Rafael Nadal
Le joueur espagnol Rafael Nadal | AFP - AL BELLO

Nadal la chasse aux records se poursuit

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Rafael Nadal est entré un peu plus dans la légende du tennis ce lundi soir à New York en remportant le deuxième US Open de sa carrière, le 13e Grand Chelem pour lui. A 27 ans, le Majorquin est plus que jamais en lice pour collectionner les records.

 

Ce qu’il a déjà accompli

Treize, un chiffre porte-bonheur

En dominant Djokovic ce lundi à New York, Nadal a fait un pas de plus dans la légende, on l’a dit. Ce pas se traduit dans les chiffres puisqu’avec 13 Majeurs, il se rapproche à un titre de Pete Sampras et à 4 du grand rival de ses débuts, Roger Federer. Il a également éloigné un peu plus la menace Djokovic qui reste bloqué à 6 titres. Sur les 15 derniers Grand Chelem, 7 ont été remportés par l’Espagnol. Ce 13e Majeur est aussi le 60e titre de sa carrière. Exactement comme André Agassi (8e), loin derrière les 109 de Jimmy Connors.

Dans les pas de Sampras

A New York, Nadal a fait grimper un peu plus son pourcentage de victoires en Grand Chelem. Il en est à 13 titres en 36 participations (soit 36%). Ce chiffre prend encore plus d’importance si l’on se base seulement sur les finales disputées puisque le Majorquin n’en a perdu que 5, soit une de plus que le recordman de la « spécialité », Pete Sampras (14 titres en 18 finales). Il rejoint d’ailleurs l’Américain à la 3e place du nombre de finales disputées en Grand Chelem, à une du Tchèque Ivan Lendl (19 finales pour 8 titres), et à six de Roger Federer (24 finales pour 17 titres). Il est également deuxième au classement du ratio victoires/rencontres en Grand Chelem (165 victoires, 23 défaites), derrière Bjorn Borg (141 victoires, 17 défaites).

Une saison record

Quand il retrouve le circuit fin janvier à Vina del Mar au Chili, après sept mois d’arrêt, Rafael Nadal ne sait pas où il en est. Huit mois après, le voilà en course pour redevenir numéro 1 mondial et en passe de réaliser la meilleure saison de sa carrière. Avec 10 titres déjà en poche (US Open, Cincinnati, Montréal, Roland-Garros, Rome, Madrid, Barcelone, Indian Wells, Acapulco, Sao Paulo) en 13 tournois disputés, il n’est plus qu’à un succès d’égaler son record sur une saison (11 titres en 2005). Plus fort encore, sur les 13 tournois disputés, il a atteint à 12 reprises la finale (à Vina del Mar battu par Horacio Zeballos et à Monte-Carlo battu par Djokovic). Seul accroc, son élimination surprise au 1er tour de Wimbledon face au Belge Steve Darcis. Zeballos, Djokovic, Darcis, seulement 3 défaites pour 59 victoires.

Comme Rafter et Roddick

En triomphant à Montreal, Cincinnati et l’US Open, Rafael Nadal rejoint l’Australien Patrick Rafter (1998) et l’Américain Andy Roddick (2003), les deux hommes à avoir réalisé le triplé nord-américain de la fin d’été, soit 22 victoires consécutives sur dur. Une surface sur laquelle il est invaincu cette saison puisqu’il avait aussi remporté Indian Wells au printemps. Une performance de plus pour lui, le « terrien ».

Djokovic, la bête noire n’est plus

En s’offrant le scalp du numéro 1 mondial à Flushing Meadows, Rafael Nadal a aussi fait bien plus que de remporter un 13e titre du Grand Chelem. Il a définitivement inversé la tendance face à Djokovic. Il y a deux ans, le Majorquin ne trouvait plus la solution face au Serbe, s’inclinant sept fois d’affilée en finale entre mars 2011 (Indian Wells) et janvier 2012 (Open d’Australie), dont trois fois en GC (Wimbledon, US Open, Open d’Australie). Cette série noire avait pris fin à Monte-Carlo en avril 2012. Depuis ce succès, l’Espagnol a dominé 6 fois le Serbe en 7 confrontations et deux fois en finale de GC (Roland-Garros 2012 et US Open 2013). Il mène désormais 22 victoires à 15 contre « Djoko ».

Ce qui lui reste à accomplir

Tout gagner

A 27 ans, Nadal a encore quelques années devant lui pour compléter son armoire à trophées. Celle-ci est déjà bien garnie mais il devra trouver de la place pour le Master et les deux Masters 1000 qui lui manquent, Miami et Paris-Bercy. A chaque fois, il a atteint les finales (3 fois en Floride et une fois à Paris et au Master), sans réussir à s’imposer. Dans la lancée de sa superbe saison, il pourrait lever deux de ces trois rendez-vous. D’abord dans la capitale française, puis à Londres en novembre. A noter que l’Espagnol est déjà le recordman de titres (26), finales (37) et demi-finales (49) de Masters 1000.

Redevenir numéro 1

Sur l’année 2013, Nadal est l’incontestable numéro 1. Dix titres on l’a dit, deux Grand Chelem, mais au classement ATP, Djokovic a réussi à conserver sa première place en se hissant en finale à Flushing Meadows. Il n’a fait que repousser l’inéluctable puisque Nadal aborde la seconde partie de l’année avec aucun point à défendre. Il apparaît impensable vue le niveau de jeu affiché et le confiance emmagasinée durant les premiers mois que Nadal ne continue pas sur sa lancée. Si son corps le laisse tranquille, ce qui est le cas depuis quelques semaines.

Dépasser Sampras, se rapprocher de Federer

Avec 13 Grand Chelem, Nadal est sur la troisième marche du podium et à 27 ans, il peut encore regarder un peu plus haut. Pete Sampras est à portée de fusil et Roger Federer n’est plus si loin. Car en gagnant à New York pour la deuxième fois après 2010, il a prouvé qu’il pouvait à nouveau s’imposer ailleurs que sur l’ocre, sa surface de prédilection. S’il venait à l’emporter en Australie en janvier prochain, il deviendrait le troisième homme de l’Histoire du tennis à remporter au moins deux fois chaque GC après Roy Emerson et Rod Laver.

Le Grand Chelem

Tous s’y sont cassés les dents. Le Federer de 2004 à 2007, le Djokovic de 2011 et même le Nadal de 2010, pour ne prendre que les plus récents (Rod Laver l’avait réussi en 1969). Dès l’année prochaine, Nadal se présentera face à cet immense défi. Il n’en fait pas une obsession mais s’il garde son niveau actuel et si son corps ne lâche pas, on ne voit pas ce qui pourrait le gêner dans sa marche vers un 9eRoland-Garros. Resterait alors à conserver son niveau actuel sur dur et à enfin retrouver la « main verte » à Wimbledon après deux échecs précoces, au 2e tour en 2012 et au 1er tour en 2013. Plus facile à écrire qu’à faire, évidemment.

Il peut rêver

Un peu comme le Grand Chelem, d’autres défis ont un sacré goût d’impossible. Il s’agirait d’abord d’égaler le record de matches gagnés par McEnroe en 1984, soit 82 pour seulement trois défaites. Après son sacre à l’US Open, Nadal est à 59 victoires, pour trois défaites. Il lui faudrait donc rester invaincu jusqu’au Master pour espérer effacer des tablettes l’Américain. Et même s’il parvenait à réussir cette prouesse, il ne battrait sûrement pas le record de titres remportés en une saison : 18 par Laver en 1960, à moins de disputer (et de remporter) des tournois de seconde zone en plus des Masters 500 et des Masters 1000. Le deuxième de ce classement est l’Argentin Vilas avec 16 en 1977. Plus proche de nous, Roger Federer en a remporté 12 en 2006. 

Benoit Jourdain @BenJourd1

US Open