Soupçons de malversations et de trafic d'influence à la Fédération française de tennis

Soupçons de malversations et de trafic d'influence à la Fédération française de tennis

Publié le , modifié le

Le parquet national financier (PNF) a ouvert le 19 mars une enquête préliminaire à la suite d'un signalement sur des soupçons de malversations et de trafic d'influence au sein de la Fédération française de tennis (FFT), a appris mardi l'AFP de source judiciaire. Le parquet de Paris a transmis ce signalement le 11 mars au PNF, qui a confié les investigations à l'office anticorruption de la direction centrale de la police judiciaire (OCLCIFF).

Dans sa dernière édition, le Journal du dimanche (JDD) affirmait que le procureur de Paris avait été saisi par deux inspecteurs de la Direction de la jeunesse et des sports chargés par leur hiérarchie d'enquêter sur "de possibles malversations et trafic d'influence, ainsi qu'un trafic de billets pour le tournoi de Roland-Garros", après une lettre de dénonciation reçue mi-2015. Cette enquête judiciaire intervient dans un contexte délétère à la FFT, secouée depuis plusieurs mois par des rumeurs sur l'existence d'un trafic de billets du prestigieux tournoi, une opposition, persistante depuis le début du projet en 2011, à l'extension de Roland-Garros, et des tensions entre son président Jean Gachassin et l'ex-directeur général de la FFT et de Roland-Garros Gilbert Ysern, finalement limogé début février.

Enquête administrative...

Le 17 février, le Canard enchaîné avait publié un article sur des dérapages présumés de Jean Gachassin, accusé notamment d'avoir cédé des billets de Roland-Garros à prix coûtant à un ami, agent de voyage, qui les aurait revendus au moins cinq fois plus cher. "En échange, le président de la FFT, ancien international de rugby, était invité par l'agence de voyage au Tournoi des Six Nations, tous frais payés", écrit le JDD. Ces éléments avaient précédemment conduit le ministère des Sports à diligenter une enquête administrative, dont le rapport doit, selon le JDD, être remis au ministre Patrick Kanner avant le début de Roland-Garros le 22 mai.

Le journal affirme par ailleurs avoir consulté "des dizaines de factures et photocopies de chèques, attestant que de nombreuses ligues revendaient, dans les années 1990 et 2000, leurs billets pour un prix allant de deux à quatre fois leur valeur faciale", selon un système qui "aurait depuis été assaini par la mise en place d'agences agréées et la généralisation des billets électroniques". "Des élus qui revendent les places à leur valeur faciale, cela existe... Mais pour leurs ligues, et de manière régulière. S'il y a enrichissement personnel, c'est grave, et la justice a raison de s'en saisir", a réagi Jérémy Botton, directeur général par intérim de la FFT. "Nous jouerons le jeu à fond avec la justice mais le mal médiatique est fait", a-t-il déploré.

AFP