Rafael Nadal et Stanislas Wawrinka
Rafael Nadal et Stanislas Wawrinka | SAEED KHAN PAUL CROCK / AFP

Open d'Australie: Wawrinka défie Nadal

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Les augures ne sont pas favorables à Stanislas Wawrinka, qui devra jouer le match d'une vie pour avoir une quelconque chance de décrocher son premier titre en Grand Chelem face à l'implacable Rafael Nadal, ce dimanche (9h30) en finale de l'Open d'Australie. Il faut espérer que le Suisse ne soit pas attaché aux chiffres et ne regarde pas de trop près les statistiques avant d'entrer sur la Rod Laver Arena, pour la première finale en Grand Chelem de sa carrière.

Car ils ont de quoi assombrir le plus insouciant des caractères. Quand  Wawrinka fera ses premiers pas dans un tel contexte, Nadal disputera sa 19e  finale dans un Majeur, sa troisième à Melbourne, où il s'est imposé en 2009. Dans cet exercice, le N.1 mondial excelle. Il a gagné 13 de ses 18 finales.  Seuls deux joueurs l'ont battu dans ce cadre là : Novak Djokovic (Wimbledon et  US Open 2011, Open d'Australie 2012), et Roger Federer (Wimbledon 2006 et 2007).

Un Federer dont le record du nombre de titres en Grand Chelem (17) se  retrouvera à moyen terme sous la menace de l'Espagnol, si celui-ci l'emporte ce dimanche. Mais les tourments de Wawrinka ne s'arrêtent pas là. Depuis 2005 et la  victoire du Russe Marat Safin à Melbourne, 34 des 35 tournois du Grand Chelem  disputés ont été gagnés par Nadal, Djokovic, Federer ou le dernier larron Andy  Murray.

Son jeu est difficile pour moi

Seul l'Argentin Juan Martin Del Potro a réussi à intercaler son nom dans  les palmarès, à l'US Open 2009. Enfin, comme si tout cela ne suffisait pas, Wawrinka est historiquement le  joueur que Nadal se plaît le plus à persécuter. Le Majorquin l'a battu 12 fois  sur 12, sans jamais perdre un set. Aucun autre joueur n'a eu de pires résultats  contre Nadal. Autant dès lors plier bagages sans attendre et rentrer à la maison. Mais il  n'en est évidemment pas question quand on a attendu si longtemps pour toucher  du doigt son rêve. Et quand on s'appelle Stanislas Wawrinka.

Car le bonhomme, qui a construit toute sa carrière sur son aptitude au  travail, sa persévérance, n'est pas de ceux qui s'avouent vaincus avant même  d'entrer sur le court. "Je ne regarde pas mes stats. Je me fiche de savoir combien de fois j'ai  perdu contre lui, assure-t-il. C'est juste que son jeu est difficile pour moi  et mon revers à une main." "Avec Djokovic c'était pareil. J'avais perdu 13 ou 14 fois contre lui avant  ça, observe-t-il. Juste le fait que je tente toujours et que je pense toujours  que je peux changer les statistiques c'est positif."

J'ai plus confiance en moi

Le Suisse, qui sera lundi au pire N.5 mondial (N.3 en cas de victoire),  soit le meilleur classement de sa carrière -devançant ainsi pour la première  fois Federer-, est persuadé d'avoir sa chance. Depuis l'arrivée à ses côtés en avril de l'entraîneur suédois Magnus  Norman, Wawrinka n'est plus tout à fait le même homme. Il a atteint sa première  demi-finale en Grand Chelem à l'US Open, et s'est qualifié pour la première  fois pour le Masters (demi-finale), où il a bien tenu tête à Nadal. 

Cette semaine, il a successivement écarté en quart Djokovic, le N.2 mondial  et triple tenant du titre, et en demi-finale Tomas Berdych (N.7). "J'ai plus confiance en moi, constate-t-il. Je sais en entrant sur le court  que je peux battre à peu près n'importe qui, même dans une grande occasion  comme une demi-finale d'un tournoi du Grand Chelem maintenant." "J'ai joué tellement de fois contre lui, perdu tellement de fois, mais je  vais encore essayer, promet-il. Je sais ce que je dois faire: être agressif,  servir très bien, et toujours le mettre sous pression." Reste à voir si le poids de l'événement ne sera pas trop lourd pour lui. Et  surtout si Nadal lui laissera la moindre chance de s'installer dans le match et  de prendre confiance.

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