Julien Benneteau
Julien Benneteau a signé une belle victoire contre Berdych | AFP

US Open : Clap de fin pour Julien Benneteau, désormais retraité après son élimination à New York

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A 36 ans, Julien Benneteau a disputé son dernier match sur le circuit, en s'inclinant jeudi face à l'Allemand Struff (6-2, 4-6, 6-1, 3-6, 6-3), lors du deuxième tour de l'US Open. "Bennet" n'est plus joueur de tennis: il a désormais pleinement endossé ses habits de capitaine de l'équipe de France de Fed Cup.

D'inarrêtables larmes. C'est certainement cette image que le grand public retiendra de Julien Benneteau. C'était il y a moins d'un an, au stade Pierre-Mauroy, et le natif de Bourg-en-Bresse n'avait pas réussi à retenir son émotion lors de la 2e journée de la finale de la Coupe Davis contre la Belgique. Un match qu'il rêvait de jouer, et qui lui a été refusé, pour privilégier la paire de double Gasquet-Herbert.

Les larmes de Benneteau lors du double de la finale de Coupe Davis

"La Coupe Davis, un rêve d'enfant"

Les fans de tennis, eux, retiendront son courage, dont il a toujours fait preuve. C'est ce qui lui avait permis de se sortir de deux années de galère, après une blessure, pour prétendre à une place de titulaire dans cette finale en forme d'aboutissement de carrière. Une fois séchées les larmes de déception du samedi et celles du bonheur du dimanche, il glissait: "C’est un rêve d’enfant. J’ai une chance incroyable d’avoir réalisé un rêve d’enfant, pas forcément de la manière dont on aurait voulu, mais il est réalisé. On est des privilégiés de réaliser un rêve d’enfant."

Un palmarès fourni en double, vierge en simple

Lui n'a pas eu le privilège d'avoir le talent d'un autre trentenaire encore sur le circuit, de quatre mois son aîné: Roger Federer. Il n'en était pas démuni pour autant. Champion du monde de double en junior après avoir notamment gagné l'US Open junior et de l'Orange Bowl avec Nicolas Mahut, Julien Benneteau a, chez les seniors, été sacré à Roland-Garros (avec Roger-Vasselin) et atteint la finale à Wimbledon, sans oublier une médaille de bronze aux Jeux Olympiques de Londres (avec Richard Gasquet). Bon relanceur, contreur, très bon physiquement, il était un joueur agressif à l'aise au filet. En double, cela lui a permis d'atteindre le 5e rang mondial, avec 12 titres au compteur. Il n'a pas connu une réussite similaire en simple. Au mieux, il a été 25e mondial, mais na jamais réussi à soulever le moindre trophée de vainqueur. 

Avec Nicolas Mahut, complice de toujours

Pourtant, il a connu quelques grands moments en solitaire. On pourra citer son Roland-Garros 2006 où il a atteint les quarts de finale (meilleur résultat en Grand Chelem), avec ses deux victoires sur Baghdatis (19e mondial) puis Stepanek (11e mondial) à chaque fois en plus de 3h30. Il faut aussi se souvenir de sa défaite au 3e tour à Wimbledon en 2012 contre Roger Federer, maître des lieux, après 5 sets et 3h34 de combat. Ou encore son Bercy 2017, lorsqu'il avait atteint les demi-finales après avoir notamment battu Goffin. Et évidemment son dernier match à Roland-Garros, cette année, contre Juan Martin Del Potro.

Les adieux de Benneteau à Roland-Garros

Mais ce fou de sport garde certainement les plus belles images de sa carrière dans les aventures collectives. Les JO de Londres, avec deux médailles pour la France et cette embrassade sur le gazon de Wimbledon avec Richard Gasquet, et bien évidemment la Coupe Davis. Il l'a découverte sur la pointe des pieds, pour y prendre part en 2010 lors de l'aventure conclue par une finale perdu à Belgrade contre la Serbie de Djokovic. Il l'a quittée sept ans plus tard, sur le premier succès français depuis 17 ans, le 10e de l'histoire.

La boucle est bouclée. Mais elle ne va pas s'arrêter là. En étant nommé capitaine de Fed Cup, Julien Benneteau va continuer à faire entendre sa voix grave pour faire respecter le sens du collectif dans un sport individuel. Homme au franc parler, il a d'ailleurs combattu jusqu'au bout la Coupe Davis ancienne version.