Sloane Stephens
Sloane Stephens à l'attaque | PAUL CROCK / AFP

Sloane Stephens: "ma grand-mère m'a juste dit: bien joué"

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A 19 ans, l'Américaine Sloane Stephens possède un sacré tempérament: sur le terrain mais aussi en dehors des courts où elle tient un discours drôle et décomplexé. Victorieuse 3-6, 7-5, 6-4 d'une Serena diminuée par une blessure au dos, l'égerie de la nouvelle génération défiera jeudi la Bélarusse Victoria Azarenka, N.1 mondiale et tenante du titre, en demi-finales.

Est-ce que vous réalisez ce que vous venez de faire?
SS: "Pas trop. Ca fait toujours un peu bizarre. J'ai parlé avec ma  grand-mère. Elle m'a juste dit: bien joué. Ca m'a fait du bien, ça m'a calmé un  peu."
   
Ce résultat dépasse-t-il vos attentes ?
"Oui clairement. Etre en demi-finales d'un Grand Chelem, c'est énorme.  Ca représente beaucoup de travail. Je suis contente que ça paye."
   
Vous vous donniez combien de chances de gagner ce match?
"Hier soir (mardi) ce n'était pas très clair dans ma tête. Ce matin  (mercredi), au réveil, je me suis dit: +bon écoute, tu peux le faire, vas-y et  donne tout ce que t'as+. En réalité je n'ai commencé à y croire vraiment que  lorsque j'ai été menée 2 à 0 au deuxième set. Je n'avais pas envie de finir  comme ça. J'ai alors commencé à jouer de manière plus agressive et c'est allé  tout de suite mieux."
   
Ses problèmes au dos ont-ils changé la donne ?
"Elle servait moins fort mais touchait toujours les lignes. Ca restait  un très bon service. Et elle continuait à bien jouer du fond. J'ai surtout  essayé de rester concentrée sur mon jeu. Sinon ça aurait pu tourner au  désastre."
   
Sa sortie du court n'a pas eu l'air de vous perturber ?
"Non ça allait. Au 2e tour, mon adversaire était partie aux toilettes  pendant sept minutes. Alors trois minutes, c'est rien. J'ai essayé de me  détendre, de réfléchir à des trucs et puis j'ai regardé ce que faisait mon  entraîneur. Il se trouve qu'il était en train de manger un sandwich au poulet."
   
Tout de suite après la balle de match, vous êtes retournée sur votre  chaise et vous avez sorti votre téléphone. Vous attendiez un texto ?
"Oui j'étais curieuse de savoir si ma mère avait déjà réagi. Mais je  n'arrivais pas à lire parce les messages n'arrêtaient pas d'arriver. Je me suis  dit: +laisse tomber, ça ne sert à rien+. J'ai tenté de joindre ma mère plus  tard. Je suis tombé sur mon frère qui était comme un dingue. Je lui ai dit:  +d'accord mais elle est où maman? Bon peu importe, Allez salut+."
   
Vous avez eu combien de textos?
Attendez je regarde, 213 sur ce téléphone. Et ce n'est pas celui que  j'utilise le plus."
   
Vous allez répondre à tous ?
"Je ne sais pas. Je pensais que recevoir des textos était gratuit à  l'étranger mais quelqu'un m'a dit que non. Il faut que je vois comment faire  car si j'explose mon forfait ma mère va devenir folle. Elle va me dire: +au  lieu de t'acheter quelque chose de sympa, paye déjà ta facture de téléphone+."
   
Vous avez essayé de copier Serena quand vous étiez jeune ?
"Pas vraiment. J'ai toujours aimé la regarder mais je n'ai jamais essayé  de la copier."
   
Vous êtes très calme sur le court, cela reflète-t-il votre personnalité ?
"Pas du tout. Je ne sais pas d'où ça vient. Sur le court je n'arrête pas  de me dire: pas de panique. En dehors je ne suis pas du tout comme ça. C'est  comme si c'était deux personnes différentes."

AFP