Serena Williams, lors de la finale de l'Open d'Australie face à Angelique Kerber.
Serena Williams, lors de la finale de l'Open d'Australie face à Angelique Kerber. | AFP

Serena Williams était trop obnubilée par son record pour contrarier une exceptionnelle Kerber

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Samedi, Serena Williams a une nouvelle fois manqué l'occasion d'égaler les 22 titres de Steffi Graf en Grand Chelem. Cette chasse au record a probablement plombé l'Américaine en finale de l'Open d'Australie. Sur la Rod Lover Arena, la numéro un mondiale s'est montrée fébrile. Et face à une Angelique Kerber de haut vol, elle l'a payé cash.

Steffi Graf peut souffler. Son record de 22 titres en Grand Chelem tient toujours. Samedi, Serena Williams n’est pas parvenue à l’égaler. Elle a trébuché sur la dernière manche, en finale de l’Open d’Australie, face à une autre Allemande. Angelique Kerber n’a évidemment pas volé son sacre à Melbourne. Au contraire, même. La désormais numéro deux mondiale a réalisé un match XXL.

Mais ce premier titre majeur, Kerber le doit aussi à son adversaire. Serena Williams n’a pas réalisé une grande finale. Le poids de l’événement, sans doute. La protégée de Patrick Mouratoglou avait déjà raté le coche l’été dernier, en quittant l’US Open dès les demies. Cette fois, en finale de l’Open d’Australie,  elle était "un peu moins bien, un peu moins vive et un peu percutante que d’habitude", a admis, à chaud, le coach français au micro d’Eurosport.

46 fautes directes

Stats à l’appui, l’Américaine a surtout fait preuve d’une étonnante fébrilité : elle a commis 46 fautes directes. Kerber ? Seulement 13. L’Allemande, elle, "n’a pas déjoué", pour reprendre les mots de Mouratoglou. Elle s’est montrée également plus solide au service. Elle n’a fait que 3 doubles fautes, contre 6 pour Serena.

Ces chiffres confirment l’impression visuelle : Williams n’a pas su imposer sa puissance. Saut, peut-être, en fin de troisième set, lorsque son sursaut d’orgueil lui a offert un répit alors qu’elle était menée 5-2. Serena a donc fini par rendre les armes. Sans pour autant oublier son fair-play en prenant le micro pour s’adresser à Kerber : "Je suis très contente pour toi. Tu es la meilleure joueuse de ce tournoi. J’espère vraiment que tu savoures ce moment…"

"J'aimerais vraiment être un robot"

Dans un large sourire, pendant que l’Allemande soulevait son premier titre majeur, la numéro un mondiale a ensuite applaudi. Mais quelques minutes plus tard, en conférence de presse, elle s'est rendue à l'évidence : "J'aimerais vraiment être un robot, mais je ne le suis pas. J'essaie... J'essaie vraiment de gagner à chaque fois, de gagner chaque point, même, mais il faut être réaliste, je ne peux pas. Est-ce que je me donnerai un A aujourd'hui? Non, mais c'est tout ce que je pouvais offrir."

Un fatalisme qui ne freine pas son ambition, son obession : le record de Graf. Elle repartira en chasse dès le mois de mai, sur la terre battue de Roland-Garros.