Entre risque sanitaire et forfaits, l'US Open peut-il être maintenu ?

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Auteur·e : Julien Lamotte
Arthur Ashe Stadium
Le stade Arthur Ashe à New York | STAN HONDA / AFP

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Même si la ville de New York connait une baisse du nombre de cas positifs au Covid-19, l'état général de la situation sanitaire aux Etats-Unis, ainsi que les conditions dans lesquelles se déroulerait le Grand Chelem américain, rebutent de plus en plus de joueurs. Parmi eux, Rafael Nadal semble avoir fait une croix sur Flushing Meadows, alors que Novak Djokovic, comme la plupart des joueurs européens, émet des doutes quant à sa participation.

L'US est de moins en moins open. Prévue à huis clos du 31 août au 13 septembre prochain, la quatrième levée du Grand Chelem, mais la deuxième en cette année particulière, aura-t-elle lieu ? Et si oui, dans quelles conditions et avec quels joueurs ? A l'heure où les Etats-Unis enregistrent ces derniers jours environ 60 000 cas quotidiens positifs au coronavirus, il semble difficilement concevable d'envisager le maintien de la compétition. Pourtant, selon le site du quotidien espagnol Marca, l'ATP vient d'annoncer qu'elle allait convoquer l'ensemble des joueurs afin de les informer sur l'évolution de la situation en visioconférence Zoom. Derrière cette sensibilisation, il faut bien sûr voir la volonté de l'ATP de rassurer les éventuels participants et surtout de les convaincre de se rendre à New York. 

Car, depuis plusieurs heures, les réticences se multiplient et assombrissent le ciel new-yorkais. Parmi elles, l'ombre gigantesque de Rafael Nadal. Le tenant du titre, qui jusqu'ici se retranchait derrière "le temps de la réflexion", semble avoir pris sa décision. Filmé ce lundi en train de s'entraîner sur la terre battue de son académie à Majorque, il avait juste auparavant répondu à un tweet de son ami Feliciano Lopez en lui confirmant qu'il serait bel et bien présent au tournoi de Madrid qui débute le lendemain de la finale de l'US Open. 

Certes, ce n'est pas encore un forfait officiel et on peut très bien imaginer un aménagement spécial des organisateurs du tournoi madrilène pour faire débuter Nadal le plus tard possible. Mais la tendance serait plutôt clairement pour une impasse de l'Espagnol à NY. Une hypothèse d'autant plus plausible que ce dernier, après Madrid, doit enchaîner avec les tournois sur terre de Rome et Roland-Garros... 

Djokovic entretient le doute

Après le forfait pour le reste de la saison de Roger Federer, le cas de Novak Djokovic engendre à peine plus d'optimisme quant à sa présence sur le ciment new-yorkais. Le Serbe, qui se remet d'une "véritable chasse aux sorcières" selon ses propres mots après la polémique née de l'organisation plus que controversée de l'Adria Tour, réserve pour le moment sa réponse. "Je ne sais toujours pas si je vais jouer l'US Open. Je ne jouerai certainement pas Washington (14 au 20 août) mais Cincinnati reste dans mes projets (22 au 30 août)", a ainsi confié le N.1 mondial. à la BBC. 

Si New York n'est plus considérée à l'heure actuelle comme une zone à risques contrairement à d'autres états comme la Floride, où vivent et s'entraînent de nombreux joueurs, la pandémie qui sévit sur l'ensemble du territoire américain a insinué le doute dans l'esprit de tous les joueurs, et particulièrement celui des Européens. Lucas Pouille et Simona Halep ont d'ores et déjà fait savoir qu'ils ne feraient pas le voyage tandis que d'autres, comme Stefanos Tsitsipas, évoquent leurs craintes. "C'est du 50-50", dit le Grec, toujours à la BBC. "Bien sûr j'ai envie de jouer mais si notre santé est en danger, je pense que les organisateurs doivent l'annuler l'US Open"

"Cela dépend de tellement de paramètres", observe quant à lui Pierre-Hugues Herbert dans L'Alsace. "En premier lieu, bien sûr, de la situation sanitaire à ce moment-là. Pour l’instant, et contrairement à ce qu’espéraient les organisateurs, ça ne va pas en s’améliorant, c’est le moins qu’on puisse dire. En septembre, il faudra aussi voir si on pourra revenir des États-Unis sans avoir à observer une période de quarantaine. Si on risque d’être bloqué au retour, ça dissuadera énormément de joueurs de faire le voyage”.

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La Grosse Pomme de la discorde

David Goffin partage cet avis. "Cela ne sent pas bon pour le moment mais cela peut changer. Nous avons droit à un accompagnant voire deux, ce qui n’est pas simple également", déclare le Belge à Sky Sports, en même temps qu'il soulève un autre problème, celui des conditions extrêmement strictes prévues pour ce tournoi. Pour garantir leur sécurité et leur santé, les joueurs seront isolés et leurs déplacements et leur encadrement imités au strict nécessaire. Des mesures excessives pour certains, dont Dominic Thiem qui a fait part de son mécontentement au média autrichien Krone : "À mon avis, c’est une terrible erreur. Ils devraient nous autoriser à amener trois ou quatre personnes. Il est très risqué de se rendre à des tournois aussi importants sans son propre kinésithérapeute. La figure de l’entraîneur est également très importante et il est très compliqué de devoir choisir entre l’un ou l’autre pour vous accompagner dans ces tournois". 

Bref, les avis divergent et les joueurs peinent à faire entendre une voix commune, divisés qu'ils sont par trop d'intérêts différents pour se mettre à l'unisson devant une crise sans précédent. A ce rythme et s'il a bien lieu, l'US Open qui, par une vilaine ironie du sort, se dispute au Flushing Meadows - Corona Park, risque de virer à la mascarade et de créer des tensions importantes au sein même de la communauté des joueurs.