le Français Gaël Monfils à Flushing Meadows
le Français Gaël Monfils à Flushing Meadows | AFP - DOMINICK REUTER

US Open - Gaël Monfils, un quart à Flushing pour un retour dans le passé

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Cinq petits jeux lâchés face à Pablo Andujar pour une victoire expéditive en 1h26, Gaël Monfils (N.13) n'a pas perdu de temps pour valider son ticket pour les quarts de finale de l'US Open. L'Espagnol, 70e mondial, n'était pas de taille à s'opposer au Français qui retrouve un quart de finale en Grand Chelem pour la première fois depuis la saison 2016, et sa demi-finale ici-même, à Flushing Meadows. Il défiera l'Italien Matteo Berrettini (N.24) au prochain tour, pour rêver de disputer une 3e demie en Grand Chelem en carrière. A 33 ans.

Il y a de la légèreté dans l'air. Et dans ces cas-là, Gaël Monfils est souvent sur son nuage. Depuis le début de cet US Open, avec un parcours il est vrai favorable où il n'a pas croisé un membre du Top 50 hormis Denis Shapovalov (33e) qu'il a vaincu de manière convaincante en cinq manches, le Français surfe sur une belle vague. Dans "sa deuxième maison", dans cette ambiance si particulière de New York où le public ne boude jamais le sens du spectacle du 13e mondial, il retrouve de belles et grandes couleurs. "J'ai été très bon, j'étais très bien physiquement, j'ai frappé très fort. Je pense que ce soir, c'était un bon spectacle", a-t-il lancé à la foule une fois sa victoire acquise en 1h26.

Les 8e, un plafond de verre jusque-là

Est-ce le même joueur qui avait enchaîné les déceptions sur le gazon (1 victoire en trois tournois), la surface sur laquelle il brille le moins ? Est-ce le même joueur qui avait pris deux sets d'entrée à Cincinnati contre Frances Tiafoe à la mi-août ? Pas vraiment. Mais il n'est jamais vraiment là où on l'attend. En début de saison, après son échec en Australie (sorti au 2e tour par Fritz), il avait enchaîné une demi-finale à Sofia (en battant au passage Tsitsipas) puis une victoire à Rotterdam (en dominant Medvedev et Wawrinka) et une demie à Dubai. Mais le retour sur terre avait été difficile: défaite contre le 167e mondial à Estoril, élimination au 1er tour à Rome. Et il y avait surtout ce plafond de verre, ces 8e de finale en Grand Chelem qu'il ne parvenait pas à passer. Depuis trois saisons, il s'arrêtait souvent là: Australie 2017, Roland-Garros 2017 et 2019, Wimbledon 2018. Pas cette fois.

A New York, Monfils a retrouvé la plénitude de ses moyens physiques. Plus de pépins, qui l'avaient perturbé durant la saison avec notamment une cheville qui couinait (forfait avant son quart au Masters 1000 d'Indian Wells, forfait avant sa demi-finale au Masters 1000 de Montréal, abandon au 1er tour à Wimbledon, forfait avant les Masters 1000 de Miami et Monte-Carlo). Et cela change tout. 

Le chiffre 3 en porte-bonheur ?

Sans avoir à puiser dans ses réserves jusque-là, il a balayé Pablo Andujar. Le 70e mondial ne l'avait jamais battu en trois confrontations passées. Il n'a pas fait mieux pour ce 8e de finale. 1h26 pour n'inscrire que cinq jeux, l'Espagnol a été totalement dominé. Il n'a inscrit que 6 points gagnants, contre 34 à son adversaire. Adepte des montagnes russes dans sa carrière et même dans un match, Gaël Monfils se trouve donc dans un beau moment. C'est la première fois depuis 2016 qu'il disputera un quart de finale en Grand Chelem. Ce sera le 9e de sa carrière. Face à lui, Matteo Berrettini, 25e mondial, l'un des chouchous du public, vainqueur au 1er tour de Richard Gasquet en quatre sets. "Ca va être un gros match", a averti le 13e mondial face à un joueur qui "sert super bien, a un super coup droit et surtout est très agressif. Il est dans le top 20. Il a gagné deux tournois cette année. Limite, on ne le mettait pas favori contre Rublev". Mais ce sera bien lui en face, sur le court Arthur-Ashe, et ses 20 000 spectateurs certainement bien chauds devant ces deux jeux spectaculaires: "Quand je rentre sur ce court je kiffe. J'ai des frissons mais de kiffe quoi. Je me dis 'c'est incroyable, la chance de pouvoir jouer dessus'", s'enthousiasme le Français. "Moi, j'ai vécu des matches de dingue sur ce court, de beaux matches, de belles victoires, de grosses défaites, des défaites qui font un peu plus mal, des matches au panache. Pour moi, c'est un beau terrain, un beau match en perspective, à moi d'être prêt: ça va être un beau quart de finale".

Le Transalpin disputera son premier quart en Grand Chelem. Mais le Français espère bien ne pas le laisser découvrir le dernier carré et devenir ainsi le 2e Italien à atteindre ce niveau (après Barazzutti en 1977), pour retrouver lui-même un stade en Grand Chelem qu'il n'a plus atteint depuis 2016. C'était déjà à l'US Open. A 33 ans, il pourrait disputer sa 3e demi-finale en carrière, 3 ans après la dernière. Le chiffre 3 lui portera-t-il bonheur ?