Richard Gasquet
Richard Gasquet | STAN HONDA / AFP

Gasquet à la croisée des chemins

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Richard Gasquet (N.8) doit enfin concrétiser pour booster sa carrière. Le Français (27 ans) bénéficie cette année d’un tableau idéal pour monter en puissance à Flushing Meadows. Bloqué au stade des huitièmes de finale depuis 2007 en Grand Chelem, le Biterrois veut cette fois prendre son quart où il pourrait retrouver l’une de ses bêtes noires, David Ferrer (N.4).

Pour Richard Gasquet, c’est maintenant ou jamais. Tête de série numéro 8 grâce au forfait de Jo-Wilfried Tsonga, le Français est assuré d’éviter l’un des quatre premiers mondiaux avant les quarts de finale. Battu 15 fois sur 16 en huitièmes de finale dans les Majeurs, « Richie » n’a plus dépassé ce stade fatidique depuis son superbe parcours à Wimbledon en 2007 (il s’était incliné en demi-finales contre Roger Federer après avoir sorti Andy Roddick).

Belle saison

Il semble avoir cette saison les moyens de ses ambitions. Vainqueur à Doha puis à Montpellier cet hiver (ses 8e et 9e titres en carrière), demi-finaliste au Masters 1000 de Miami en mars (défaite contre Murray), Gasquet a en revanche calé dans les très grands rendez-vous (8e contre Tsonga en Australie, 8e face à Wawrinka à Roland-Garros, 16e contre Tomic à Wimbledon).

Son tableau de marche à New York lui laisse espérer un beau périple, à condition d’évoluer à son meilleur niveau, ce qu’il n’a pas semblé capable de faire cet été (défaites au 1er tour à Umag, en quarts à Montréal face à Djokovic, et d’entrée contre Isner à Cincinnati).

Parcours progressif

Gasquet a débuté sans coup férir par un succès en trois sets sur Michael Russell (6-3, 6-4, 6-2). Il affrontera demain Stéphane Robert, un adversaire largement à sa portée, avant de retrouver éventuellement Tursunov (N.32, ou Rufin) au 3e tour. Pas du très lourd, donc.

Ensuite, ça deviendrait plus coriace : Milos Raonic (N.10), finaliste à Montréal, ou Feliciano Lopez (N.23), deux bons serveurs difficiles à retourner, avant des retrouvailles possibles avec le rival honni, David Ferrer, le joueur que déteste défier Richard Gasquet.

Vaincre le signe indien

Maintenant, si le Languedocien se situe dans le quart de l’Espagnol, c’est qu’il peut se targuer d’avoir éviter les cadors du Big Four : il ne pourra pas croiser le fer avec Nadal (N.2) ou Federer (N.7) avant les demi-finales, et Djokovic (N.1) et Murray (N.3) avant la finale.

Si Gasquet doit réaliser un exploit, c’est lors de cet US Open où il a parfois manqué de réussite (échecs en cinq manches contre Ginepri et Hewitt en 8e en 2005 et 2006)  et parfois de physique (8e contre Monfils en 2010 et face à Ferrer en 2012). Le Biterrois doit se surpasser s’il veut se débarrasser de l’étiquette du bon gars qui se contente de ce qu’il a (ce qui n’est déjà pas si mal avec une place dans le Top 10).

Il a confirmé qu’il souhaitait accrocher une place pour le Masters de novembre à Londres. Cela signifie qu’il lui faut engranger des points précieux d’ici-là. Un quart à Flushing lui offrirait un bon pactole avant un automne décisif. A 27 ans, Richard Gasquet n’a plus de temps à perdre s’il veut frapper un –nouveau- grand coup dans un Majeur. En l’absence de Tsonga, il cristallise tous les espoirs tricolores. Mais n’est-ce pas trop pour ce jeune homme attachant et discret qui n’a jamais vraiment rêvé d’écraser les autres ?