John McEnroe
John McEnroe | AFP

Un Big Mac à Big Apple

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A un peu plus de deux semaines du début de l'US Open, voici le cinquième volet d'une galerie de stars qui ont marqué leur époque depuis 1978, première année où le tournoi s'est disputé sur le decoturf de Flushing Meadows. Aujourd'hui, focus sur le mythique John McEnroe, quatre fois vainqueur à New York et qui, mieux que personne, a symbolisé l'esprit de "la grosse pomme".

Entre John McEnroe et New York, c’est une grande histoire d’amour. Vainqueur à quatre reprises de l’US Open (1979, 1980, 1981, 1984), celui qui a grandi dans le quartier du Queens ne pouvait que s’épanouir sur le ciment de la ville qui ne dort jamais. D’abord par son jeu bien sûr, où ses services-volées trouvaient sur cette surface rapide un parfait terrain d’expression. De même, son coup d’œil légendaire et ses coups de pattes de félin s’accoutumaient parfaitement aux conditions de jeu new-yorkaises. Mais John McEnroe était surtout en phase avec une ville que beaucoup voyaient à son image : tumultueuse, bruyante, nerveuse, voire grossière. C’est d’ailleurs là l'un d’un paradoxe de l’Américain, capable de s’imposer dans le traditionalisme et le silence quasi religieux de Wimbledon puis de réitérer l’exploit quelques semaines plus tard dans l’enfer de Big Apple.

Sa plus belle victoire : contre Jimmy Connors, demi-finale 1980 : 6-4, 5-7, 0-6, 6-3, 7-6

Tout comme McEnroe, Jimmy Connors se nourrissait de l’énergie bouillonnante de Flushing Meadows. Leur affrontement en 1980 fut tout simplement dantesque. Entre les deux Américains qui veulent être prophètes en leur pays (Connors a déjà gagné en 1978, McEnroe l’année suivante), la bataille fait rage pendant cinq sets. Bataille tennistique entre l’attaque à outrance de Big Mac et les coups à plat et en cadence de Jimbo, mais aussi bataille psychologique, les deux joueurs n’ayant jamais caché leur antipathie l’un envers l’autre. Mené deux manches à une et 3-1 dans le 4e set, McEnroe parvient à aligner cinq jeux d’affilée pour égaliser à deux sets partout (6-3). Dans la foulée, ce dernier parvient à breaker Connors d’entrée de dernière manche mais reperd aussitôt son avantage. De rage, il en balance sa raquette. Classique... Il se ressaisit vite pour servir pour le match à 5-3 en sa faveur mais Connors, plus combatif que jamais, sort un jeu de retours incroyable pour refaire son retard. Les bras pompant l’air comme des pistons, la rage chevillée au corps, Connors exulte. L’ambiance est électrique. Mais là où son adversaire extériorise ses émotions, McEnroe, tout en hargne intériorisée, va survoler le tie-break qu’il remporte 7 points à 3, après quatre heures et quart d’une lutte féroce. Finalement, dans la moiteur étouffante de New York, seule la poignée de mains entre les deux Américains est glaciale.

Ses autres matchs de référence :

Sa victoire contre Emilio Sanchez, 4e tour 1990 : 7-6, 4-6, 3-6, 6-4, 6-3

Pour beaucoup l’un des plus beaux matchs de l’histoire de l’US Open. McEnroe, dont les plus belles années tennistiques sont derrière lui, tente un baroud d’honneur devant son public. Soutenu comme jamais par la foule de New York, le bad boy se transcende face à ce jeune Espagnol qui renvoie toutes les attaques de l’Américain. C’est justement cette opposition de styles extrême qui fait entrer ce match dans la légende. Après plus de quatre heures de jeu, John McEnroe s’impose en cinq manches. Il poursuivra sa route jusqu’en demi-finale où il sera battu par un jeune plein de promesses, un certain Pete Sampras. La passation de pouvoir était en marche.

Sa défaite contre Ivan Lendl, demi-finale 1982 : 6-4, 6-4, 7-6

John McEnroe, qui reste sur trois succès de rang à New York, soient vingt-six victoires consécutives, va tomber de très haut en demi-finale face à Ivan Lendl. Le jeune Tchèque, impressionnant en passings et en retours de service, est le premier à trouver la faille dans la cuirasse américaine. Même si McEnroe tente de refuser l’inéluctable, il finit par rendre les armes après un tie-break où la puissance de Lendl, qui l’emporte huit points à six, a fini par avoir raison du génie US.

Palmarès à Flushing Meadows : 4 victoires, 1 finale, 3 demi-finales

1978 : demi-finale contre J. Connors
1979 : victoire contre V. Gerulaitis
1980 : victoire contre B. Bjorg
1981 : victoire contre B. Borg
1982 : demi-finale contre I. Lendl
1983 : 1/8e de finale contre B. Scanlon
1984 : victoire contre I. Lendl
1985 : finale contre I. Lendl
1986 : 1er tour contre P. Annacone
1987 : quart de finale contre I. Lendl
1988 : 2e tour contre M. Woodford
1989 : 2e tour contre P. Haarhuis
1990 : demi-finale contre P. Sampras
1991 : 3e tour contre M. Chang
1992 : 1/8e de finale contre J. Courier

Julien Lamotte