Monfils et Federer, tout les oppose

Monfils et Federer, tout les oppose

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Gaël Monfils et Roger Federer s'affrontent ce soir en night session sur le Court Arthur Ashe pour une place en demi-finales de l'US Open. Si le Parisien ne cache pas son admiration pour celui qu'il considère comme une légende du tennis, on ne peut pas dire qu'il s'en inspire dans sa manière de jouer, ou de se comporter sur le terrain.

Dans leur personnalité, leur style de jeu, leur préparation, tout semble opposer le Français du Suisse. La sagesse de Federer contraste avec le côté plus fou-fou de Monfils. Et cela se ressent tant sur les terrains de tennis qu'en dehors. On verra rarement l'ancien N.1 mondial jouer avec le public de Flushing Meadows comme aime à le faire si souvent l'actuel 24e joueur mondial. L'un a besoin de s'isoler, de rester maître de ses émotions, afin d'appliquer à la lettre la stratégie qu'il a adoptée, alors que l'autre a besoin de partager, de ressentir l'émotion dans le regard des autres.

L'instinct face à la raison

Monfils est un joueur instinctif, capable de réaliser des coups improbables comme ce coup droit sauté du fond de court face à Alejandro Gonzalez, au deuxième tour du tournoi new-yorkais. Très calculateur, le natif de Bâle ne boude toutefois pas son plaisir à voir jouer son prochain adversaire. "Il a facilement le potentiel pour être dans le top 10 mondial, j'aime  beaucoup le voir jouer, il m'impressionne par son côté athlétique, ses  mouvements et son superbe service", dit l'homme aux 17 titres en Grand Chelem.

Mais il sait aussi que ce qui fait la force de Monfils, à savoir son côté imprévisible, représente aussi son principal défaut. En huitièmes de finale face à Grigor Dimitrov, il a tout simplement offert le 9e jeu du deuxième set, laissant le Bulgare servir alors qu'il se dirigeait vers sa chaise. "J'avais envie de passer à autre chose", aura-t-il expliqué en conférence de presse. "Je suis quelqu'un de relax, je donne toujours le meilleur de moi-même,  mais si quelque chose ne me rend pas heureux, je ne le fais pas", admet "La Monf'".

Les chouchous de Flushing

Il est d'ailleurs le seul des quarts de finalistes à évoluer sans entraîneur, et cela dure depuis 18 mois. "Ce n'est pas que je n'en veux pas, mais ce n'est pas facile de sentir quelqu'un: il faut qu'il soit bon, dur et comprenne ma personnalité", analyse-t-il. En face, Federer qui a aussi connu des périodes sans entraîneur cherche davantage l'apport tactique que la compatibilité relationnel. S'il a fait appel à Stefan Edberg pour cette année, c'est notamment pour travailler sur sa présence au filet. Chaque choix du Suisse est donc savamment pensé, alors que ceux du Français se font dans le ressenti, dans l'instant.

Ce soir, ces deux visions s'opposent pour le plus grand plaisir des spectateurs new-yorkais qui auront bien du mal à prendre parti. Véritable mascotte du public local pour ses frasques, le show-man français espère bien séduire les fans qui prônent une vision plus classique du tennis, incarnée par Federer. Pour toutes ces raisons, ce quart de finale pourrait bien représenter l'un des matches de l'année, à condition que Monfils soit dans un grand jour.

Romain Bonte