Quarantaine drastique, impact sur les joueurs et crainte de la Covid : le casse-tête de l'Open d'Australie

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Auteur·e : Alexandra Lopez
Novak Djokovic
Le numéro 1 mondial, Novak Djokovic à son arrivée en Australie, à Adelaide, le 14 janvier 2021. | Brenton EDWARDS / AFP

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Alors que les participants au premier Grand Chelem de la saison sont en route vers le continent australien, avant le début de la compétition le 8 février prochain, les organisateurs de l’Open d’Australie doivent relever un vrai défi pour éviter la propagation du coronavirus à Melbourne. Qualifications délocalisées, mesures drastiques, impact sur les joueurs, et crainte du virus, voici le point sur les différents bouleversements engendrés par la crise sanitaire.

• Des qualifications à plus de 10 000 km de Melbourne

Le premier bouleversement de cette édition de l’Open d’Australie en pleine crise sanitaire concerne les qualifications. Traditionnellement organisées dans l’enceinte du Melbourne Park, une semaine avant le début du tournoi, elles ont pris place trois semaines plus tôt, à Doha (messieurs) et Dubaï (dames), soit à plus de 10 000 kilomètres de leur lieu habituel. Une situation inédite qui fera arriver les 32 qualifiés des tableaux féminin et masculin à Melbourne dans des charters spécialement affrétés par la Fédération australienne. Une fois sur place, les joueurs issus des qualifications tout comme ceux déjà qualifiés devront observer une quatorzaine très stricte.

• Une quarantaine sous surveillance

Pour pouvoir accueillir l’ensemble des participants au premier Grand Chelem de la saison (joueurs, entraîneurs, staff, arbitres…), l’organisation australienne a mis en place deux bulles sanitaires. L’une à Melbourne, l’autre à Adelaide. Cette deuxième bulle accueillera notamment les principales stars du tennis mondial, de Rafael Nadal à Novak Djokovic, mais aussi Serena Williams ou encore Naomi Osaka.

Tous disputeront des matches exhibitions le 29 janvier, à Adelaide. Un changement de programme qui a fait grincer quelques dents. "C'est bizarre pour un sport où on est censé être tous sur le même pied d'égalité", a lâché Jérémy Chardy dans L'Équipe. Une fois arrivés dans la bulle, tous les participants devront observer une quarantaine de quatorze jours sous un règlement exigeant. Les joueurs seront soumis quotidiennement à des tests de dépistages et seront obligés de rester dans leur chambre d’hôtel 19 heures par jour.

  • Des conditions d'entraînement très strictes

Les seules sorties autorisées le seront pour l’entraînement ou la restauration et ne devront pas dépasser cinq heures quotidiennes. Les conditions pour s'entraîner sont aussi très strictes. Chaque joueur a dû déclarer un seul et même partenaire avec qui il pourra échanger des balles sur les courts d'entraînement. Les conditions de vie seront donc drastiques pour les joueurs mais également pour leurs proches. Ces derniers ne seront pas autorisés à quitter leur hôtel.

Et gare aux récalcitrants. Des systèmes d’alarme ont été installés sur les sorties de secours. Ceux qui tenteraient de violer les règles de quarantaine risqueront une amende de 20 000 dollars australiens (environ 13 000 euros) ainsi qu’une disqualification immédiate du tournoi. De quoi faire passer l'envie de désobéir...

Pour mettre en place une telle logistique, l'Open d'Australie a dû dépenser "plus de 40 millions de dollars australiens" (25,5 millions d'euros), comme l'a confirmé le patron du tournoi Craig Tiley au quotidien The Age. "C'est vraiment difficile de prédire exactement où cela va s'arrêter. Notre budget initial était plutôt entre 25 et 30 millions de dollars [australiens]. Mais d'après mon expérience, ces coûts ne diminuent pas. Ils ne font qu'augmenter", a ajouté Craig Tiley.

• Des conditions contraignantes impactant les joueurs

À l’annonce de ce protocole sanitaire exigeant, certains participants ont préféré ne pas se rendre sur le sol australien pour des raisons familiales. Un choix compréhensible qu’a effectué John Isner. "C'était vraiment juste une situation où je ne voulais pas être loin de ma famille pendant si longtemps. Alors, j'ai décidé de rester à la maison" a-t-il expliqué après sa défaite face à Sebastian Korda en quarts de finale du tournoi de Delray Beach. L’entraîneur de Rafael Nadal, Carlos Moya a fait le même choix.

Il ne sera pas présent aux côtés de son protégé qui tentera de remporter un deuxième trophée à Melbourne. "Après avoir discuté avec Rafa, nous avons décidé que je ne me rendrai pas à Melbourne avec l'équipe, cette année je devrai le voir de chez moi car il est temps d'être avec ma famille, mes parents et mes enfants face à la situation délicate que vit l'Espagne avec la Covid."

• Une crainte permanente du virus

Alors qu’environ 1 270 personnes sont attendues dans les bulles sanitaires, la crainte du virus ne faiblit pas. L’embarquement d’un joueur testé positif lundi, l’Américain Tennys Sangdren, a été très critiqué sur les réseaux sociaux. Les organisateurs se sont justifiés en expliquant qu’il s’agissait d’un cas de guérison, et désormais non-contagieux. "Dans le cas de Tennys Sandgren, qui a révélé qu'il avait été testé positif fin novembre, son dossier médical a dû être examiné par les autorités sanitaires de l'État de Victoria. C'est à l'issue de cet examen qu'il a été autorisé à voler", ont voulu rassurer les organisateurs dans un communiqué posté sur Twitter.

D’autres cas positifs n’ont quant à eux pas pu se rendre sur le sol australien. Il s’agit par exemple de Nicolas Massu, l’entraîneur du numéro 3 mondial Dominic Thiem, ainsi que du Britannique Andy Murray.

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Alors que le tournoi n’a pas encore débuté, le coronavirus pèse déjà lourdement sur le pays-continent. Le directeur du tournoi Craig Tiley a assuré dans une interview à Tennis Channel"Nous faisons tout pour organiser un Open d'Australie dans des conditions aussi proches que possible de 2020. D’un point de vue logistique, si on s’en sort, ce sera un petit miracle."