Jo-Wilfried Tsonga
Jo-Wilfried Tsonga | PAUL CROCK / AFP

Tsonga brille toujours à l'Australian Open

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Découvert à Melbourne en 2008 quand il avait atteint la finale à la surprise générale, Jo-Wilfried Tsonga a depuis toujours brillé sous le soleil de l'Open d'Australie. Le Français, qui dit se sentir particulièrement bien dans ce pays, est également très apprécié par les spectateurs locaux. il aura bien besoin de leur soutien au moment d'affronter en quart de finale demain matin le roi de la ville, Roger Federer.

Jo-Wilfried Tsonga rêve tout haut la tête en bas. C'est dans l'Hémisphère Sud que le Français est "né" au plus haut niveau du tennis, et depuis, il a toujours réalisé de grosses performances dès qu'il retrouvait son jardin de Melbourne. Flasback : en 2008, une jeune Tricolore inconnu du public australien écrase tout sur son passage et se hisse jusqu'en finale en laminant au passage Rafael Nadal en demie (6-2, 6-3, 6-2). L'Espagnol, emporté par le tourbillon venu du Mans, déclara après la rencontre qu'il avait eu "l'impression de lutter contre avalanche qu'il ne pouvait pas arrêter". S'il échoue sur la dernière marche, battu par Novak Djokovic, Jo-Wilfried Tsonga aura marqué cette quinzaine par sa fraîcheur autant que par la puissance de ses coups. Une certaine ressemblance physique et le punch de son coup droit et de son service lui valent un nouveau surnom : "Mohamed Ali". Si depuis, il a aussi encaissé pas mal de K.O, notamment à cause de blessures récurrentes, le Français a toujours su rebondir au pays des kangourous. 

Rasheed, l'ingrédient décisif ? 

Quart de finaliste en 2009 et en demi-finaliste en 2010,  Tsonga affiche un bilan de 24 victoires en 30 matches depuis ses débuts à Melbourne en 2007 lorsqu'il avait inquiété Andy Roddick au premier tour. Malgré sa corpulence, Jo-Wilfried Tsonga fait partie des joueurs qui ne craignent pas la canicule australe et son jeu agressif semble parfaitement s'adapter à la surface de Melbourne. Au delà de ces considérations, c'est surtout  l'Australie dans son ensemble qui convient bien à "Jo". "J'aime l'état  d'esprit des Australiens, j'aime ce public de connaisseurs. J'aime le pays. Ils  ne se plaignent jamais, car la vie est belle", s'enthousiasme le Manceau. Et comme les "Aussies" rendent bien la politesse au showman tricolore, l'alchimie marche à chaque fois ou presque. Et cette année, Tsonga a peut-être trouvé l'ingrédient qui manquait pour que la sauce prenne totalement en la personne de son nouveau coach, l'Australien Roger Rasheed. "Rog' est toujours très motivé. C'est  incroyable, on dirait qu'il a encore plus envie de gagner que moi", se marre la tête de série n°7 du tournoi.

Le Grand défi de Jo

Face à Roger Federer, quatre fois vainqueur à Melbourne, Tsonga se retrouve pourtant face au véritable maître des lieux, et seul joueur à rivaliser avec les locaux à l'applaudimètre. Il y a déjà affronté Federer une fois, lors de la demi-finale en 2010 pour une défaite rapidement consommée (6-2, 6-3, 6-2). Lui préfère retenir sa  victoire en cinq sets en quarts de finale à Wimbledon l'année suivante. "Je l'ai déjà battu. Ca va être l'occasion de voir si ce que j'ai fait cet  hiver vaut quelque chose", glisse Tsonga qui a aussi profité de l'intersaison pour participer à la tournée d'exhibition de Federer en Amérique du Sud. "C'était sympa, on a appris à un peu mieux se connaître", relate Federer qui se méfie d'un joueur "explosif avec un énorme service", même s'il sort de quatre premiers matches parfaits, sans perdre une seule fois son service. Autant dire que le Français a du boulot s'il veut ravir les clés de la ville à Federer... 

Julien Lamotte