La joueuse américaine Serena Williams
La joueuse américaine Serena Williams. | AFP - SAEED KHAN

Serena retrouve la lumière en éclipsant Venus

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Serena Williams a réalisé un fabuleux coup double en battant sa soeur Venus en finale de l'Open d'Australie (6-4, 6-4) : elle a dépassé Steffi Graf au nombre de victoires en Grand Chelem (23) en même temps qu'elle a retrouvé sa place de numéro 1 mondiale. L'Américaine est immortelle.

Serena, encore une fois, n'a pas respecté le droit d'aînesse. Face à sa soeur revenue de nulle part ou presque, la cadette des Williams n'a pas fait de sentiments. Il faut dire qu'elle aussi courait après son lustre d'antan après avoir si souvent, ces derniers temps, flirté avec les titres sans pouvoir les toucher. Dans une finale fratricide inédite à ce niveau depuis 2009, les deux soeurs ont livré un combat d'une férocité extrême. Alors que leurs confrontations, par le passé, viraient souvent au décousu, cette finale aura brillé par son intensité et sa qualité, mais le dernier mot, pour la 17e fois en 26 matchs, est revenu à la plus jeune des Américaines.

Grâce à ce succès, Serena dépasse définitivement l'Allemande Steffi Graf au palmarès et n'est plus qu'à une unité du record absolu de succès en Grand Chelem détenu par Magaret Court  (24). Et comme un bonheur n'arrive jamais seul, elle retrouvera également à l'issue de cet Open d'Australie son trône de numéro 1 mondiale. La Californienne semblait avoir trouvé une adversaire à sa mesure l'an passé avec Angelique Kerber, qui l'avait battue en finale à Melbourne avant de lui prendre la première place mondiale en gagnant l'US Open (ou Serena avait perdu en demi-finale).

Mais l'Allemande a eu un gros passage à vide en Australie. Éliminée dès les huitièmes de finale, elle laisse le trône à Serena, la N.1 mondiale la plus âgée de l'histoire. Les autres outsiders, l'Espagnole Garbiñe Muguruza, la Tchèque Karolina Pliskova, la Polonaise Agnieszka Radwanska ou la Roumaine Simona Halep ont disparu avant les demi-finales, parfois bien avant. Au vu de sa démonstration de Williams à Melbourne, où elle n'aura pas perdu un set, ce retour au sommet plus que mérité.

Et toujours une âme d'enfant

Face à Venus, qui aura joué sa chance à fond, Serena s'est imposée en deux sets étrangement similaires : Par deux fois, la plus jeune aura réalisé le break décisif à 3-3 pour remporter les deux manches sur un score (6-4) et une durée (41 minutes) identiques. Cette victoire, la protégée de Patrick Mouratoglou l'a acquise grâce à son jeu un peu plus complet que celui de sa soeur mais aussi en la supplantant dans le domaine où Venus était supposée avoir encore l'avantage : le service.

Avec 9 aces contre 4 pour Venus, Serena a fait parler la foudre de son épaule. Et si l'aînée des deux "sisters" a bien réussi quelques coups droits en bout de course incroyables, la puissance de la désormais septuple vainqueur de l'Open d'Australie a fini par prévaloir. Sans que Venus ne lui en tienne rigueur. L'accolade entre les deux joueuses, après une dernière défense de Venus qui échouait dans le couloir, était aussi sincère qu'émouvante. A 36 et 35 ans, les Williams ont toujours une âme d'enfant. 

Serena Williams entre un peu plus dans la légende avec ce 23e titre du Grand Chelem
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Julien Lamotte

Open d'Australie