Serena Williams, pour en finir avec l'obsession du 24e Grand Chelem

Publié le , modifié le

Auteur·e : Emilien Diaz
Serena Williams
Serena Williams | AFP

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De retour à la compétition après une fin d’année 2018 en demi-teinte, marquée par un échec cuisant en finale de l’US Open et une polémique avec l'arbitre que personne n’a oublié, Serena Williams entame ce mardi à Melbourne sa quête d’un 24e Grand Chelem en carrière. Un titre après lequel elle court depuis bientôt deux ans et sa dernière victoire dans un tournoi majeur, déjà en Australie. Il lui permettrait d’entrer un peu plus dans la légende de son sport, en égalant le record absolu de Margaret Court.

Faire table rase, oublier l’année 2018. C’est la mission de Serena Williams en ce début de saison. Finaliste malheureuse à Wimbledon et à l’US Open l’été dernier, l’Américaine de 37 ans, titrée à sept reprises en Australie, entend bien profiter de son retour à la compétition pour remettre les pendules à l’heure, et décrocher enfin le 24e Grand Chelem qui manque à son palmarès pour égaler le mythique record de Margaret Court, figure des années 60/70.

Depuis janvier 2017, date de la dernière levée en Grand Chelem de Serena Williams, la carrière de la championne s’apparente à une véritable chasse au record. Cette année-là, Serena s’était imposée en finale, à Melbourne, face à sa sœur Venus, au cours d’une rencontre maîtrisée de bout en bout par la cadette des deux sœurs. Un sacre qui coïncide également avec la fin d’un cycle dans la carrière de la joueuse la plus titrée de l’ère Open, qui a ensuite fait une pause de quasiment un an pour donner naissance à sa fille, Alexis Olympia.

24 ou quand un chiffre tourne à l’obsession

Si la course au 24e Grand Chelem apparaissait alors comme secondaire pour l’Américaine, elle n’était que mise en suspens. Le temps pour la protégée de Patrick Mouratoglou de se réajuster physiquement, et de retrouver son véritable niveau de jeu. De retour à la compétition en décembre 2017, Serena Williams fait  face à une période de doutes. Entre blessures, contre performances et force de l’âge, nombre de spécialistes ne donnent pas cher des chances de l’Américaine pour égaler le record de Margaret Court. D’autant que sa blessure au pectoral droit contractée à Roland Garros l’oblige à déclarer forfait pour la première fois de sa carrière dans un tournoi majeur. Un énorme coup-dur pour celle qui visait un quatrième titre à Paris.

Mais Serena reste Serena. Et l’Américaine n’est pas la plus grande championne de ces vingt dernières années sur le circuit féminin pour rien. Son retour fracassant à Wimbledon lui  permet d’atteindre la finale, où Angélique Kerber ne lui laisse toutefois aucune chance (3-6, 3-6). Un premier échec en finale aux allures de victoire pour Serena Williams, qui revient de loin. L’Américaine n’est pas déçue, elle sait son chemin vers la rédemption bien entamé. Mais voilà, l’été suivant  ne sera pas celui qu’il aurait dû être pour la fille de Richard Williams. Engagée à l’US Open, où elle atteint aisément la finale, l’Américaine s’apprête à vivre un véritable cauchemar, et sans doute le pire match de sa longue et prestigieuse carrière.

Opposée à la japonaise Naomi Osaka, surprenante finaliste du haut de ses 20 ans, Serena est donnée largement favorite. Son revers à Wimbledon lui a servi de leçon, cela ne fait aucun doute, le record de Margaret Court n’a plus que quelques heures à tenir. Seulement rien ne se passe comme prévu. Dominée par la Japonaise et sanctionnée à trois reprises par l’arbitre de chaise, Serena perd le contrôle de ses nerfs. S’en suit une scène qui restera comme l’un des moments marquants de l’histoire de l’US Open. "C’est incroyable, je n’ai pas reçu de "coaching". Je ne triche pas, je n’ai jamais triché de ma vie, j’ai une fille et je me bats pour ce qui est juste, vous me devez des excuses" explique Serena à l’arbitre, qui l’accuse d’avoir reçu des indications de la part de son coach Patrick Mouratoglou. "Vous attaquez ma personne. Vous avez tort. Vous n’arbitrerez plus jamais un de mes matches. Vous me devez des excuses. C’est vous le menteur", enchaîne-t-elle, en larmes, avant de laisser filer le match et de s’incliner en deux manches (6-2, 6-4). Marquée par cette défaite, Serena ne rejouera plus de la saison.

Naomi Osaka et Serena Williams
Naomi Osaka et Serena Williams © AFP

Un parcours difficile l'attend à Melbourne

Revenue sur le devant de la scène 4 mois plus tard, lors de la Hopman Cup, compétition d’exhibition disputée à Perth, la numéro 16 mondiale a profité de la nouvelle année pour mettre les choses au clair concernant sa défaite à l’US Open. Elle ne veut plus en parler, la polémique est derrière elle. "Je n'évite rien. Je n'ai juste pas de temps à perdre à parler de ça J’en ai parlé, tout le monde en a parlé pendant des mois et des mois. Le mieux, c'est de passer à des choses meilleures et plus grandes" s'est défendue Serena, qui a affiché un niveau de jeu rassurant alors qu'elle se présente en  Australie sans réels repères. 

"J'ai couru, couru et je n'étais jamais fatiguée, sauf sur un point, mais je m'en suis remise en vingt secondes, c'est vraiment la bonne nouvelle pour moi" s'est d'ailleurs félicitée l'Américaine, qui n'a pas caché ses ambitions pour la saison à venir. À commencer par cette indéfectible quête du 24e tournoi du Grand Chelem : "Ca a pris de l'importance depuis que j'en ai obtenu un 22e, un 23e... Clairement, c'est quelque chose que je veux. Mais il faut que je sois capable d'y arriver" a reconnu Serena Williams. 

La quinzaine australienne de l'Américaine sera cependant tout sauf une partie de plaisir. Si son premier tour de mardi face à l'Allemande Tatjana Maria, 74e joueuse mondiale, est plus qu'abordable, la suite du tableau sera bien plus compliquée à gérer pour celle qui a été sacrée à 7 reprises à Melbourne (2003, 2005, 2007, 2009, 2010, 2015, 2017). Serena Williams pourrait retrouver la numéro 1 mondial Simon Halep en huitième de finale avant de se projeter vers un éventuel quart face à Pliskova, puis une revanche qui promet face à Naomi Osaka en demi-finale. En bref, voilà ce qui attend la reine du tennis féminin en cette quinzaine. Si elle décroche son 24e majeur, elle deviendrait la joueuse la lus âgée à s'impose en Grand Chelem, battant son propre record, mais pourrait également figurer parmi les rares joueurs à s'être imposées en Grand Chelem après une grossesse, comme Kim Clijsters avant elle. Surtout, elle mettrait enfin un terme à l'obsession du record de Margaret Court et ses 24 victoires, qui semblait jusqu’alors intouchables.