Richard Gasquet
Richard Gasquet | EMMANUEL DUNAND / AFP

Gasquet défie Ferrer à Flushing

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Beau vainqueur de Milos Raonic au tour précédent, Richard Gasquet (N.8) ne partira pas favori contre David Ferrer (N.4), l’une de ses bêtes noires, ce soir en quart de finale de l’US Open. Mais les raisons d’y croire ne manquent pas pour le Français à l’état d’esprit enfin offensif.

Convaincant depuis le début de la quinzaine new yorkaise, Richard Gasquet doit encore monter d’un cran s’il veut dégager David Ferrer de son chemin. Pas une mince affaire quand on pense aux neuf précédentes confrontations entre les deux hommes.

Une victoire, huit échecs

Une seule a été remportée par le Biterrois et elle remonte à l’été 2008 au Masters 1000 de Toronto (6-3, 6-3), c'est-à-dire à l’époque où Ferrer n’était pas encore ce monstre de régularité (l’Espagnol n’a plus été battu avant les 8e de finale d’un Grand Chelem depuis Roland-Garros 2010, et il a toujours atteint –au moins- les quarts de chaque Majeur depuis Melbourne 2012).

Depuis deux ans, Ferrer est clairement le meilleur joueur du monde derrière le Big 4. Son succès au Masters 1000 de Paris-Bercy à l’automne dernier a boosté sa confiance et ses résultats sur une année lui ont permis de grimper un moment jusqu’au podium mondial (numéro 3 ATP juste après Wimbledon).

Utiliser le revers long de ligne

Pour battre un tel gladiateur au meilleur des cinq manches, Richard Gasquet va devoir abréger les échanges au maximum au risque de brusquer les choses. Il ne peut pas se permettre d’être trop attentiste sous peine de rentrer dans la filière idéale pour son adversaire au coup droit puissant et précis.

Doté d’un splendide revers long de ligne, le Languedocien va devoir en user et même en abuser afin d’éviter à son rival de dicter les points en tournant autour de son revers. Pour ça, il convient de très bien servir, en variant les effets, afin d’être le premier à prendre l’initiative. En retour de service, Gasquet devra se montrer performant et perforant, un peu à la manière d’un Nadal qui aime mettre d’emblée la pression.

Sortir Ferrer de sa filière

Sans faire systématiquement service-volée, sous peine de se faire trouer au filet, le demi-finaliste de Wimbledon 2007 aura comme objectif de jouer Ferrer en trois ou quatre coups de raquette, guère plus. Il vient de passer 4h40 sur le court contre Raonic et il sait très bien que plus le match durera, plus ça sera difficile face à un combattant hors pair qui a mis quatre heures pour se débarrasser de Tipsarevic il y a deux jours.

Arnaud Clément estime que Richard Gasquet  peut créer la  surprise. Le capitaine de  l'équipe de France de Coupe Davis, qui a servi de sparring-partner à Gasquet  mardi, pense que la chance du Français passe obligatoirement par une attitude offensive. "Il n'a pas le choix, tout comme il n'avait pas le choix contre Raonic (en  8e de finale), a expliqué Clément. Il fallait le bousculer, il fallait le bouger, il fallait l'empêcher de prendre le jeu à son compte. Et là ça sera la même chose, avec des styles de jeux complètement différents bien sûr. Mais cette idée restera la même: faire des choses, faire des choses le premier,  modifier le sens des échanges avant son adversaire."

Clément : "Richard a les armes"

"En tout cas, Richard a les armes avec la variété de coups qu'il peut  réaliser. Ce qui est compliqué avec ce joueur-là, c'est de le faire au bon  moment et dans le bon timing pour trouver les failles", a-t-il souligné.

"C'est un joueur qui est extrêmement accrocheur, qui ne lâche pas  un point du début à la fin. On a pu le voir au tour précédent, où il est revenu à chaque fois avec des breaks, il sauve des  balles de set, il se sort de moments très critiques, et il est toujours là. Il  a énormément progressé avec son jeu ces dernières années, notamment au service  et au filet où il vient plus volontiers finir les échanges".

Mieux vaut Ferrer que Djoko, Nadal ou Murray

Pour autant, le capitaine des Bleus, qui a lui-même joué un quart de finale  à l'US Open (en 2000 contre Lleyton Hewitt) refuse de penser que Gasquet  fera un complexe. "Une bête noire, c'est quelqu'un qu'on a jamais battu, dit-il. Mais Richard a battu Ferrer. Il a les clés. Il l'a gêné plusieurs fois. Le match de l'année dernière ici-même (en 8e de finale), où Richard a été à deux doigts de remporter les deux premiers sets m'encourage à penser que Richard peut faire beaucoup de choses et qu'il en est persuadé."

Et de terminer par une boutade non dénuée d’arrière-pensée : "Richard n’a jamais perdu en quarts de finale d’un tournoi du Grand Chelem". Pour rejoindre Cédric Pioline, dernier Français dans le dernier carré à Flushing Meadows (battu en 1999 par Todd Martin après un quart homérique face à Guga Kuerten), Gasquet devra sortir le grand jeu. Il en semble cette fois capable contre la moins forte des quatre têtes de série du tableau.