Gaël Monfils
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Open d’Australie : Monfils-Raonic, duel d’outsiders

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Gaël Monfils va tenter la nuit prochaine à Melbourne de se qualifier en demi-finales d’un tournoi du Grand Chelem pour la première fois depuis huit ans. Le Français (N.23) affronte Milos Raonic (N.13), tombeur de Stan Wawrinka (N.4) en huitièmes de finale. Il ne partira pas favori face au bombardier canadien mais il possède la puissance de frappe pour rivaliser s’il arrive à emmener son adversaire dans sa filière. Le spectacle devrait être au rendez-vous.

Des quatre quarts de finale de l’Open d’Australie, un seul sort de l’ordinaire. La logique a été respectée pour Djokovic (N.1) – Nishikori (N.7), Federer (N.3) – Berdych (N.6) et Murray (N.2) – Ferrer (N.8). Pas pour Wawrinka (N.4) – Nadal (N.5) qui sera donc remplacé par un non moins alléchant Monfils-Raonic, deux outsiders aux dents longues.

Raonic en net progrès

Seul membre de ce top 8 australien né après les années 80, le grand escogriffe d’origine monténégrine (1,96 m pour 98 kg) pourrait devenir le premier joueur des années 90 à disputer une finale de Majeur pour peu qu’il passe encore deux tours. Sur ce qu’il a montré contre Stan Wawrinka, qui n’avait plus perdu avant les quarts de finale en Grand Chelem sur dur depuis trois ans, Milos Raonic (25 ans) peut le faire. Le lauréat du tournoi de Brisbane (face à un Federer il est vrai diminué) a clairement progressé sous la houlette de Ricardo Piatti depuis deux ans (demi-finale à Wimbledon en 2014, quarts à Roland-Garros en 2014 et à Melbourne ces deux dernières saisons).

Le bûcheron qui ne savait que servir fort s’est transformé en talent offensif certain, se servant de son engagement pour davantage jouer vers l’avant. Bien meilleur au filet (83 montées pour 65% de réussite en huitièmes de finale), incisif et percutant, Raonic cherche toujours à diriger les échanges sans forcément les écourter. Ultra puissant en coup droit, plus solide en revers, le natif de Titograd a agrandi sa panoplie tout en gardant son arme fatale, ce premier service destructeur qui lui rapporte un paquet de points gratuits.

Monfils invaincu contre Raonic

C’est cet engagement qui a douché Wawrinka quand le Suisse a recollé à deux manches partout. Fan de Pete Sampras dans ses jeunes années, Raonic n’est peut-être pas aussi fluide que l’ancien numéro 1 mondial mais sa gestuelle au service est d’une efficacité redoutable. Quand ça tombe, ça fait très mal ! 

Gaël Monfils a cependant quelques arguments à faire valoir pour rallier le dernier carré, huit ans après sa seule demie en Grand Chelem (perdue à Roland-Garros contre Roger Federer). Déjà, le Parisien a dominé Raonic dans leurs deux seules confrontations (à Stockholm en 2011 et à Halle en 2013 donc à chaque fois sur surface rapide). Ensuite, La Monf’ semble s’être assagi à l’approche de la trentaine. Décidé à moins communiquer avec les médias, focalisé sur les grands évènements (Majeurs, JO, Coupe Davis), Monfils veut laisser parler sa raquette.

Son parcours à Melbourne a été très discret. Il faut dire que le pedigree de ses quatre premiers adversaires n’était pas très significatif. Le classement moyen du quatuor Sugita, Mahut, Robert, Kuznetsov, n’atteint pas le 120e rang mondial (121e). Néanmoins Monfils n’a pas musardé en route, concédant un seul set depuis le début de la quinzaine, contre le Russe après un relâchement coupable dans le deuxième acte (7-5, 3-6, 6-3, 7-6(4)).

Il ne pourra pas se permettre ce genre d’oubli face au colosse nord-américain, rival de l’équipe de France au premier tour de la Coupe Davis 2016 (en Guadeloupe en mars). Car Milos Raonic a trouvé la constance qui lui manquait depuis ses débuts professionnels. Son succès de lundi était son tout premier face à un top 8 en Grand Chelem (0-6 avant de battre Wawrinka, lauréat de l’Open d’Australie 2014).

Les quarts ne réussissent pas à Monfils

Contrairement à ses sept premiers quarts de finale en Majeurs, Monfils n’aura pas un top 10 face à lui. Mais le niveau de jeu affiché par Raonic est digne des meilleurs en ce moment, et le Francilien devra gommer toutes les aspérités de son tennis afin de rivaliser avec l’ancien  numéro 4 mondial (en mai 2015, avant les blessures -au pied droit et au dos- qui ont gâché sa fin d’année).

Désormais conseillé par Carlos Moya, le Canadien disputera son quatrième quart de finale en Grand Chelem. Il en a gagné un. Gaël Monfils, qui n’avait jamais atteint ce stade en Australie, a lui échoué plus que de raison pour une place en demi-finales (1/6). Redescendu à la 25e place ATP, le protégé de Mikaël Tillström se retrouve en face d’un beau challenge. Prouver qu’il peut de nouveau performer dans les grandes occasions, ce qu’il n’a plus fait depuis son quart de finale perdu à l’US Open 2014 contre Federer quelques jours après ses succès devant Gasquet et Dimitrov.  La Rod Laver Arena espère un show à la hauteur de l’affiche.