Stanislas Wawrinka
Stanislas Wawrinka | SAEED KHAN / AFP

Wawrinka domine Berdych

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Stanislas Wawrinka s'est qualifié en finale de l'Open d'Australie en dominant le Tchèque Tomas Berdych au terme d'un match de poids lourds (6-3, 6-7, 7-6, 7-6). Le Suisse disputera dimanche le titre suprême soit face à son compatriote Roger Federer soit contre Rafael Nadal. Une chose est sûre, il n'aura rien à perdre.

Le jeu le plus complet l'a emporté sur la force brute. Face aux frappes monolithiques de Tomas Berdych, Stanislas Wawrinka a su proposer un éventail de coups plus variés qui lui ont permis, à 28 ans, de décrocher sa première finale de Grand Chelem. Et si jamais Roger Federer venait à l'emporter sur Rafael Nadal vendredi matin heure française, l'Open d'Australie se parerait définitivement aux couleurs rouges et blanches de la Suisse. On n'en est pas encore là. Pour le moment, Stanislas savoure. 

Avec l'expérience d'une demi-finale récente à l'US Open en septembre dernier, Wawrinka n'a pas abordé son duel avec Berdych la peur au ventre. Son passif face au géant tchèque, 8 victoires à 5 et 6 sur 7 depuis 2010, faisait souffler le vent dans son dos. Précis et vif, son coup droit lui permettait d'emblée de prendre la direction des échanges, notamment en trouvant des angles courts croisés qui mettaient à mal les longs segments du Tchèque, breaké à 3-4. La tête de série n°5 n'allait plus revoir Wawrinka avant la fin de la manche (6-3).

Berdych a beau avoir un jeu prévisible, il n'en demeure pas moins qu'il reste d'une efficacité redoutable. Parpaing au service, parpaing en coup droit : en général ça suffit à faire le point. Plus tranquille sur ses mises en jeu, le joueur au maillot qui rappelle celui de l'Argentine en football parvenait ainsi à emmener Wawrinka au tie-break. Là, il se lâchait vraiment. Face à un Suisse en légère perte de vitesse, il parvenait enfin à contrer les trajectoires slicées du service adverse et s'imposait 7 points à 1 en mode rouleau compresseur.

Berdych, un problème de finish

Il en fallait toutefois plus pour déstabiliser le Vaudois. Malgré des statistiques moins flatteuses que celles du Tchèque (12 coups gagnants et 11 fautes directes contre 16-10 dans cette troisième manche), il s'accrochait vaillamment jusqu'à un nouveau jeu décisif où la nervosité allait de nouveau gagner le bras de Berdych. Réputé friable psychologiquement, ce dernier donnait de l'eau au moulin de ses détracteurs en craquant complètement au moment crucial, offrant même ce troisième set sur une horrible double faute (3-7).

La quatrième manche ressemblait comme une soeur à ses devancières. Aucun des deux combattants ne voulait céder le moindre pouce de terrain et se livraient une bataille farouche à grand renfort de coups de fusil en fond de court. Les esthètes n'y trouvaient peut-être pas leur compte mais le suspense demeurait jusqu'au bout. Avec deux cogneurs de ce calibre, aussi impériaux derrière leur première balle, il ne fallait pas espérer un break... C'était donc pure logique d'assister à un troisième jeu décisif consécutif. Il fallait bien ça pour les départager. Plus solide, plus maître de ses émotions, Wawrinka poussait Berdych à prendre des risques inconsidérés et à commettre des fautes. Trop de fautes. Un dernier retour trop long et Stanislas Wawrinka pouvait lever les bras. La joie du Suisse était tout sauf neutre...

Julien Lamotte