Kenny De Schepper
Kenny De Schepper | AFP

Quand la chaleur s'en mêle

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La canicule qui sévit à Melbourne a poussé les organisateurs de l'Open d'Australie à interrompre les rencontres. Ce n'est pourtant pas un fait exceptionnel, et le tennis est loin d'être le seul sport concerné.

Heureusement la pluie est arrivée à Melbourne, ce qui devrait refroidir un peu l'atmosphère à Melbourne. Avec un pic atteignant 43,4°C (à 15h45), les joueurs de tennis n'ont pu poursuivre leurs rencontres. Il faut dire que dès 9h00 du matin, le mercure affichait déjà les 35 degrés ! Ce n'est qu'un peu plus tard dans l'après-midi que la Rod Laver Arena et la Hisense Arena ont finalement mis en place leur toiture rétractable. "J’avais préparé des bouteilles de glace, mais quand j’en ai posé une sur le sol, elle a commencé à fondre", a ainsi expliqué Caroline Wozniacki au sujet de l'étouffante chaleur.

Comme la Danoise et bien d'autres joueurs, Alizé Cornet a fait part de son mécontentement quant à la gestion de la chaleur par les organisateurs. "Mardi, je me demande pourquoi ils n'ont pas arrêté les matches, parce que c'était un four. Le vent était brûlant, d'ailleurs il y a eu des malaises", a expliqué la Française, qualifiée pour le troisième tour. Prenant au mot Jo-Wilfried Tsonga, un photographe a même pu faire cuire deux œufs dans une poêle posée sur une chaise du Melbourne Park.

"Tiens Snoopy, c'est bizarre"

Et des malaises, il y en a bien eu quelques-uns, comme celui d'un ramasseur de balles ,ou celui aussi drôle qu'inquiétant de Franck Dancevic. "J’avais des vertiges depuis le milieu du premier set, a indiqué le Canadien. À un moment, j’ai vu Snoopy et je me suis dit: 'Wow Snoopy, ça fait bizarre!', a raconté Dancevic en évoquant le personnage de dessin animé... "Jouer dans cette chaleur c’est inhumain. Malheureusement, jusqu’à ce que quelqu’un meure, ils vont continuer à nous envoyer jouer dans cette fournaise", a-t-il ajouté. "Il m’a fait peur, j’ai été le voir et il ne répondait à aucune question", a même précisé le Français Benoît Paire, qui a fini par l'emporter.

Extreme Heat Policy

L'Open d'Australie a toujours connu des conditions climatiques extrêmes. La finale de 1993 opposant Jim Courier à Stefan Edberg avait même failli interrompue, mais l'Américain sentant que son adversaire peinait sous la chaleur, avait menacé de se retirer dans le cas où le toit aurait été tiré. Un plan d'interruption des matches en cas de forte chaleur, baptisé "Extreme Heat Policy" (politique de forte chaleur) avait par la suite été mis en place en 1998.

Le drame Tom Simpson

Le tennis est loin d'être le seul sport concerné par les fortes chaleurs. Les cyclistes sont souvent aux premières loges en période de fortes chaleurs, et les images de coureurs maillot grand ouvert et cherchant désespérément une gourde d'eau sont plutôt fréquentes, notamment lors du Tour de France. L'ascension du Mont-Ventoux par 40 degrés n'est pas donnée à tout le monde. Même si la chaleur n'était pas la seule cause de sa mort, le malheureux Tom Simpson aurait sûrement survécu à l'ascension du Mont Chauve sans cette canicule, ce triste jour de 13 juillet 1967.

Senna et Piquet en ont souffert 

Ayrton Senna
Ayrton Senna

 En Formule 1,  Nelson Piquet avait lutté pour boucler les derniers tours du GP de Las Vegas. Luttant contre la chaleur, et sachant qu'il devait en terminer avec cette course pour empocher son premier titre de champion du monde en 1981, le pilote brésilien avait même vomi dans son casque, avant de s'évanouir à l'arrivée. D'autres légendes de la F1, tels que Nigel Mansell ou même le grand Ayrton Senna en ont été victimes. Totalement épuisé et déshydraté, le mythique pilote brésilien avait tout donné pour remporter le Grand Prix du Brésil devant son public en 1991. Exténué, il n'avait même plus la force de soulever le trophée sur le podium à Interlagos.

La folie d'un Mondial qatari en plein été

Lorsque la Fifa a attribué la Coupe du monde 2022 au Qatar, il était bien question de faire jouer les footballeurs par des températures avoisinant les 50 degrés. Finalement, le bon sens a l'air de faire son chemin, et si la plus haute instance du football mondial n'a pas encore fait d'annonce officielle, cette coupe du monde se jouerait probablement en dehors de la période estivale. S'il existe bien comme en rugby des "pauses hydratation" pendant les matches de football, on voit mal les footballeurs aligner la moindre passe sous 50 degrés. Mais parfois, la logique sportive ou pas, n'a que peu d'incidence sur la logique économique.

Romain Bonte

Open d'Australie