Richard Gasquet
La joie de Richard Gasquet, qualifié pour les demi-finales de l'US Open | AFP - TIMOTHY CLARY

Gasquet prend sa demie à l'US Open

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Battu à huit reprises en neuf duels par David Ferrer, Richard Gasquet (N.8) a pris une sacrée revanche en dominant l'Espagnol (N.4) 6-3, 6-1, 4-6, 2-6, 6-3 en quarts de finale de l'US Open. Pour la deuxième fois de sa carrière, le Français va disputer une demi-finale en Grand Chelem (après Wimbledon 2007) face à un certain Rafael Nadal. Avec une volonté et un courage nouveaux, et le talent déjà reconnu, le Biterrois s'est battu comme un lion pour s'imposer.

Richard Gasquet a changé. Depuis plusieurs mois, les signes s'accumulaient. Sa victoire sur Raonic en 8e de finale en était un exemple de plus. Son quart de finale contre David Ferrer en a été un encore plus saisissant. Si vous aviez l'image d'un Richard Gasquet restant derrière sa ligne de fond de court, attendant la faute adverse et tentant par intermittence des coups flamboyants, vous devez voir ce quart de finale contre David Ferrer.

Car le Biterrois a énormément tenté, il a beaucoup agressé, il a délivré un nombre incroyable de revers frappés en demi-volée en allant vers le filet, bref, il a joué pour gagner. Longtemps, on pouvait lui faire le reproche de jouer pour ne pas perdre. Ce n'était pas le cas ce soir. Et en plus, face à l'un des plus grands métronomes du circuit, il a eu le courage, la solidité de ne pas baisser les bras alors que l'Espagnol avait égalisé à deux sets partout, après avoir été mené deux manches à zéro. Après près de 5h de jeu contre Raonic, il a remis ça contre cet Ibère, référence physique au plus haut niveau mondial. Sa faiblesse passée dans ce domaine semble bien loin. Jamais il n'avait remporté deux matches de suite en cinq sets. C'est désormais chose faite. Et il bat enfin l'une de ses bêtes noires.

Un festival de revers pendant deux sets

Pour vaincre le 4e mondial, le protégé de Riccardo Piatti et de Sébastien Grosjean savait qu'il ne devait pas lui laisser les commandes du jeu, qu'il ne devait pas être attentiste, bref, qu'il ne devait pas rester dans son jeu passé, celui dans lequel il se recroqueville encore parfois. Après un premier jeu où il a été contraint de sauver trois balles de break, le Français a ensuite forcé sa nature. En variant les effets, les trajectoires, il a gêné son rival, qui a en plus accumulé des fautes qui lui sont inhabituelles. Mais pour le mettre hors de position, le 9e mondial s'est surtout appuyé sur son point fort: le revers. Croisé, le long de la ligne, frappé en demi-volée pour le suivre au filet, tapé derrière sa ligne de fond de court, il a tout fait. Et tout très bien fait. Un break au 4e jeu (3-1), une première manche empochée sans plus de frayeur en 37 minutes (6-3), Richard Gasquet maintenait le cap en prenant une nouvelle fois le service de son adversaire au troisième jeu du second set. le cavalier seul lui offrait cette seconde manche (6-1) après 1h10 de jeu.

Mais cette belle envolée ne durait plus très longtemps. D'abord parce que le Français était rattrapé par la fatigue, ses déplacements étant moins précis, et ses coups forcément plus inconstants. Dans ces cas là, il se montre souvent plus attentiste. Ensuite, parce que le 4e mondial ne pouvait rester sans réaction. Menant rapidement 4-1, David Ferrer s'imaginait peut-être s'envoler, mais son adversaire n'est plus le même. S'accrochant, il revenait à 5-4, en ayant sauvé une balle de set. Néanmoins, en cinquante minutes, soit presque autant de temps que les deux premiers sets, l'Espagnol se relançait (6-4). Et il poursuivait en s'emparant du service adverse (2-1) pour lui rendre la monnaie de sa pièce (6-2). Mais encore une fois, Gasquet avait montré de beaux signes de ce nouveau combattant qu'il est: des passings-shots de folie, un service lui permettant d'effacer deux balles de double-break à 3-1, puis un jeu de 12 minutes au cours duquel il sauvait quatre balles de (4-2), se procurant lui-même 3 occasions de débreaker. Mais finalement, Ferrer gardait la main, et après 2h43 de jeu, il égalisait à deux sets partout.

La solidité du côté de Gasquet

Le cinquième set pouvait se révéler le cimetière des derniers espoirs du Français. A ce jeu de l'endurance et de la solidité, il devait être inférieur à son adversaire. Mais c'est bien lui qui était le premier et le seul à réaliser le break, au sixième jeu en profitant de trois fautes adverses, pour mener (4-2), puis (5-2), et (5-3). Sur son service, il menait d'abord 30-0, avant de voir David Ferrer revenir à 30A. Là, ce dernier envoyait un revers dans le filet, et sur sa première balle de match, Richard Gasquet envoyait un nouveau coup droit magistral pour conclure la rencontre.

Richard Gasquet, à 27 ans, se retrouve pour la deuxième fois de sa carrière en demi-finale d'un tournoi du Grand Chelem. Et il n'a jamais perdu en quarts de finale de Grand Chelem. "C'est merveilleux", se réjouissait-il sur le court. "Cette victoire signifie tellement pour moi. La première fois que j'ai  joué une demi-finale de Grand Chelem, j'avais seulement 21 ans. J'ai bien démarré le match, j'ai vu qu'il était nerveux et j'en ai profité mais David est un battant redoutable et il a fallu que je lutte, car j'étais  fatigué après mon match difficile contre Raonic. J'ai l'expérience des matches en cinq sets, j'en ai joué beaucoup dans ma carrière." Mais à ce niveau, et à ce stade d'un Grand Chelem, il n'en avait jamais gagné. 

Vidéo: Gasquet dans le dernier carré

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