Quatre choses à savoir sur Gilles Moretton, le nouveau président de la FFT

Publié le , modifié le

Auteur·e : Théo Gicquel
Gilles Moretton, le président de la FFT, le 30 juin 2020.
Gilles Moretton, le président de la FFT, le 30 juin 2020. | PHOTOPQR/L'ALSACE/MAXPPP

Retrouvez l’offre
france tv sport sur

Samedi 13 février, Gilles Moretton, leader de la liste "Ensemble pour un autre tennis", a été élu président de la Fédération française de tennis avec 61,2 % des voix. Il succède à Bernard Giudicelli, son adversaire durant cette campagne et qui occupait le poste depuis février 2017. Voici quatre choses à savoir sur le nouvel homme fort du tennis français.

• Il est le 4e ancien joueur à atteindre ce poste

A 63 ans, Gilles Moretton rejoint trois grands noms du tennis français. Sur les quinze présidents qu'a connus la FFT depuis 1920, ils ne sont que quatre à avoir disputé des tournois du Grand-Chelem et défendu les couleurs de la France en Coupe Davis : René Lacoste (président entre 1940 et 1943), Marcel Bernard (1968-1973) et Philippe Chatrier (1973-1993) et donc depuis samedi 13 février, Gilles Moretton. 

Professionnel jusqu’en 1984, il stoppe sa carrière à 26 ans après avoir été champion de France – minimes, cadets et juniors – et finaliste de la coupe Davis 1982 perdue 4-1 face aux États-Unis. Finale qu’il n'a pas jouée puisque seuls Yannick Noah et Henri Leconte avaient foulé le court. Moretton avait atteint l’année précédente la 65e place mondiale, son meilleur classement en simple en carrière.

• Il a affronté Björn Borg à Roland-Garros

Entre 1978 et 1983, Gilles Moretton entre à dix reprises dans le tableau final de Grand-Chelems, principalement à Roland-Garros. Mais une seule fois il est parvenu à franchir les trois premiers tours. Lors de son deuxième Roland en 1979, Moretton atteint son meilleur résultat en accédant aux seizièmes de finale. 

Face à lui se dresse un mur : le tenant du titre et déjà triple vainqueur à Paris, Björn Borg. Un cyborg suédois, tête de série n°1 cette année-là. Si l’affaire est conclue en trois sets (7-5, 6-4, 6-2), le Français se débat férocement lors de la première manche avant de finalement rendre les armes, comme beaucoup. Borg remportera cette année-là le quatrième de ses six titres à Paris.

Gilles Moretton (à droite avec la pancarte) en compagnie de Tony Parker lors d'un match de l'Asvel en 2011.
Gilles Moretton (à droite avec la pancarte) en compagnie de Tony Parker lors d'un match de l'Asvel en 2011. © PHOTOPQR/LE PROGRES TEAMSHOOT

• Un homme d'affaires lyonnais accompli

Né à Lyon, Gilles Moretton a gardé une attache viscérale avec le Rhône. Après sa retraite sportive, il a notamment créé en 1987 le tournoi de Lyon par le biais de sa société d'événements sportifs : Gilles Moretton organisation (GMO). Il a également obtenu l’organisation du marathon de Lyon. Son principal fait d’armes est intervenu lorsqu’il est devenu président du directoire de l’Adecco ASVEL Basket en 2001.

Pendant treize ans, Gilles Moretton a dirigé le club aujourd’hui phare du basket français, avec qui il a remporté deux titres de champion de France en 2002 et 2009.  En mars 2014, il a revendu ses parts dans l'ASVEL à Tony Parker qui lui a succédé à la présidence. Issu du bassin lyonnais, il a tenu à consolider son ancrage local en rachetant avec plusieurs investisseurs la chaîne Télé Lyon Métropole (TLM) en 2010, dont il a cédé la présidence cinq ans plus tard. Enfin, avant la campagne pour la Fédération, il occupait depuis 2018 le poste de président de la Ligue Auvergne-Rhône-Alpes de tennis.

• Une campagne sous tension avec son adversaire

Dire que la campagne pour l'élection, rapidement réduite à un duel entre Moretton et le président sortant Bernard Giudicelli, s’est déroulée dans un climat tendu est un euphémisme. Les deux hommes ne s’apprécient pas, et l’histoire remonte à plusieurs années. Fraîchement élu président en 2017, Bernard Giudicelli lui avait reproché d’être mêlé à un réseau de revente à haut prix de billets pour Roland-Garros. Bernard Giudicelli avait finalement été condamné en 2017 à 10.000 euros d'amende pour diffamation envers Gilles Moretton

Le 13 octobre dernier, lendemain des Internationaux de France, le désormais ex-président avait appelé sur Facebook les autres membres des Fédérations nationales à afficher leur soutien public à sa campagne de réélection, comme le rappelle le Figaro. "Avec beaucoup de démagogie et de tromperie, mon opposant fait croire que l'image de la France a été détériorée à cause de moi, avait écrit Giudicelli. Je veux juste que vous témoigniez de mon action au sein de l'ITF [la Fédération internationale dont Giudicelli est vice-président] et que vous envoyiez un message à tous les clubs sur votre perception de mon rôle à l'international et sur l'intérêt que vous portez à me voir réélu à la tête de la FFT", avait-il souhaité. Quelques mois plus tard, l’ancien président a dû s’incliner avec 38,8 % des voix.

Interrogé par l'AFP sur le bilan de son prédécesseur, Gilles Moretton s'est montré sans concession. "Un constat d'échec humain à tous les niveaux, le joueur lambda n'a pas compris la Coupe Davis [dont la formule a changé après son rachat en 2018 par le fonds d'investissement Kosmos, un projet soutenu par Bernard Giudicelli contre l'avis de nombreux joueurs]. L'image du tennis s'est considérablement détériorée. (...) Quand [un président de fédération] est interdit de vestiaires par des joueurs [en Coupe Davis] ce n'est pas terrible", a lancé le nouveau président.

-