale à l'issue de la quinzaine, et après avoir fait tomber l'actuelle N.1 mondiale Pliskova, tout peut arriver.

Sloane Stephens, l'inattendue

N.5 mondiale juniors en 2009, notamment demi-finaliste à Roland-Garros (sortie par la future gagnante Kristina Mladenovic), Sloane Stephens a également reçu le statut d'espoir aux Etats-Unis. 11e mondiale en 2013 après une demi-finale en Australie et un quart à Wimbledon, alors qu'elle n'avait que 20 ans, elle n'a pas connu un début de carrière linéaire. Au coeur de l'été, elle est tombée jusqu'au 957e rang mondial, alors qu'elle était 22e un an avant. Blessée au pied en fin de saison dernière, elle avait, elle-aussi, dû passer sur le billard en janvier. C'est pour cette raison qu'elle a perdu énormément de points, ne faisant son retour qu'à Wimbledon. Deux demi-finales, à Toronto et Cincnnati en battant au passage Kvitova (deux fois) ou Kerber, l'ont replacée dans le Top 100. A 24 ans, elle dispute sa deuxième demie en Grand Chelem en carrière. Le début d'un retour vers les sommets, elle qui réintègrera le Top 40 au minimum lundi ?

Thierry Tazé-Bernard @thierrytaze