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Peut-être un nouveau duel entre Rafael Nadal et Novak Djokovic lors de l'US Open 2015 ? | AFP

Djokovic-Nadal : Duel de gros durs

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Les deux meilleurs joueurs de la planète s’affrontent en finale de l’US Open. Novak Djokovic, N.1 mondial, jouera sa 4e finale consécutive à Flushing Meadows. Une de mieux que son adversaire Rafael Nadal, N.2 au classement ATP. Une finale qui augure un formidable spectacle au vu des récentes rencontres entre les deux hommes.

Pouvait-on rêver mieux ? L’US Open, dernier Grand Chelem de la saison, offre une opposition majuscule entre le N.1 mondial Novak Djokovic et son dauphin Rafael Nadal. Gâté, le public du Central Arthur-Ashe assistera à un moment historique quoiqu’il arrive. Dans l’ère Open, jamais aucuns joueurs ne s’étaient rencontrés autant de fois que le Serbe et l’Espagnol. Outre le titre Majeur qu’elle offrira à son vainqueur, cette 37e confrontation entre les deux hommes revêt de nombreux enjeux.

Nadal invaincu sur dur cette saison

Invaincu sur dur cette saison (21 victoires), Rafael Nadal réaliserait le hat-trick américain (Toronto, Cincinnati) en cas de victoire à New-York. Une performance que n’ont réalisée que Pat Rafter (1998) et Andy Roddick (2003) avant lui. Trop souvent cantonné à son incroyable talent sur terre battue, le Majorquin a travaillé pour élargir sa palette. "Il joue mieux qu'avant, témoigne le Français Richard Gasquet, qui n'a pas eu l'ombre d'une chance en demi-finale. Il tape plus fort dans la balle, il  prend plus tôt en coup droit. Il sert mieux. C'est un joueur qui progresse, ça se voit." S’il détruit tout sur son passage cette saison sur dur, le taureau de Manacor avait déjà de belles dispositions sur cette surface puisqu’il compte un titre à l’US Open et à l’Open d’Australie. Sans oublier deux finales aux Etats-Unis et une aux antipodes, depuis 2010. Bourreau de Djokovic cette année-là à Flushing Meadows, Rafa a subi la loi du Djoker l’année suivante. Sans sa blessure la saison passée, il aurait pu être à nouveau le challenger du Serbe sur le Central Arthur-Ashe.

Depuis leur affrontement outre-Atlantique il y a trois ans, les deux hommes ne se lâchent plus. "On a toujours joué des matches excitants, assure Nadal. Quand on joue, c'est à un très haut niveau et chacun force l'autre à repousser ses limites." De Wimbledon 2011 à Roland-Garros 2012, ils ont même croisé le fer lors des quatre finales de Majeur. A l’Open d’Australie 2012, leur affrontement avait atteint des sommets d’intensité. Au terme de 5h53 d’un duel homérique, Djoko était sorti vainqueur. C’était le temps où Djokovic était la bête noire de Nadal. D’Indian Wells 2011 à Monte Carlo 2012, le protégé de Marian Vajda et Wojtek Fibak a fait mordre la poussière à l’élève de Toni Nadal sept fois consécutivement. Une époque désormais révolue.

Même s’il jouera sa quatrième finale d’affilée à l’US Open cette année, Novak Djokovic semble moins fort que son adversaire. "Il ne fait aucun doute que Rafa est le meilleur joueur du monde à l'heure  actuelle, le plus grand défi qui soit dans le tennis, reconnaît Djokovic . Il n'a jamais aussi bien joué sur dur, alors que ce n'a jamais été sa surface favorite." A vrai dire, l’Espagnol n’a connu qu’un accroc cette saison, lors de son élimination au 1er tour de Wimbledon. Revenu en février, il n’a perdu que 3 matches pour 59 victoires. Un véritable retour en force, symbolisé par ses 3 succès en 4 rencontres avec son rival serbe cette saison. Si Djokovic mène 9-4 dans leurs affrontements sur dur, Nadal a remporté 6 de leurs 7 dernières oppositions.

Djokovic est à la peine sur sa surface favorite

A New-York, l’ancien N.1 mondial a laissé une meilleure impression que l’actuel propriétaire du trône planétaire. Bousculé par Kolschreiber en 8e, l’octuple vainqueur de Roland-Garros a marché sur Robredo et Gasquet pour rallier la finale. A l’inverse, celui qui vise un 7e titre du Grand Chelem a connu un parcours sans encombre avant de friser la correctionnelle en demie contre Stan Wawrinka. Mené 1 set 0 puis 2 manches à 1, le Serbe s’est estimé chanceux de s’en sortir. « Cette surface est celle où je me sens le mieux, le plus en confiance, rappelle malicieusement le Djoker. Et Arthur-Ashe est le court où j'ai connu le plus de succès après le central de l'Open d'Australie." A l’image de leur dernier affrontement en Grand Chelem, en demi-finale des Internationaux de France, les deux hommes devraient livrer une bataille intense et indécise. Dans cet océan de chiffres et d’inconnues, une seule chose est certaine : le lauréat grandira le cercle des huit joueurs de l’ère Open à compter au moins deux titres dans le Majeur américain. Une nouvelle distinction pour ces deux joueurs d’exception.

Jerome Carrere