Gaël Monfils face à Lucas Pouille
Gaël Monfils face à Lucas Pouille, un combat de guerriers | AFP

Monfils-Pouille, le combat des guerriers pour une demie à l'US Open

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Gaël Monfils affronte ce mardi Lucas Pouille en quarts de finale de l'US Open. A 30 ans, le premier rêve de s'offrir une deuxième demi-finale en Grand Chelem, 8 ans après la première à Roland-Garros. Tombeur de Nadal au tour précédent, le deuxième aspire à découvrir un dernier carré à seulement 22 ans. C'est la deuxième fois que les deux joueurs s'affrontent sur le circuit. A l'Open d'Australie, l'an dernier, Monfils avait gagné en cinq sets. Revue des forces et faiblesses avant ce duel.

La dynamique d​e la saison

Quart de finaliste à l'Open d'Australie sans avoir battu un membre du Top 60, éliminé au 1er tour à Montpellier, en finale à Rotterdam (par Klizan 43e mondial), Gaël Monfils a commencé à prendre son envol à partir de la tournée américaine. Deux quarts de finale à Indian Wells et Miami, il y avait du mieux. A Monte Carlo, sa finale, vaincu en trois sets par Nadal, avait redonné de l'espoir. Mais un virus l'a contraint au forfait à Roland-Garros, après des sorties prématurées à Madrid et Rome. Wimbledon n'a été qu'une petite parenthèse (comme souvent), battu d'entrée par Chardy. Ensuite, sa victoire à Washington, sa demi-finale à Toronto (battu par Djokovic après avoir dominé Raonic et Goffin), son quart aux Jeux de Rio, et désormais le troisième quart de finale à l'US Open de sa carrière, lui ont redonné une dynamique beaucoup plus positive. Au total, avant ce quart de finale, il a remporté 39 victoires pour 11 défaites.

Lucas Pouille a connu une saison relativement plus constante, qui a aussi pris son envol aux Etats-Unis au cours du mois de mars. Ferrer accroché à son palmarès pour un premier Top 10 en carrière à Miami, avec un 8e de finale à la clé comme à Monte Carlo après avoir vaincu Gasquet, une finale à Bucarest, une demie à Rome, un quart à Wimbledon (en battant Tomic, 19e mondial), et désormais son premier membre du Big Four battu, qui plus est en Grand Chelem. Nouveau joueur de Coupe Davis, il joue son deuxième quart en Grand Chelem consécutif, le 2e de sa carrière. Et une présence dans le Top 20 lui est acquise. Au total, depuis le début de la saison, il a gagné 25 matches pour 16 défaites.

Le par​cours

Gaël Monfils et Lucas Pouille ont connu une première partie d'US Open presque diamétralement opposée. Le premier n'a eu à défier aucune tête de série (Muller, Satral, Almagro, Baghdatis), pour quatre victoires en trois sets. Jamais il n'a passé plus de 2h06 sur le terrain, pour un total de 7h54 de jeu. Avec ses 8 ans de moins, Lucas Pouille a eu un vrai parcours du combattant, avec bien évidemment Rafael Nadal (N.4) en 8e mais aussi Roberto Bautista-Agut juste avant (N.15), sans oublier Chiudinelli et Kukushkin, et trois matches consécutifs gagnés en cinq sets. Jamais le jeune Français n'a fini une rencontre en moins de 2h15. Et au total, il a passé 12h54 sur les terrains de New York, soit tout juste cinq heures de plus que son adversaire. Cela comptera forcément.

Le physique

Depuis le début de sa carrière, Gaël Monfils assoit ses plus grandes victoires sur un physique incroyable. C'est un monstre, capable des plus grands rallyes de fond de court. Depuis le début de l'année, il a été renforcé par la venue dans son staff d'un préparateur physique, Gaëtan Olivier, qui semble avoir trouvé la recette pour magnifier le physique de son protégé. Et cette machine n'a pas encore eu à beaucoup s'employer durant cette quinzaine new yorkaise. Depuis qu'il s'est installé à Dubaï, notamment pour préparer sa saison au soleil comme le font les tout meilleurs mondiaux, Lucas Pouille a beaucoup progressé physiquement. Ses victoires en cinq sets lors de cet US Open, mais aussi celles conquises cette saison au forceps face à des David Ferrer, David Goffin, sont le résultat de ce coffre digne des très bons joueurs. Là-aussi, l'arrivée dans son staff de Pascal Valentini, comme préparateur physique, n'est pas étrangère à cet atout.

Le jeu

Gaël Monfils aime la filière longue. En acceptant de changer sa position de départ au service sur les conseils de son entraîneur Mikael Tillström, il s'est ajouté un service beaucoup plus constant, et encore plus performant que par le passé. Du coup, le 12e mondial écourte les échanges sur son engagement, et peut développer toute son énergie en retour. Dans le jeu, il sait tout faire, même si le jeu au filet ne sera jamais son point fort. Lucas Pouille dévoile un jeu sans doute plus complet. Et étant donné son parcours à l'US Open, il a tout intérêt à s'appuyer, comme il sait le faire, sur son service et sur son coup droit pour réduire les échanges, quitte à prendre d'avantage de risques vers le filet. 

Thierry Tazé-Bernard @thierrytaze