Jérémy Chardy
Le joueur français Jérémy Chardy | AFP - ERIC FEFERBERG

Stan Wawrinka, l'immense défi de Jérémy Chardy

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Jérémy Chardy affronte Stan Wawrinka, le tenant du titre, au troisième tour de Roland-Garros. Le Français sait que la tâche sera compliquée face au Suisse qu’il n’a jamais dominé en quatre confrontations. C’est ce qu’on appelle un défi.

Madrid, Acapulco, Tokyo et s-Hertogenbosch des destinations sympas pour les vacances, enfin surtout les trois premières villes, mais pour Jérémy Chardy, elles évoquent des souvenirs douloureux. Et lui rappellent aussi qu'il n'a encore jamais trouver la solution face à Stan Wawrinka. Quatre matches, quatre défaites. Froid constat et triste réalité. Entre d'un le tenant du titre, numéro quatre mondial et le 32e joueur à l’ATP, qui n’a jamais dépassé les huitièmes de finale Porte d’Auteuil (2008 et 2015), le combat est clairement déséquilibré sur le papier. Mais le Français d'aborder cette cinquième confrontation entre les deux hommes en victime expiatoire. "Il est mieux classé que moi, c’est lui le favori, admet facilement le français, mais je ne vais pas aborder le match en étant outsider. Je joue bien, je me sens bien (…) je vais rentrer sur le court en ayant confiance en moi. Je crois en mes chances".

L’appui du public

Chardy s'avance sans trembler. Qu’importe que ce soit Stan, il veut se concentrer sur lui. Sur son jeu qui est en place après ses victoires contre Leonardo Mayer et Adam Pavlasek au premier et deuxième tour. "Je ne vais pas penser au fait que ce soit Wawrinka ou qu’il est plus fort que moi, je vais rentrer et préparer mon match comme si c'étaient les premiers tours. Préparer ma tactique pour essayer de gagner le match et ne pas trop penser à lui". Pour gravir ce sommet suisse, à qui il n’a pris qu’un seul set en quatre duels, il aura un appui de taille : le public. A Roland, face au public français, Chardy sait se transcender. Il n’est pas de ceux qui craignent un court Central qui peut vite se transformer en cauchemar pour certains. "Roland, c'est mon tournoi favori. Je suis ici, je joue devant le public, mes amis, ma famille. Cet ensemble de choses fait que tu as envie de bien jour et de tout faire pour gagner des matches. À chaque fois, les matchs gagnés ici ont une saveur différente par rapport aux autres tournois. Le bonheur... C'est difficile à expliquer. Quand tu gagnes à Roland, tout est différent. C'est un petit bonus qui fait vraiment plaisir".

Stan pas encore en mode "Stanimal"

En trois ans, depuis leur dernière confrontation, Wawrinka a changé de dimension. Il est devenu double vainqueur de Grand Chelem, vainqueur de Masters 1000 (Monte-Carlo 2014), il est celui qui a fait tomber le Big Four. Mais sur ces deux premiers matches à Roland cette année (cinq sets contre Rosol et trois sets face au Japonais Daniel), le Suisse n’est pas encore celui qui fait trembler les puissants.

Wawrinka se méfie de ce troisième tour face à un joueur qui a déjà battu un autre Suisse très connu sur le circuit – à Rome en 2014 sur terre battue - : "C'est un joueur dangereux. Il joue très vite, il joue très lourdement, il frappe fort, il a un bon service, il joue beaucoup en fond de court, il aime beaucoup jouer ici à Paris, à Roland-Garros, je pense qu'il va falloir jouer très fort, encore une fois". Le Suisse appréhende aussi cette "première fois", "en Grand Chelem, en plus à Paris". Le public sera "pour Jérémy", il le sait, mais ne craint pas l’hostilité française – "j’ai toujours eu un très bon public ici" -. Le vainqueur de la Coupe Davis 2014 face à la France sait aussi qu’il a les clés de ce match, public hostile ou pas. "Tout va dépendre de mon jeu, comment je vais me sentir, si j'arrive à mettre en place mon jeu, je pense que j'ai toutes les solutions dans mon jeu pour remporter le match". A Chardy de l’empêcher de les trouver. Pour que Paris ne s'ajoute pas à la liste des destinations douloureuses.

Benoit Jourdain @BenJourd1