Stanislas Wawrinka
Le joueur suisse Stanislas Wawrinka | AFP - SAEED KHAN

Wawrinka remporte l'Open d'Australie

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Le joueur suisse Stanislas Wawrinka a remporté le premier Grand Chelem de sa carrière à l'Open d'Australie face à Rafael Nadal, 6-3, 6-2, 3-6, 6-3. Une victoire qui s'est dessinée dès le premier set où l'Helvète a totalement dominé Nadal, puis qui a pris une tournure étrange dès l'entame de la deuxième manche au cours de laquelle l'Espagnol s'est blessé au dos. Diminué, le numéro 1 a mondial a toutefois, à l'orgueil, empoché la troisième manche avant de céder dans la quatrième.

Etrange finale pour la 13e confrontation entre les deux hommes. Le public de la Rod Laver Arena avait déjà eu droit à des abandons en finale (Edberg en 1990 face à Lendl, Hénin face à Mauresmo en 2006), il a bien failli en vivre un troisième quand Nadal est sorti du cours au début de la seconde manche pour se faire soigner. Malmené, dominé totalement par Wawrinka, le numéro 1 mondial souffrait alors du dos. A la dérive après cette interruption et durant tout le deuxième set, il est finalement revenu et a fait douter l'Helvète. Vainqueur du troisième set, l'Espagnol a fini par craquer. A 28 ans, le Suisse brise cinq ans après Del Potro l'hégémonie du Big Four dans les Grand Chelem. Incapable de prendre un set à Nadal en 12 matches, il en a finalement pris trois pour s'offrir son exploit.

Le poids des confrontations directes entre les deux hommes n’a pas pesé dans le début de match. Ni celui de cette première finale de Grand Chelem. Stanislas Wawrinka a parfaitement débuté la rencontre, jouant les coups à fond et appliquant un plan de jeu simple : taper fort et ne pas laisser l’échange s’installé. Pris à la gorge, alors qu’on attendait le schéma inverse, Nadal a craqué, dépassé par un coup droit du Suisse (3-1). Privé de premières balles sur ses premiers jeux, le Wawrinka a retrouvé sa mise en jeu au 5e jeu (2 aces, 1 service volée) pour mener 4-1. S'il a sauvé un double break, Nadal pourra regretter ses trois retours "balancés" sur les trois balles de break (3-5). Dans la foulée, Wawrinka terminait par un ace ce premier set, le premier qu'il remportait sur 27 face à l'Espagnol. Impuissant, Nadal a attendu 13 points pour enfin en remporter un à cheval sur les deux manches. A 2-1, l'Espagnol, sans le vouloir, a fait basculer cette finale. Blessé au dos sur un coup droit anodin, il a quitté le cours pour recevoir des soins.

A deux doigts de l'abandon

A son retour, le Nadal qui avait été si brillant en demi-finale face à Federer était à des années-lumières. Incapable de bouger et de donner de la puissance à ses premières balles, le Majorquin a sombré dans le deuxième set perdu en 38 minutes. On a d'ailleurs cru que le numéro 1 mondial allait abandonner comme en quarts de finale en 2010 face à Murray. Mais le champion a de l'orgueil et à l'instar de son comportement face à Ferrer en quarts de finale en 2011, il a tenu à continuer pour ne pas galvauder le succès du Vaudois. Bien lui en a pris puisqu'il a repris du poil de la bête au cours de la troisième manche qu'il a remporté 6-3. Le Suisse, sans doute gêné par le comportement adverse, a commencé à multiplier les fautes (19 dans le 3e, contre 20 dans les deux premiers), incapable d'imposer le rythme qui avait sa force au début du match. Mais s'il y a quelques années, il aurait pu sombrer mentalement, ses matches très disputés face à Djokovic et notamment son succès en quart face au Serbe et en demi-finale face à Berdych l'ont fait progresser. Porté par son service (19 aces), il a su rester dans la partie. Ainsi, au quatrième, il a d'abord laissé filé deux balles de break (1-1), avant de réussir à prendre le service espagnol à 4-2. Mais dans la foulée, ses quatre fautes directes lui ont plombé son jeu de service (4-3). Mais là encore, il a su rebondir pour breaker à nouveau et finir sur son service. 

Wawrinka, cinq ans après Del Potro

Depuis l'US Open 2009, aucun Grand Chelem n'avait échappé au quatuor Nadal-Federer-Djokovic-Murray (16/17). Cette statistique souligne l'ampleur de l'exploit du Vaudois qui est devenu le premier depuis Sergi Bruguera en 93 à Roland-Garros à battre les deux meilleurs joueurs du monde lors d'un Grand Chelem (l'Espagnol avait battu Sampras puis Courier sur l'ocre parisien). A Melbourne il a mis fin aux deux séries qui le plombaient face à Djokovic (14 revers avant son succès en quarts à Melbourne) et Nadal (12 avant son succès en finale) pour s'adjuger son premier Majeur. A 28 ans, il rejoint les vainqueurs "sur le tard" (Goran Ivanisevic vainqueur à Wimbledon à 29 ans en 2001, Thomas Johansson à 26 ans à Melbourne en 2002, Andres Gomez à 30 ans à Roland en 1990) et monte pour la première fois de sa carrière à la troisième place du classement ATP. Nadal, lui, a perdu sa sixième finale en 19 tentatives et a manqué l'occasion de devenir le premier joueur à remporter deux fois les 4 Majeurs. Surtout, il devra attendre Roland-Garros pour égaler Pete Sampras au nombre de Grand Chelem. L'Américain avait au moins une bonne raison de sourire en remettant le trophée au Suisse...

Voir le tweet de Carole Bouchard

Benoit Jourdain @BenJourd1

Open d'Australie