Cette fois, c'est sûr, l'US Open, c'est bien le tennis d'après

Publié le , modifié le

Auteur·e : Loris Belin
Alexander Zverev.

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Après l'acte de la tragédie Djokovic dimanche soir à l'US Open, place aux conséquences. Alors que le tableau masculin était déjà grandement ouvert en raison des absences des cadors comme Rafael Nadal et Roger Federer, il est désormais inédit et offrira un nouveau vainqueur du Grand Chelem. Dans la bulle de Flushing Meadows, le tennis vit bien les premières heures de l'après.

Loges privatisées en chambres d'hôtel, contrôles quotidiens et protocoles drastiques, voilà ce qui devait faire les contours du premier tournoi du Grand Chelem du temps du coronavirus. Pas de doute, le mauvais vaudeville autour du cas de Benoît Paire et la tenue rocambolesque du match d'Adrian Mannarino l'a bien rappelé, une des stars de l'US Open 2020, c'est bien la Covid-19. Mais après un nouveau tremblement dans le Stade Arthur Ashe dimanche et la disqualification de Novak Djokovic, c'est une autre figure qui va désormais être le visage du majeur new-yorkais. Une tête nouvelle, puisque c'était acquis avant même la fin des huitièmes de finale, le vainqueur du tournoi hommes sera un bizuth à ce niveau.

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Les membres de la NextGen, si prometteurs mais encore constamment barrés par les trois fantastiques Djoko' – Nadal – Federer, ont la chance de leur vie de décrocher la première ligne écrite en capitales dans leur palmarès. Il n'est pas nécessaire de s'appeler Madame Irma pour pouvoir envisager très sérieusement le sacre de la classe biberon du circuit ATP. Après la fin des huitièmes de finale lundi, il n'y a plus un trentenaire encore en course. Et ce n'était pas faire injure au Canadien Vasek Pospisil,  trentenaire depuis le 23 juin dernier, que d'envisager sa victoire finale comme le scénario le plus invraisemblable pour cette fin de quinzaine. Battu par Alex De Minaur, le 94e mondial, abaisse un peu plus la moyenne d'âge de la classe à l'heure des quarts de finale. Elle pointe désormais à 23,7 ans, avec l'Australien comme benjamin, à seulement 21 ans.

Une première depuis 16 ans

La prise de pouvoir de la jeunesse tennistique masculine aurait donc enfin lieu ? Aussi méritée soit-elle, elle tient aussi aux circonstances rarissimes de cet US Open 2020, entre les forfaits en cascade et les coups de théâtre comme celui offert par Novak Djokovic dimanche. C'est ainsi la première fois depuis Roland-Garros 2004 (!!!) qu'es les quarts de finale d'un tournoi du Grand Chelem se disputent sans au moins Roger Federer, Rafael Nadal ou Novak Djokovic. Le Suisse n'était pas alors le glouton que l'on connaît aujourd'hui et commençait tout juste sa moisson de Majeurs (trois). L'Espagnol n'était encore qu'une promesse, entrant tout juste dans le Top 50 mondial. Le Serbe, lui, atteignait les demi-finales de l'Open d'Australie… en juniors. Presque un autre siècle.

Sans le trio de matous historiques susnommé, les souris dansent et vont enfin avoir le droit à leur part du gâteau après avoir dû se contenter des miettes. A 27 ans et trois finales de Grand Chelem, Dominic Thiem ferait presque figure de vétéran au milieu des jeunes loups. L'Autrichien a une bonne tête de nouveau favori, confirmée par sa victoire nette sur Felix Auger-Aliassime lundi.

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Finaliste l'an passé à l'US Open, Daniil Medvedev est l'autre gros poisson restant du panier, lui à la progression fulgurante et à qui on prédisait déjà les meilleurs auspices après sa saison 2019 de la révélation. Mais de Thiem ou Medvedev, un seul aura un ticket pour le trophée puisque les deux hommes pourraient se retrouver en demi-finale si la logique des classements est respectée.

Seulement deux demi-finales pour le haut de tableau

Dans le haut du tableau, on fait encore plus dans la bleusaille. Alexander Zverev n'a connu l'ivresse du dernier carré pour la première fois qu'en début de saison à l'Open d'Australie. Pablo Carreño Busta en a fait de même une seule fois, déjà à New-York, en 2017. Pour Denis Shapovalov et Borna Coric, cette qualification pour les quarts de finale acquise dimanche est leur première en Grand Chelem. Il faut que jeunesse se fasse.

La voilà désormais à l'heure de briller et de s'emparer de la couronne de l'US Open, à défaut de pouvoir encore prétendre au trône du tennis mondial. Cela arrivera sans doute, dans quelques années, si d'autres ne leur chipent pas la place d'ici là. Avant eux, ces dernières années ont offert Marin Cilic ou Juan Martin del Potro au firmament d'une édition à Flushing Meadows. Sans pour autant que ces étoiles filantes ne se fassent leur place dans la constellation des géants par la suite. Le tennis d'après doit bien commencer quelque part, la finale dimanche sera le théâtre d'un acte de naissance.