Roger Federer
Roger Federer | AFP - CARL COURT

Federer joue gros à Flushing Meadows

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Roger Federer est-il en train de faire la saison de trop ? Vainqueur d’un seul (petit) tournoi cette saison (à Halle), très décevant en Grand Chelem, le Suisse va disputer l’US Open à quitte ou double. En cas de contre-performance, il pourrait même se retrouver éjecter du top 10 en fin d’année.

Après 10 ans passés dans le Top 3 dont la moitié en tant que leader du tennis mondial, Roger Federer amorce-t-il vraiment le déclin annoncé par maints observateurs depuis quelques temps ? Poser la question n’est pas manquer de respect au probable plus grand joueur de l’ère Open.

La saison de trop ?

On est simplement en droit de se demander si le Bâlois n’effectue pas la saison de trop, à 32 ans. Un joueur de sa trempe peut-il se permettre de mal terminer, de reculer petit à petit au classement ATP, et de subir des défaites comme celles contre Sergiy Stakhovsky au deuxième tour à Wimbledon, ou celle face à Daniel Brands au premier tour à Gstaad ?

En fait, tout le monde souhaite voir l’homme aux 17 levées du Grand Chelem achever sa carrière en apothéose, à la Pete Sampras (l’Américain avait dominé son compatriote Andre Agassi en finale de l’US Open 2002). Mais cela ne se programme pas et Sampras himself n’avait gagné aucun tournoi entre Wimbledon 2000 et son ultime triomphe à New York.

Il a quitté le Big Four

Depuis janvier, Federer a alterné le correct et le médiocre (pour un champion de sa trempe), de sa demi-finale à Melbourne (contre Murray) à son échec contre Nadal en quarts de finale à Cincinnati, de sa défaite face à Benneteau à Rotterdam à celle contre Tsonga sur la terre battue parisienne. Il a en a profité pour enregistrer sa 900e victoire en carrière (contre Simon en 8e à Roland-Garros) mais a vu sa formidable série de 36 quarts de finale consécutifs arrêtée fin juin sur le gazon londonien.

Il ne semble plus capable de rivaliser sur la durée avec le trio majeur de l’ATP, et penser qu’il puisse reconquérir le trône paraît carrément utopique (il pointe cette semaine au 7e rang à l’ATP). Maintenant, deux éléments abondent en sa faveur.

Rio 2016, si loin

Federer  est déjà revenu du diable vauvert alors qu’on le croyait mal en point en s’adjugeant Wimbledon en 2012 (en battant Djokovic puis Murray). Ensuite, il va aborder Flushing débarrassé de ses problèmes de dos, sur une surface qu’il affectionne (il a remporté l’US Open à cinq reprises). Enfin, l’automne se dispute en indoor et le jeu de l’Helvète se prête admirablement à ces conditions parfaites, sans perturbation extérieure (vent, pluie, bruit).

Les prochaines semaines seront cruciales pour le Maestro qui a toujours dit qu’il aimerait poursuivre jusqu’aux Jeux Olympiques de Rio, à l’été 2016. Federer n’a plus trop le droit à l’erreur s’il veut faire perdurer l’image d’excellence qui lui colle légitimement à la peau depuis une bonne décennie.