Flushing Meadows : Tsonga, le tremplin ou le déclin

Flushing Meadows : Tsonga, le tremplin ou le déclin

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Jo-Wilfried Tsonga n’aborde pas l’US Open dans les meilleures conditions. En panne de résultats depuis quelques mois, le leader du tennis tricolore vacille sur son trône national même si aucun compatriote ne semble en mesure de reprendre le flambeau. Le Manceau est très attendu à Flushing Meadows et il espère un rebond susceptible de le relancer pour la fin de saison et notamment la Coupe Davis, son principal objectif désormais.

Comment passer d’un hiver prometteur à un été mollasson ? Jo-Wilfried Tsonga essaie encore de trouver la raison. Très solide en janvier-février avec notamment un quart de finale à Melbourne (battu par Stan Wawrinka) et deux titres en indoor à Rotterdam –où il sort Marin Cilic et décroche la 400e victoire de sa carrière face à Tomas Berdych- et Marseille (succès contre Nick Kyrgios et Lucas Pouille), le numéro 12 mondial a ensuite sombré malgré un sursaut la semaine précédent Roland-Garros lorsqu’il s’est adjugé son premier tournoi sur terre battue, à Lyon devant Berdych.

Papa blessé

Les raisons sont mentales et physiques. Sa compagne Noura a donné naissance en mars à un petit garçon prénommé Shugar (en référence à Ray Sugar Leonard, l’idole de son papa) ce qui a forcément changé ses priorités, le tennis passant au second plan comme il l’a dit lui-même à plusieurs reprises. Puis le Sarthois s’est blessé à l’épaule début mai, peu avant le Masters 1000 de Madrid.

Il n’a donc disputé que le tournoi de Lyon avant Roland-Garros et s’est fait sortir d’entrée aux Internationaux de France par l’Argentin Renzo Olivo après avoir mal gérer la suspension du match par la nuit (un jeu seulement disputé le lendemain pour une défaite inattendue en quatre manches, la première au 1er tour Porte d’Auteuil depuis 2005). Pareille mésaventure s’est reproduite contre Sam Querrey à Wimbledon où Tsonga comptait déjà se relancer (échec en cinq sets serrés qui a énervé le Manceau au plus haut point).

De mieux en mieux à Flushing

Plus à l’aise à New York qu’en début de carrière, même si c’est le seul Majeur où il n’a pas atteint les demi-finales, le Français (32 ans) espère profiter des forfaits de Stan Wawrinka, Novak Djokovic et Kei Nishikori pour s’illustrer de nouveau après ses trois quarts de finale dont deux en 2015 et 2016 (perdus face à Cilic et Djokovic après celui de 2011 concédé à Roger Federer).

Tête de série N.9 à Flushing, Jo-Wilfried Tsonga n’évitera pas un huitième de finale compliqué (s’il y arrive). Atteindre les quarts voire rejoindre le dernier carré relèverait de la performance après cette saison difficile où le meilleur joueur français de la décennie n’a pas franchi le cap du deuxième tour en Masters 1000 (cinq échecs à ce niveau !).

Soulever la Coupe Davis: le Graal

Un compétiteur de sa trempe ne peut se résigner à un inéluctable et long déclin. Le finaliste de l’Open d’Australie 2008 (bientôt 10 ans) sait que ses chances de remporter un tournoi du Grand Chelem s’amenuisent au fil des ans. Pour beaucoup, cela paraît même impossible. Mais un beau parcours à l’US Open reboosterait Tsonga avant la demi-finale de la Coupe Davis mi-septembre entre la France et la Serbie (sans Djokovic) à Lille.

Retourner en finale et tenter d’y décrocher la timbale : voilà l’objectif du papa trentenaire pour la fin 2017. Il sera temps ensuite d’envisager l’avenir et les dernières années d’une carrière plus qu’honnête (5e mondial en 2012, 15 sacres ATP soit le deuxième meilleur total pour un Français dans l’ère open derrière Cap’tain Noah). Quoi qu’on en dise.

Grégory Jouin @GregoryJouin