Roger Federer à l'US Open 2018
Roger Federer à l'US Open 2018 | AFP

US Open : les chiffres qui illustrent la longue disette de Roger Federer

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Attendu au tournant cette nuit pour son entrée en lice au premier tour de l'US Open face à l'Indien Sumit Nagal, Roger Federer sait qu'il n'a pas le droit à l'erreur. Incapable de franchir le cap des 1/4 de finale depuis deux ans, le Suisse vit à Flushing une disette aussi longue que difficile à comprendre. Quintuple vainqueur du Chelem New-Yorkais, il ne s'y est plus imposé depuis 2008. Onze ans de frustration illustrés par certains chiffres.

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Vainqueur de l’US Open à cinq reprises au cours de sa carrière, Roger Federer ne s’est plus imposé à Flushing Meadows depuis 2008, année de sa victoire en finale face à Andy Murray. 11 années d’une disette improbable, presque inexplicable, qui contraste avec la capacité du Suisse à briller sur surface rapide. C’est bien simple, depuis dix ans, le Grand Chelem New-Yorkais est celui qui réussit le moins au Bâlois, si l’on fait exception de Roland-Garros, où il ne s’est pas aligné trois années de suite (2016-2019). Avec seulement deux finales disputées dans le Queen’s depuis son dernier sacre, Federer n’est plus franchement habitué à jouer les premiers rôles lors de la grande messe du mois d’août. Il reste sur deux éliminations en ¼ et et 1/8e de finale, dont une défaite face au modeste John Millman l’an dernier.  

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45 ,5 %. C’est, depuis 2008, le pourcentage de défaites de Roger Federer à l’US Open avant le dernier carré. En 9 participations au dernier majeur de la saison depuis son cinquième et dernier sacre outre-Atlantique, le Suisse n’a atteint les demi-finales qu’à 5 reprises. Un chiffre qui peut sembler positif, mais qui demeure loin des ambitions d’un joueur de son calibre, d'autant que le recordman du nombre de titres en Grand Chelem avait fait de Flushing son jardin entre 2004 et 2008 (cinq titres consécutifs). A titre de comparaison, sur la même période, ce ratio n’est que de 27% à Wimbledon, et seulement 18% à l’Open d’Australie, où le Suisse n’a été sorti avant le dernier carré qu’à deux reprises en 11 participations. Federer a bien été éliminé de Roland-Garros avant les demi-finales dans 50% des cas depuis 2008, mais ne s’est aligné à Paris que huit fois, ce qui fait de l’US Open son moins bon terrain de jeu.

0/2

2 finales, 0 victoire. Intraitable dans le Queen’s à la fin des années 2000 – le Suisse avait battu successivement Hewitt, Agassi, Roddick, Djokovic et Murray en finale – Roger Federer peine lorsqu’il s’agit désormais de franchir la dernière marche de la pyramide New-Yorkaise. Deux fois finaliste à l’US Open au cours de la dernière décennie, le Bâlois a systématiquement été battu en finale. Juan-Martin Del Potro l’avait d’abord privé d’un formidable sextuplé en 2009 après un match titanesque (3-6, 7-6, 4-6, 7-6, 6-2), avant que Novak Djokovic ne le prive à son tour d’un nouveau Grand Chelem, en 2015. Alors numéro un mondial, le Serbe avait imposé sa loi et conclu la partie en quatre sets (6-4, 5-7, 6-4, 6-4) pour s’adjuger son dixième majeur. En 2019, fort de son succès de prestige à Wimbledon face au même Federer, le Djoker en est à 16. Il est revenu à 4 longueurs des 20 titres de son homologue Suisse, et se rapproche à vitesse grand V du record.

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Fait rare dans un tournoi du Grand Chelem, Roger Federer a davantage été éliminé de l’US Open ces dernières années par des joueurs classés en dehors du top 10 mondial que par des top players. Depuis 2011, année de sa défaite en demi-finale face à Novak Djokovic, le Bâlois a été sorti quatre fois par des joueurs hors top 10. Excepté Tomas Berdych (7e en 2012) et donc Djokovic (1er en 2015), le quintuple vainqueur du majeur américain a toujours pris la porte face à un adversaire bien moins bien classé que lui. L’Espagnol Tommy Robredo, 22e au classement ATP, était venu à bout du Bâlois au stade des huitièmes de finale en 2013. Un an plus tard, c’est Marin Cilic, alors 16e joueur mondial qui s’était offert le scalp du Suisse en demi-finale. En 2017, le convalescent Juan-Martin Del Potro, revenu à la 28e place mondiale après une longue blessure, avait battu Federer en ¼ de finale. Une défaite difficile à encaisser pour le Suisse, qui a vécu un nouvel échec cuisant l’an dernier, en tombant face à l’Australien John Millman, modeste 55e joueur au classement ATP.

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Malgré sa longue et, on peut le dire, assez incroyable disette New-Yorkaise, Roger Federer ne s’est pas arrêté de gagner, bien au contraire. En 11 années au plus haut niveau depuis son dernier sacre à l’US Open, le "Maître" a enlevé pas moins de 7 tournois du Grand Chelem. Un chiffre certes extrêmement probant, mais qui contraste avec la décadence du Suisse aux Etats-Unis. Depuis 2008, Federer a gagné partout, même à Roland-Garros, où son seul et unique sacre remonte à 2009, un an après son quintuplé New-Yorkais. Avec trois titres à Wimbledon (2009, 2012 et 2017) et trois à Melbourne (2010, 2017, 2018), l’ex numéro un mondial a prouvé qu’il était encore l’un des tous meilleurs du circuit sur surface rapide. Il a fait évoluer son jeu pour mieux aborder certains matches – notamment face à Rafael Nadal, qu’il n’a jamais affronté à l’US Open – mais peine à retrouver ses marques à Flushing. Conscient de ses difficultés, le principal intéressé aurait peut-être l'explication, et elle serait d'ordre physique."Est-ce que je me suis senti malchanceux ? Non, ça a plus souvent été une affaire de santé que de chance ou de malchance" a affirmé le Bâlois il y a deux jours en évoquant ses déroutes passées. Au top de sa forme physique cette saison, il ne devrait pas être handicapé à l'US Open. L'année ou jamais pour mettre fin à sa disette ?