Lucas Pouille, Julien Benneteau, Roland-Garros, 2017
Julien Benneteau félicite son compatriote Lucas Pouille | AFP - LIONEL BONAVENTURE

Roland-Garros 2017 - Lucas Pouille dans la douleur, la balade de Dominic Thiem et Grigor Dimitrov

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Dominic Thiem, Lucas Pouille, Grigor Dimitrov, trois outsiders qui faisaient leurs débuts à Roland-Garros ce dimanche. Les trois hommes se sont qualifiés mais n'ont rendu la même copie. Le Français était mené 2 sets à 1 contre Julien Benneteau et s'est imposé en cinq 7-6 (8/6), 3-6, 4-6, 6-3, 6-4 après 3h21 de jeu. Pour Dominic Thiem, le match piège contre Bernard Tomic s'est révélé être une promenade de santé avec un succès en trois sets 6-4, 6-0, 6-2. Enfin, le Bulgare Grigor Dimitrov a torpillé le vétéran Stéphane Robert en trois manches, 6-2, 6-3, 6-4.

Lucas Pouille débute par un marathon

Pouille-Benneteau, acte II. L'an passé, au même stade de la compétition, Pouille avait déjà dû s'employer pour écarter son compatriote en quatre sets. Cette fois-ci, il lui a fallu batailler durant cinq manches (7-6 (8/6), 3-6, 4-6, 6-3, 6-4), tant Benneteau,qui disputait peut-être son dernier Roland-Garros à 35 ans, a tout donné. "Ce que vous m'avez fait vivre aujourd'hui, cela donne vraiment envie de revenir. Je ne promets rien mais je vais tout donner pour être là l'année prochaine", a affirmé le Bressan, les larmes aux yeux, en s'adressant au public. Affronter un partenaire de Coupe Davis, qui plus est sur le court central, "c'est loin d'être simple" a souligné Pouille, "content" de s'en être sorti après ce combat de 3h25. C'est la première fois de sa carrière qu'il remporte un match en cinq sets Porte d'Auteuil.

C'est un gros soulagement pour le numéro 3 français qui restait sur deux éliminations consécutives d'entrée à Madrid puis Rome, alors qu'il avait effectué un bon début de préparation sur terre battue avec une demi-finale à Monte-Carlo puis un titre, le deuxième de sa carrière, à Budapest. "J'ai eu du mal à lâcher mes coups, à frapper fort et long. C'est lui qui était dans le terrain et pas moi. Mais je me suis accroché et à un moment cela a tourné", a commenté le 17e mondial qui avait calé en 2016 au deuxième tour contre le Slovaque Andrej Martin. Prochain obstacle cette année : le Brésilien Tomaz Bellucci qui a battu le Serbe Dusan Lajovic.

Thiem n'a jamais tremblé

On peut être le seul homme à avoir battu Rafael Nadal sur terre battue cette saison et trembler pour son entrée en lice à Roland-Garros. Dominic Thiem n’avait pas un tirage facile en la personne de Bernard Tomic et malgré son adversaire et sa nervosité, il a parfaitement déroulé. "C'était serré au début et j'étais moi-même un peu tendu, je dois dire, en début de match tout simplement, parce que les circonstances étaient difficiles mais au final, je suis content de ma performance", a avoué le numéro 7 mondial. Passé ces premières minutes, il a récité son tennis fait de grandes frappes qui peuvent faire si mal. Nadal, complètement impuissant à Rome, n’avait pas résisté. Thiem n’a pas même pas donné l’impression d’essayer.

"C'est vrai que lorsque je joue mon jeu qui est assez agressif, c'est assez difficile de s'engager dans de longs échanges, cela peut faire très mal. Je pense qu'il a essayé d'écourter les balles, les points, en essayant de jouer rapidement et de casser le rythme", a-t-il expliqué. Au prochain tour, il affrontera le vainqueur de la rencontre entre Simone Bolelli et Nicolas Mahut. Peut-être aura-t-il réussi à dominer sa nervosité. "J'ai beaucoup préparé ce tournoi. Ce tournoi est pour moi un des grands moments de l'année, pour ne pas dire le plus grand de l'année", a-t-il conclu.

Dimitrov, enfin au deuxième tour

Avec Dimitrov à Roland-Garros, on était proche d’une anomalie. Comment l’un des meilleurs joueurs du monde avait pu sortir dès le premier tour lors des trois dernières éditions ? Au moment de rentrer sur le Philippe Chatrier, il y a sûrement pensé. Il a d’ailleurs mis neuf minutes à remporter sa mise en jeu. Ensuite il a déroulé face au Français Stéphane Robert. Cette qualification au deuxième tour mettait un terme à une série aussi noire, qu’inexplicable. "C'est génial, je suis tellement content, savourait le Bulgare. Je me sens bien. C'est toujours bon de passer le premier match, quel que soit le Grand Chelem. Ici depuis quelques années, j'essaye, et je n'ai jamais réussi. Aujourd’hui, c'est une belle journée pour moi, pour un bon tournoi".

Demi-finaliste du dernier Open d’Australie, le 12e joueur mondial a dépassé le blocage qu’il pouvait avoir sur cette terre parisienne alors qu’il a déjà remporté un tournoi sur ocre (Bucarest 2014). Il lui a fallu modifié son esprit, plus que son jeu. Car raquette en main, "Baby Federer" n’a pas grand-chose à envier aux tous meilleurs. Mais dans la tête, il pouvait "vriller" à l’image de son pétage de plomb en mai 2016 à Istanbul où il avait explosé plusieurs raquettes en toute fin de match pour mieux s’incliner sur décision arbitrale. "J'ai changé ma mentalité. Je suis plus positif. J'essaye d'être plus discipliné, plus concentré sur tous les éléments du match. En général, je suis un meilleur joueur qu'avant. C’est ce sur quoi je me concentrais. Je crois dans cette démarche. Cela va venir, un jour ou un autre", a-t-il promis. Au prochain tour, il affrontera l’Espagnol Tommy Robredo.

Benoit Jourdain @BenJourd1