Novak Djokovic
Novak Djokovic, l'homme élastique | EMMANUEL DUNAND / AFP

Djokovic, une année en demi-teinte

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Défait par Rafael Nadal en finale à Flushing Meadows, Novak Djokovic a mal conclu une année en Grand Chelem pourtant très bien entamée avec un titre à Melbourne. Toujours placé mais moins gagnant que lors de sa formidable année 2011, le Serbe va perdre sa place de numéro 1 mondial avant la fin de l’année. Un rebond est attendu.

Vainqueur de seulement trois tournoi cette saison (Open d’Australie, Dubai, Monte Carlo), Novak Djokovic semble marquer le pas après deux années flamboyantes tant en terme de jeu que de résultats (10 sacres en 2011, 6 en 2012).

6 grandes finales perdues sur 12

Le Belgradois a raté son principal objectif de l’année : une victoire à Roland-Garros. Battu sur le fil lors d’une demi-finale d’anthologie contre Rafael Nadal sur la terre ocre parisienne, « Nole » n’a pas vraiment digéré cet échec, ne remportant aucun titre depuis avril. Il s’est incliné logiquement contre Andy Murray en finale à Wimbledon et vient donc de lâcher l’US Open contre son grand rival espagnol qui a clairement repris l’ascendant dans leurs confrontations (22 à 15 et 6/7 depuis l’inoubliable finale de Melbourne 2012 enlevée par le Slave).

Lors de cette finale new yorkaise, Djokovic a retrouvé par moments la puissance et la précision de ses coups de 2011, lorsqu’il avait réalisé le Petit Chelem. Intraitable en défense, impérial en coup droit et incisif en revers, le Serbe a écoeuré Nadal entre le début du deuxième set et le milieu de la troisième manche, lorsqu’il a manqué l’opportunité de mener 3-0, double break.

Brillant de façon sporadique

Spectaculaire par intermittence, l’homme aux quatre sacres australiens a clairement manqué de constance pour rivaliser au meilleur des cinq sets avec l’ogre majorquin, revenu à son meilleur niveau. Or, sans régularité, Djokovic redevient prenable, même pour des joueurs moins bien classés que Nadal.

Il s’est ainsi incliné cette année contre Del Potro à Indian Wells, Haas à Miami, Dimitrov à Madrid, Berdych à Rome ou Isner à Cincinnati, loupant ainsi le challenge ultime de s’adjuger (au moins) une fois tous les Masters 1000. Aucune de ses défaites n’est en soi déshonorante, mais Djokovic nous avait habitué à mieux depuis sa victoire en Coupe Davis 2010, le vrai déclic de sa carrière.

Loin de Federer et Nadal au palmarès

Lauréat de six titres du Grand Chelem (comme Edberg et Becker), le numéro 1 mondial compte également six revers dans les grandes finales (dont quatre à Flushing), ce qui est franchement moyen par rapport à ses rivaux, Murray excepté (2/7). Federer compte par exemple 17 Majeurs pour 24 finales disputées, et le pourcentage de Nadal est encore meilleur (13/18).

Même s’il reste sur une série de 14 demies (au moins) consécutives dans les grands rendez-vous (juste derrière Federer, 26), « Djoko » ne parvient pas à faire fructifier autant qu’il le voudrait son beau palmarès (37 titres sur le circuit). A seulement 26 ans, il lui reste normalement quelques belles années pour dépasser McEnroe et Wilander (7 Majeurs), Connors, Lendl et Agassi (8) voire Laver et Borg (11). Rejoindre voire dépasser le trio Nadal (13), Sampras (14), Federer (17) lui semble en revanche inaccessible. A moins bien sûr de rejouer comme en 2011.