Gaël Monfils
Gaël Monfils | STREETER LECKA / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / AFP

Monfils en clair obscur

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S'il a récupéré de sa blessure aux abdominaux qui l'a contraint à l'abandon en finale du tournoi de Winston Salem il y a trois jours, Gaël Monfils débutera ce mardi soir son US Open face au Roumain Ungur. Quel visage le Français présentera-t-il ? Celui d'un joueur capable de battre les meilleurs ou celui d'un homme aussi souvent trahi par son corps que par son mental ? Le mystère Monfils demeure...

Ce qu'il y a de bien avec Gaël Monfils, c'est qu'on ne sait jamais à quoi s'attendre. A l'instar d'un joueur comme Marat Safin dans un passé pas si lointain, mais avec un style un peu différent, le Français est capable de tout. Du meilleur comme du pire. L'un des derniers showmen du circuit est aussi imprévisible sur le court (quand il tente, et réussit, une volée à 360°) qu'en dehors où il ne cherche pas à cacher ses états d'âmes. Ses blessures physiques sont également légions et l'ont souvent éloigné des terrains. Touché au genou droit ces deux dernières années, Monfils a même quitté le Top 20 pour la première fois depuis 2007. Aujourd'hui 43e mondial, le Parisien remonte la pente. Mais les obstacles sont encore nombreux. 

Pour son premier tournoi sur dur de la saison, "la Monf" a tout simplement atteint la finale à Winston Salem, écartant au passage trois  joueurs mieux classés (les Espagnols Tommy Robredo et Fernando Verdasco ainsi  que Dolgopolov) et s'est rassuré sur l'état de la cheville qui l'avait privé  des Masters 1000 de Montréal et Cincinnati en août en raison d'une entorse. Mais le Français s'est aussi fait rattraper par ses démons en finale où, touché aux abdominaux, il a dû renoncer alors qu'il était mené par l'Autrichien Melzer (6-3, 2-1). Une blessure qui ne fait rien pour arranger son ratio de victoires en finale (4 en 19 tentatives) et qui le coupe surtout dans son élan au moment d'aborder l'US Open. 

A la mesure de sa démesure

Gaël Monfils, qui a préféré abandonner pour ne pas hypothéquer ses chances lors du dernier Grand Chelem de la saison, se voulait optimiste après sa semaine en Caroline du Nord, en dépit de cette blessure. "J'ai bien joué au tennis cette semaine, j'ai eu quelques matches difficiles à négocier mais je me suis bien senti". De quoi aborder New York dans les meilleures dispositions ? Comme souvent avec le Français, le corps décidera sûrement pour la tête. S'il est à 100% physiquement, il devrait passer sans trop de soucis l'obstacle Ungur pour son entrée en lice. Ensuite, ça pourrait déjà se corser sérieusement, l'ombre géante de John Isner se profilant dès le 2e tour. Pour Monfils il s'agirait juste d'un défi à la mesure de sa démesure. 

Julien Lamotte