"En tirer une leçon" : les excuses de Novak Djokovic, exclu de l'US Open après avoir envoyé une balle sur une juge

Publié le , modifié le

Auteur·e : Loris Belin
Novak Djokovic auprès de la juge de ligne frappée par la balle envoyé par mégarde par le Serbe durant le huitième de finale de l'US Open
Novak Djokovic auprès de la juge de ligne frappée par la balle envoyé par mégarde par le Serbe durant le huitième de finale de l'US Open | AL BELLO / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / GETTY IMAGES VIA AFP

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Exclu de l'US Open pour avoir envoyé involontairement une balle sur une juge de ligne lors de son huitième de finale, Novak Djokovic s'est excusé sur les réseaux sociaux dans la nuit de dimanche à lundi. Le N.1 mondial a assuré se sentir "vraiment triste et vidé" par cet incident si coûteux, mais heureusement finalement pas dramatique. Outre celle du Serbe, les réactions ont été nombreuses dans le monde du tennis suite à cet incident.

Une grosse bêtise et de plates excuses. Novak Djokovic a sans doute passé l'une des pires journées de sa carrière dimanche à New York. En une seconde d'égarement, l'incontestable numéro un mondial, invaincu cette année et grandissime favori de cet US Open déjà très particulier a tout fichu par terre. Ou plutôt dans la tête d'une juge de ligne, sur la trajectoire du jet plein de frustration du Serbe, synonyme de disqualification réglementaire du match. Contre Pablo Carreño Busta, Djokovic a vu son parcours se terminer avec fracas en huitième de finale. Après l'émoi sont venus les remords. 

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"Je présente mes excuses à l'US Open et à tous ceux affectés par mon comportement (...) Je suis désolé", a écrit le Serbe sur ses réseaux sociaux dans la soirée de dimanche. Sans passer par la case conférence de presse qu'il a évincée, le patron du circuit mondial a laissé passer l'orage médiatique mais pas les questionnements sur son attitude après son geste d'humeur. Djokovic ne le cache pas, il sort "vraiment triste et vidé après cette histoire". "J'ai pris des nouvelles de la juge de ligne et le tournoi m'a dit que, grâce à Dieu, elle se sent bien. Je suis extrêmement désolé de lui avoir causé autant de stress. C'était totalement involontaire. C'était absolument mal", a-t-il poursuivi dans son acte de contrition.

"Avancer en tant que joueur de tennis et en tant qu'être humain"

Habituellement sujet aux sautes d'humeur et à un tempérament bien trempé, l'homme aux 17 tournois du Grand Chelem n'avait jusque-là obtenu que des avertissements, voire des jeux de pénalité, et quelques inimitiés parmi les passionnés de la petite balle jaune. Mais jamais encore, il n'avait commis l'irréparable, même s'il en était déjà passé proche à Roland-Garros, quand en 2016, sa raquette balancée de colère au sol était passée à deux doigts d'un ramasseur de balle. Après avoir longuement débattu sur le court pour espérer éviter le couperet – "Vous allez choisir de m’exclure pour ça ? Malgré ma carrière, un Grand Chelem, le court central ?" avait-il lancé à l'arbitre - Djokovic n'a cette fois pas tenté de discuter de sa sanction. Mais plutôt de penser à l'après, déjà, pour vite digérer une page embarrassante. "Quant à ma disqualification, il faut que je fasse une introspection et que je travaille sur ma déception afin d'en tirer une leçon pour avancer et me développer en tant que joueur de tennis et en tant qu'être humain."

Sa volonté de changement n'a toutefois pas ému l'US Open, qui s'est fendu d'un communiqué sans sentiment pour rappeler qu'outre ses nerfs, Djokovic avait aussi perdu "tous ses points au classement ATP obtenus durant le tournoi" et sera puni d'une amende "à la hauteur de son cash prize récolté" en plus de celles qui pourraient être liées à l'incident. Son absence volontaire devant les caméras après la rencontre pourrait aussi lui coûter jusqu'à 20 000 dollars.

Son adversaire du soir, Pablo Carreño Busta, a approuvé la décision prise par les officiels de disqualifier Djokovic, mais s'est toutefois abstenu d'accabler son adversaire après le match. "Je pense que ce n'était pas intentionnel, a réagi la tête de série N.20 du tournoi dans des propos rapportés par Eurosport. Je ne pense pas que l'un d'entre nous, les joueurs, puissions faire ce genre de choses de manière intentionnelle. […] Novak est un grand joueur et une grande personne. Je pense qu'il ne voulait pas que cela arrive. C'était une affaire de malchance pour la juge de ligne." De la malchance, et un scénario ficelé en à peine quelques minutes. A 4-5, Djokovic avait bénéficié de trois balles de break et de set, la première étant sauvée d'un cheveu sur la ligne par l'Espagnol avant que ce dernier ne renverse tout et ne breake ensuite à 6-5, déclenchant l'ire du numéro un mondial.

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Ce coup de sang a provoqué la consternation et la surprise générale dans le monde du tennis. Carreño Busta et Boris Becker, ancien coach et toujours proche de Novak Djokovic, se sont dit "choqués" de l'incident. Un autre personnage de la planète ATP s'est toutefois volontiers amusé de la situation. Jamais à court d'un bon Tweet pour amuser la galerie, surtout quand il s'agit de taquiner Djoko, l'Australien Nick Kyrgios a lancé un sondage sur Twitter pour savoir combien d'années de suspension il recevrait s'il avait commis la même erreur. Ce à quoi le tennisman américain Tommy Paul a répondu : "On te sortirait de prison là."

Parti en un éclair et en coup de vent de l'US Open, Novak Djokovic n'a pas fini de faire parler. Le Djoker a montré son pire visage avant de repartir de Flushing Meadows au volant de son bolide noir façon Batmobile. Mais dans le costume du vilain.

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